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Les boues produites par le système dassainissement, quel que soit le type de traitement adopté pour les eaux usées, doivent trouver une voie de recyclage ou délimination qui soit écologiquement et économiquement durable.
A défaut de pouvoir recourir à une utilisation agronomique, deux possibilités délimination sont offertes au producteur de boues : la mise en décharge des boues en létat, ou lincinération suivie de la mise en décharge des cendres. Pour répondre aux exigences de ces deux solutions, les boues doivent avoir des caractéristiques spécifiques. Des variantes de lincinération apparaissent : loxydation par voie humide notamment.
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La mise en décharge (ou centre de stockage)
Les décharges qui acceptent les déchets ménagers ou assimilés (dites décharges de classe II ou, plus exactement, centre de stockage) font aujourdhui lobjet dune gestion rigoureuse, précisée dans larrêté du 9 septembre 1997.
Cet arrêté donne une liste non exhaustive des déchets admissibles, dans laquelle les boues dépuration figurent en catégorie D : déchets fortement évolutifs conduisant à la formation de lixiviats et de biogaz.
Une seule condition est imposée aux boues : contenir au moins 30 % de matière sèche.
Bientôt la fin de la mise en décharge
Les boues ne constituent pas un déchet ultime puisquelles sont valorisables. La loi du 15 juillet 1975 modifiée, ainsi que les directives européennes sur les déchets, sopposent donc, à bref délai, à leur dépôt en centre denfouissement. Léchéance prévue de juillet 2002 ne pourra être respectée dans lensemble des départements, ni dans les autres pays de la CEE. Une directive européenne du 26 avril 1999 a donc planifié la réduction progressive de la mise en décharge des déchets municipaux biodégradables (dont les boues d'épuration) jusquen 2015.
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Les décharges étant des établissements classés soumis à une autorisation préfectorale dexploitation, larrêté préfectoral peut édicter des règles plus sévères entraînant le refus des boues dépuration.
Les décharges conformes à larrêté du 9 septembre 1997 sont appelées « Centres de stockage ».
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Lincinération des boues dépuration
Deux caractéristiques des boues influencent leur faculté dincinération :
- la teneur en matière organique,
- la siccité ou teneur en matière sèche.
Ces caractéristiques déterminent la valeur du Pouvoir Calorifique Inférieur ou PCI. Selon la méthode choisie pour les incinérer, les boues peuvent nécessiter des traitements préalables afin daccroître leur siccité : séchage mécanique plus ou moins prononcé par exemple.
Lincinération produit des fumées quil faut traiter avant rejet à latmosphère, ainsi que des cendres (matières minérales où se concentrent notamment les éléments-traces ET (?), qui doivent être évacuées vers des décharges de classe 1, et éventuellement y subir un traitement dinertage (?).
Incinération des boues seules
On utilise des incinérateurs adaptés, généralement des incinérateurs à lits fluidisés.
Les investissements et les coûts de fonctionnement font que cette solution ne sadapte quà de gros gisements de boues, issus de grandes stations dépuration.
Les incinérateurs actuellement en fonctionnement se trouvent sur le site des stations dépuration, et sont alimentés directement.
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Le PCI exprime la quantité potentielle dénergie que peut produire la combustion dune matière ou dun matériau donné, compte-tenu de sa teneur en eau. Le PCS (pouvoir calorifique supérieur) nintègre pas le facteur «teneur en eau».
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Des projets sont à létude pour évaluer la faisabilité de regroupements de petits gisements sur un site centralisateur, justifiant alors linvestissement dans un incinérateur spécifique (il ny a pas, à ce jour, de réalisations en France).
Ces incinérateurs admettent des boues pâteuses, dont la siccité est denviron 20 % et qui ne sont pas auto-combustibles (PCI trop bas). Cette solution impose des traitements de déshydratation des boues lourds et coûteux pour les petites et moyennes stations.
De plus, un combustible dappoint (fuel en général) est nécessaire dans les phases de démarrage de lincinérateur.
Co-incinération avec les ordures ménagères (OM)
La co-incinération dordures ménagères et de boues, produits aux caractéristiques très différentes (PCI, teneur en eau et en matière organique), nécessite dadapter certaines caractéristiques des boues.
Selon le volume de boues à incinérer, on peut envisager deux solutions :
- le mélange préalable avec les ordures ménagères
Les boues sont déversées dans la fosse des ordures ménagères (OM), le grappin de reprise et dinjection des OM sert à assurer le mélange. Les boues doivent avoir une siccité supérieure à 10 %, de préférence de 15 à 25 %. Les petites stations dépuration doivent, dans ce cas, séquiper dinstallations de déshydratation ou recourir au service d'une unité mobile de déshydratation.
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Lintérêt des unités mobiles de déshydratation des boues est à signaler.
Elles évitent à des stations de taille modeste dinvestir dans des unités à poste fixe. Ponctuellement, elles peuvent traiter des lots de boues liquides non conformes pour faciliter leur élimination.
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Cette solution nest viable que pour de faibles quantités de boues. Le mélange avec des quantités importantes de boues pose en effet de nombreux problèmes (diminution du PCI du mélange boues/OM, imbrûlés
).
En dépit de ses inconvénients, cette configuration peut être retenue pour constituer la filière alternative obligatoire en cas de recyclage agricole.
- linjection de boues pâteuses directement dans le four dincinération
Dans ce cas, des injecteurs spéciaux introduisent des boues pâteuses (siccité 20 à 40 %) au dessus du foyer dincinération des OM en vue de profiter de lair comburant en excès et de la température (plus de 850 °C) pour brûler totalement les boues. Celles-ci ne se rajoutent donc pas à la "charge" de lincinérateur, et viennent en supplément. En conséquence, un incinérateur dOM saturé peut encore accepter un flux raisonnable de boues : entre 10 et 20 % du tonnage d'OM incinéré (la quantité précise dépendra de la siccité et de la teneur en matière organique des boues).
Cette solution évite le séchage des boues par des techniques lourdes : une centrifugation suffit. Les seuls investissements importants sont la fosse de réception et les installations de reprise et dinjection sur lusine dincinération (UIOM). Les injecteurs peuvent être installés sur la plupart des incinérateurs existants.
Ce système à injection directe ne concerne souvent que de petites quantités de boues. Il peut être mis en uvre pour incinérer les boues de plusieurs petites stations dépuration en fonction de la proximité de lUIOM, des tonnages horaires dOM à incinérer et de la teneur en MVS (?) boues.
Oxydation par voie humide
Ce procédé, apparu dès les années 60 aux USA, est développé en France par Degrémont et Granit Technologies, ainsi que par OTV (Athos).
A la façon de lincinération, il sagit également dune oxydation de la matière organique, mais réalisée en milieu liquide, avec de lair ou de loxygène pur, à haute température (220 à 320 °C) et sous pression (40 à 130 bar). On obtient un résidu minéral à éliminer en décharge (30 à 50 % de la matière sèche rentrante), un peu de gaz carbonique et un effluent qui est traitable en station dépuration.
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