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Les boues dépuration contiennent des micro-organismes vivants en provenance des eaux usées et des processus de traitement.
Seule une infime partie dentre-eux présente un danger infectieux : ils sont dits pathogènes (?).
Ces organismes appartiennent à cinq catégories différentes dêtres vivants : virus (?), bactéries (?), protozoaires (?), champignons et helminthes (vers parasites).
Parmi eux, on distingue habituellement :
ceux qui sattaquent à lhomme (anthropo-zoopathogènes) et ceux qui sattaquent aux animaux (zoopathogènes).
Ils ont été beaucoup étudiés car ils présentent un danger certain (au sens où ce terme a été défini dans ce document, cf. "En savoir plus : Notions théoriques sur l'analyse des risques") qui impose une surveillance de la qualité des boues, des précautions lors des épandages et, dans certains cas, des traitements dhygiénisation (?).
ceux qui sattaquent aux végétaux (micro-organismes phytopathogènes).
Ils nont pas fait lobjet détudes approfondies dans le cas de boues municipales, car leur présence nest pas avérée. Bien que les scientifiques aient évoqué la possibilité théorique dune contamination phytopathogène pour des boues agro-industrielles, aucun accident na encore été constaté.
Teneur des boues en micro-organismes pathogènes
Les quantités des différents micro-organismes pathogènes dans les boues varient en fonction :
- de la nature des rejets recueillis par le réseau (domestiques, industriels,
),
- de la taille de lagglomération,
- de létat sanitaire de la population raccordée,
- des traitements effectués sur les eaux et les boues.
Charge en micro-organismes pathogènes dans les boues dépuration
(daprès ADEME, 1994 ; CSHPF, 1998)
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ufs d'helminthes
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Boues primaires
Boues digérées
Boues semi-déshydratées
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103-104/kg
102-103/kg
101-103/kg
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Kystes de protozoaires
(Giardia)
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Boues primaires
Boues digérées
Boues déshydratées
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7.7 104-3 106/kg
3 104-1 103/kg
7 101-102/kg
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Entérovirus
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Boues primaires
Boues activées
Boues épaissies
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nd-103 NPPUC/10g
nd-270 NPPUC/10g
nd-72 NPPUC/10g
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Bactéries
(Salmonella)
(Coliformes fécaux)
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Boues primaires
Boues secondaires
Boues primaires
Boues secondaires
Boues digérées
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102-103/g
9 102/g
107-108/g
106/g
102-106/g
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Les procédés dépuration classiques (biologiques ou physico-chimiques) ont une efficacité limitée sur les micro-organismes pathogènes.
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nd : non détecté ;
NPPUC : nombre le plus probable dunités cytopathiques
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Ces chiffres reflètent la charge de notre environnement en micro-organismes :
- le sol contient autant de bactéries que les boues (108-109 /g)
- les excréments des animaux familiers véhiculent de nombreux micro-organismes fécaux : pour un chat 7,9 x 106 coliformes fécaux / g de fèces (?)
27 x 106 streptocoques fécaux / g de fèces
- le lisier de porc contient 2 x 105 coliformes /ml.
Des traitements permettent déliminer en grande partie ou totalement les micro-organismes pathogènes présents dans les boues.
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Type de traitement
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Conditions de traitement
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Critères dhygiénisation
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Digestion thermophile
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10 jours à 55 °C
en anaérobiose
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Salmonelle < 8 NPP/10 g MS
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Stabilisation thermophile
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10 jours à 55 °C
en aérobiose
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Compostage
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15 jours à 60 °C
ou 30 jrs à 50 °C
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Enterovirus < 3 NPPUC/10 g MS
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Chaulage fort
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20 jours à pH 12
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Pasteurisation
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3 h à 70 °C
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ufs dhelminthes pathogènes viables < 3/10 g MS
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On considère quune boue est hygiénisée lorsque les concentrations en micro-organismes pathogènes sont réduites en-dessous dun seuil défini par rapport à des micro-organismes témoins ou tests [définition : arrêté du 8 janvier 1998, articles 11 et 16]. Ces témoins ont été choisis pour leur fréquence dans les boues, leurs impacts sanitaires, lexistence de méthodes de détection et leur capacité de résistance aux traitements (ufs dhelminthes viables).
Leur disparition atteste de lefficacité des traitements hygiénisants appliqués aux boues.
Lépandage favorise lélimination des micro-organismes pathogènes
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Les boues dépuration ne constituent pas un milieu favorable à la survie des micro-organismes pathogènes.
Lépandage accélère leur destruction en les soumettant aux effets du climat (température, rayonnement solaire, humidité) et aux effets du sol (compétition avec dautres micro-organismes, conditions physico-chimiques).
Toutefois, lenfouissement des boues peut ralentir la disparition, ou linactivation (perte de viabilité), des micro-organismes pathogènes. Certains organismes, comme les vers parasites, peuvent prendre des formes de résistance (ufs) qui leur donnent une bonne capacité de survie. Cela justifie un renforcement des précautions en cas dépandage sur prairies.
Survie des agents pathogènes dans différents milieux
(daprès Berron, 1984, cité par FNDAE et ADEME, 1998)
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Mal adaptés au milieu extérieur, les micro-organismes pathogènes disparaissent très vite :
leur survie peut varier de quelques jours à quelques semaines, parfois quelques mois.
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ORGANISMES
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TEMPS ET MILIEU DE SURVIE
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Minimal
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Moyenne
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Maximal
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Bactéries
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Coliformes
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6 jours milieu à
40-60 % d'humidité
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14 jours sur herbe
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38 jours surface du sol
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Salmonelles
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5 jours sur choux et groseilles
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40 jours sur légumes ou en surface du sol
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3 mois d'hiver ou sur sol sableux
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Streptocoques
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35 jours surface du sol
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63 jours dans le sol
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Virus
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Entérovirus
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4 jours sur racines de haricots
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12 jours dans le sol
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Helminthes (vers)
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ufs d'Ascaris
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27 jours sur légumes
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2 ans sur sol irrigué
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6 ans dans le sol
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La prévention des risques sanitaires liés aux agents biologiques a conduit à des restrictions dapplication en fonction des contextes spécifiques, définies par la réglementation.
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