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 Chauffage et eau chaude : l'utilisation
++ La bonne température au bon endroit

 
Une production de chaleur bien gérée

 
Pour qu’une installation de chauffage donne satisfaction, il faut non seulement qu’elle produise de la chaleur, mais encore qu’elle produise l’eau de chauffage à la bonne température - c’est le rôle de la régulation - et au moment propice - c’est le rôle de la programmation.

Une installation collective bien régulée et bien programmée est un gage de confort pour les résidents et une source d’économies d’énergie.
 

 
La « mise en cascade »
Dans le cas d’une chaufferie à plusieurs chaudières, un système de mise en cascade permet de faire fonctionner le nombre nécessaire et suffisant de chaudières pour optimiser le fonctionnement de la chaufferie.
 

 
  La régulation centrale

Elle consiste à ajuster la température de l’eau du circuit
de chauffage en fonction de la température extérieure : plus il fait froid, plus l’eau distribuée est chaude.

Le régulateur est relié à deux sondes de mesure de température :

•l’une, extérieure, mesure la température du dehors ;
•l’autre, en chaufferie, mesure la température de l’eau envoyée dans le réseau de chauffage.
L’appareil est réglé par un professionnel : à une température
extérieure donnée doit correspondre une température
de l’eau de chauffage au départ du réseau. Il commande la vanne à trois voies qui assure ce réglage : elle mélange l’eau chaude qui sort de la chaudière à l’eau refroidie qui revient des appartements.

Dans certains immeubles, la régulation peut être affinée. Le bâtiment est divisé en secteurs homogènes ayant des besoins en chauffage différents : façades ensoleillées
ou très exposées au vent, locaux associatifs ou commerciaux utilisés seulement à certaines périodes, etc. Chaque secteur peut bénéficier d’une régulation adaptée, par zones ou par façades.

La programmation

La température est abaissée de 2 à 3 ° C pendant la nuit grâce à une horloge de programmation intégrée au régulateur : le fonctionnement en ralenti de nuit permet de faire des économies d’énergie, sans inconfort pour les résidents.
 

 
Petite précision réglementaire
Dans les immeubles neufs, depuis 1974, la présence d’une régulation collective en fonction de la température extérieure est obligatoire. Depuis 1988, ce régulateur doit intégrer un programmateur gérant l’intermittence du chauffage.
 


 
Une distribution de chaleur bien équilibrée

 
Un chauffage collectif ne peut donner satisfaction que si la chaleur est répartie équitablement entre tous. Mais les besoins en chauffage des appartements varient en fonction de leur taille, de leur exposition, de leur situation dans le bâtiment, de leur occupation, etc.

Équilibrer ou rééquilibrer l’installation, c’est permettre
à chaque radiateur de chauffer correctement, en délivrant le débit d’eau chaude adapté.
distribution-de-chaleur
• La vanne de pied de colonne (1) et les tés de réglage des radiateurs (2) sont des organes d’équilibrage de l’installation de chauffage. Seul un professionnel peut les manipuler à bon escient.

• Les robinets thermostatiques ou manuels (3) servent à régler la chaleur délivrée par les radiateurs dans chaque pièce.


 
 
  Le déséquilibre thermique

Il y a déséquilibre thermique si l’on constate des différences
de température
importantes et systématiques entre les pièces d’un même appartement ou les appartements
d’un même immeuble.

 Si l’on tente de chauffer suffisamment tous les appartements,
certains vont être surchauffés et leurs occupants ouvriront les fenêtres : il y aura gaspillage d’énergie et inconfort.

 Ce déséquilibre peut provenir :

•d’un défaut d’isolation thermique ou d’une mauvaise
étanchéité à l’air
de l’immeuble ;

•d’émetteurs de chaleur mal dimensionnés ;

•d’un déséquilibre hydraulique (voir ci-dessous).

 Pour y remédier, il faut revoir l’isolation, l’étanchéité ou la dimension des émetteurs, mais surtout procéder à un rééquilibrage hydraulique.

 Le déséquilibre hydraulique

 Il provient le plus souvent :

•des dépôts de tartre et des matières en suspension
(surtout oxydes de fer) qui encombrent petit à petit les canalisations et y modifient le débit d’eau chaude. C’est l’embouage ;

•de l’absence d’organes d’équilibrage dans l’installation
ou de leur mauvais réglage.

 Pour rétablir l’équilibre hydraulique :

•il faut d’abord nettoyer les tuyauteries et l’ensemble de l’installation : c’est le désembouage, qui comprend rinçage
et détartrage chimique ;

•en plus, il est souvent nécessaire de régler les organes d’équilibrage ou d’en poser. Ces interventions ne peuvent être recommandées et réalisées que par des professionnels qualifiés.
 

 
Vous constatez, dans votre immeuble, que le chauffage n’est pas réparti de façon homogène : c’est peut-être dû à un défaut d’équilibrage. Mais l’équilibrage d’une installation est une opération complexe et les causes du déséquilibre sont multiples. Au préalable, demandez au gestionnaire de votre immeuble de faire faire une étude spécifique de l’installation pour déterminer les interventions nécessaires.
 

 

  Une installation « bien tempérée »

En résumé, quelles sont les conditions pour que l’installation
de chauffage dispense à tous une température bien répartie dans l’espace et le temps ?

•une bonne régulation centrale ;

•une distribution hydraulique bien équilibrée, car la régulation d’une installation déséquilibrée fonctionne mal ;

•des robinets thermostatiques sur les radiateurs ;

•et n’oublions pas la façon dont chacun utilise son chauffage…
 


 
Et l’eau chaude sanitaire ?

 
  Ni trop chaude, ni trop froide…

La température de l’eau chaude sanitaire doit satisfaire à deux exigences :
ne pas être trop chaude pour éviter les risques de brûlures ;
 

 
À plus de 60 °C, des dépôts de tartre se forment, qui obstruent peu à peu les canalisations, et la rouille corrode plus rapidement les tuyaux métalliques. Un adoucisseur peut améliorer la situation en réduisant la teneur de l’eau en calcaire.
 

 
être assez chaude pour éviter les proliférations de micro-organismes (comme les légionelles).
 

 
La légionellose, qu’est ce que c’est ?
Cette maladie est provoquée par une famille de bactéries, les légionelles, qui prolifèrent dans l’eau entre 25 et 45 °C. Elles sont rapidement détruites dans de l’eau à 60 °C.
Elles peuvent se développer dans les ballons et les canalisations d’eau chaude (mais aussi dans les vapeurs rejetées par les tours « aéroréfrigérantes » de certains systèmes de climatisation d’immeuble, et dans de nombreux milieux naturels, lacs, étangs ou rivières).
La transmission se fait surtout par inhalation d’eau contaminée diffusée en aérosol. La maladie se traduit par des infections pulmonaires aiguës. En France, 1 000 cas environ sont déclarés par an. La maladie est mortelle dans 10 à 15 % des cas.

Si vous n’avez pas tiré d’eau chaude d’un robinet depuis un certain temps (retour de vacances), laissez-la couler quelques minutes avant de l’utiliser et ne prenez pas de douche immédiatement.
 

 
Éviter les gaspillages

  Éviter les gaspillages

Votre appartement est situé loin de la chaufferie, et vous devez laisser couler l’eau avant qu’elle ne soit à bonne température. Il est possible de remédier à ce gaspillage d’eau et d’énergie et de satisfaire au confort :

•deux dispositif permettent à l’eau de rester chaude dans l’ensemble du réseau : le bouclage (l’eau circule en permanence dans un circuit en boucle et elle y est toujours chaude) et le traçage (un cordon électrique chauffant entoure les tuyaux et maintient la température de l’eau) ;

•les canalisations d’eau chaude (sanitaire, mais aussi de chauffage !) doivent être calorifugées dans les zones non ou peu chauffées, pour éviter un refroississement trop important de l’eau lors de son transport. Attention ! Il ne faut pas calorifuger les canalisations d’eau froide dans la même gaine : des légionelles risqueraient de se développer dans les deux réseaux.