l'eau chaude solaire collective

++ Quelques règles à respecter
Pour disposer d'une installation solaire bien adaptée et bien conçue, il faut prendre en compte le potentiel existant et bien analyser les besoins

Tenir compte de la localisation géographique

 


La production d'eau chaude solaire est possible sous tous les climats européens. Mais elle est plus ou moins efficace selon l'ensoleillement local. Dans le Midi, on reçoit 30 % à 40 % de rayonnement solaire en plus que dans le nord de la France. Pour autant, la productivité des capteurs est sensiblement équivalente comme le montre la carte ci-contre.
 

Analyser les besoins en eau chaude du bâtiment à équiper

  La solarisation d'une installation de production d'eau chaude sanitaire est judicieuse si les besoins identifiés sont quasi constants tout au long de l'année. Une estimation quantitative fiable permet de dimensionner convenablement le système de production d'eau chaude. C'est un volet important de sa conception. En effet, un bon dimensionnement doit conduire à produire un maximum d'énergie d'origine solaire à un coût compétitif. Un surdimensionnement entraîne une augmentation de la production solaire, mais également une augmentation du coût du kWh produit et une baisse de la productivité de l'installation (production par m2 et par an).

Une estimation initiale soignée des besoins est nécessaire. Dans le cas d'une réhabilitation, l'estimation peut s'appuyer sur des campagnes de mesure dans l'existant.

En règle générale, les installations sont souvent dimensionnées avec des taux de couverture solaire compris entre 40 et 60 %. Il n'est en effet pas réaliste de vouloir produire 100 % des besoins en ECS en utilisant seulement l'énergie solaire.
 

Diagnostiquer l'état du bâtiment

  Un diagnostic de l'état du bâtiment évitera d'intégrer un système performant à des installations en mauvais état qui pourraient nuire au fonctionnement optimal du système de production d'eau chaude sanitaire. Ainsi, si le marché de rénovation figure parmi les cibles intéressantes pour la mise en place d'une installation solaire, il est judicieux de penser à remplacer une vieille chaudière défaillante et rénover également les circuits de distribution sur l'installation existante pour optimiser l'investissement solaire.  

Implanter au mieux les capteurs

  Pour une installation collective, la surface de capteurs nécessaire peut atteindre plusieurs centaines de mètres carrés.

 Où installer les capteurs ?
• sur une toiture en terrasse ou sur le sol. Les rangées de supports inclinés sont suffisamment écartées pour qu'elles ne se fassent pas mutuellement de l'ombre et pour faciliter l'entretien ;
• sur une toiture inclinée (ils peuvent alors être intégrés à la couverture) ou, éventuellement, sur un talus.

 Comment les positionner ?
• la meilleure orientation : plein sud, pour capter un maximum d'ensoleillement. Mais sud-est ou sud-ouest, c'est encore satisfaisant ;
• la meilleure inclinaison : pour un usage à longueur d'année, c'est celle de la latitude de l'endroit où sont installés les capteurs (entre 43° et 51° pour la France métropolitaine). Cependant une variation d'une quinzaine de degrés par rapport à cette position idéale influe peu sur leurs performances ;
• un endroit bien dégagé : l'existence de masques (arbres, bâtiments, etc.) peut laisser les capteurs partiellement ou totalement à l'ombre à certains moments (attention à l'hiver, quand le rayonnement est plus faible et le soleil bas sur l'horizon !).

Comment les intégrer ?
Architectes et bureaux d'études peuvent vous conseiller utilement pour faire le meilleur choix en fonction de vos contraintes et de votre environnement.
 

  Un exemple de réalisation à Vallauris, une estimation en Île-de-France

Un centre héliomarin à Vallauris, dans les Alpes-Maritimes :
  • 275 lits [mise en service 1994]
  • 246 mètres carrés de capteurs,
  • 3 ballons de stockage de 5 000 litres,
  • 183 000 € d'investissement,
  • 53 % des besoins en eau chaude sanitaire couverts.

Un ensemble de 100 logements, en Île-de-France :
  • consommation : 20 000 litres d'eau à 45 °C par jour
  • 250 mètres carrés de capteurs,
  • 172 000 € d'investissement, y compris GRS et maintenance
     pendant 5 ans,
  • 50 % des besoins en eau chaude sanitaire couverts.