L’épandage sur les sols agricoles est une pratique courante qui ne concerne pas que les boues d’épuration, mais plusieurs centaines de millions de tonnes ou de mètres cubes de matières diverses.

Ces matières entretiennent la fertilité des sols quand elles sont correctement caractérisées et appliquées, ce qui diminue les besoins d’engrais commerciaux. Leur apport repose sur des bases scientifiques et techniques assez bien connues.

• Les produits épandus en agriculture

1. Les déjections animales : environ 300 millions de tonnes brutes, soit 40 millions de tonnes de matière sèche.

 



  




Les exploitations agricoles recyclent par épandage, dans la plupart des cas, les déjections animales produites par leurs propres élevages.
Une certaine partie rentre dans la fabrication de fertilisants et supports de culture vendus dans le commerce. L’agriculture recycle aussi d’autres sous-produits d’origine non agricole.


Sources : AGRESTE
Statistique agricole annuelle 1995
(données sur le
cheptel français) normes CORPEN

 


Dans les déjections animales, les effluents bovins sont largement dominants et se présentent surtout sous forme de fumiers. Le lisier concerne une partie des effluents bovins et la quasi-totalité de la production porcine. Les déjections avicoles, ou fientes, dont l’effet fertilisant est puissant, peuvent représenter localement des tonnages importants.

2. Les sous-produits et déchets (?) industriels organiques
Dans les industries agroalimentaires, la valorisation agronomique de sous-produits est évaluée à 4 millions de tonnes, non comprises les eaux usées, qui représentent elles-mêmes des cubages importants à l’échelle nationale (quelques millions de m3).

Les papeteries utilisent régulièrement l’épandage pour leurs boues : 850 000 t brutes sont ainsi épandues, soit les deux-tiers des boues papetières.

De nombreuses autres industries font appel à l’épandage de façon plus ponctuelle : boues de décarbonatation (traitement de l’eau), boues biologiques, cendres ou terres de lavage par exemple. Une partie de ces matières peuvent avoir une composition minérale dominante.

3. Les sous-produits et déchets des collectivités et des ménages
- Les boues d’épuration municipales épandues en agriculture représentent environ 5 millions de tonnes brutes, soit 500 000 tonnes de matière sèche,
- Les composts de déchets verts (tonte de pelouse, élagage des haies, taille des arbres) représentent près de 560 000 tonnes brutes en 2000. Cette production pourrait encore doubler d’ici quelques années,
- Le compost de « biodéchets » (fraction fermentescible des ordures ménagères triée à la source et collectée séparément) ne représente encore qu’un faible tonnage (environ 30 000 tonnes), mais est appelé à se développer dans les années à venir avec la montée en puissance des collectes sélectives,
- Les composts urbains traditionnels, à l’image dévalorisée notamment en raison de leur teneurs en impuretés visuelles, représentent encore quelque 500 000 tonnes de composts, même si cette production est en stagnation depuis plusieurs années.










En Haute-Normandie, en 1996, 35 opérations d'épandage concernaient plus de 1 million de tonnes de déchets industriles comparés à 150 000 tonnes de boues d'épuration municipales.

 

- Les matières de vidanges issues de l’assainissement autonome représentent environ 4 millions de m3. Une grande partie est encore épandue, mais l’admission dans des stations d’épuration aménagées pour les recevoir est encouragée.


• La répartition de l’occupation des sols (Mha = millions ha)

 

 




La surface totale de la France est de 55 millions d’hectares, soit 550 000 km2.

 


Un calcul théorique évalue le besoin national en surface d’épandage, toutes matières confondues, à 10-15 millions d’ha, dont 90 % pour les déjections animales.
L’épandage de boues d’épuration ne requiert qu’une très faible partie (1 à 2 %) de la surface agricole utile. Néanmoins, dans les régions à forte concentration d’élevage, où l’on trouve de plus, généralement, beaucoup d’entreprises agro-alimentaires, la surface régionale disponible pour les épandages peut être limitante.


Dans les zones dites
« d’excédents structurels » l’offre d’épandage est supérieure aux capacités locales en surfaces aptes à l’épandage.

 
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