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La production de boues dépuration ne pouvant être arrêtée, il faut nécessairement faire des choix sur la manière dutiliser ou de traiter ces boues.
La démarche scientifique napporte pas toutes les réponses, ni des réponses définitives, mais la technologie rend tout envisageable. Il faut donc arbitrer en fonction dune batterie dappréciations apportées par les scientifiques dun côté, les économistes et les politiques de lautre.
La diversité des intervenants et des catégories sociales concernés par la filière impose aux décisionnaires de bien prendre la mesure des forces en présence, capables dorienter le débat dans un sens favorable ou non à lépandage.
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Des acteurs aux intérêts parfois contradictoires
- le citoyen : à la fois consommateur deau, usager, riverain, contribuable
il est dans tous les cas concerné au premier chef puisquil est à lorigine des boues à travers ses activités quotidiennes et quil supporte, en payant sa facture deau, les coûts de production, de traitement et délimination de ces boues. Inquiet à juste titre des augmentations possibles du coût de leau et de lassainissement, il na pas forcément conscience de limportance de son rôle dans la prévention et la maîtrise de rejets à la source (choix de produits sans solvants organiques et éco-produits, apprentissage des gestes de récupération et de recyclage, refus de la facilité du tout à légout, etc) pour assurer ainsi la qualité des boues et favoriser leur valorisation.
- la collectivité : la municipalité est responsable de lassainissement et le maire est responsable de lhygiène publique. En tant que propriétaire des boues, la collectivité est tenue dassurer leur évacuation ou de contrôler le travail du mandataire à qui elle a délégué cette tâche. En tant que gestionnaire des fonds publics, elle a aussi le devoir de rechercher les solutions les plus intéressantes sur le plan économique.
- le producteur de boues : au sens du décret du 8 décembre 1997 (article 5), lexploitant de la station dépuration est le producteur de boues. Il lui revient dassumer les dispositions dautosurveillance des épandages prévues par la réglementation.
- lagriculteur : utilisateur de boues, il a conscience de rendre un service à la collectivité. A ce titre, il demande des garanties quant à limpact de cette pratique sur la qualité de ses productions et la rentabilité de son exploitation. En même temps, il accomplit un acte de fertilisation et un acte écologique, qui diminue ses approvisonnements traditionnels en fertilisants (donc économise lénergie et les ressources minières) et qui réincorpore dans le cycle de la matière organique une partie des éléments exportés par les récoltes.
- des intermédiaires : exploitants privés, transporteurs, bureaux détude,
sont souvent chargés par contrat de mettre en uvre les opérations dépuration et dévacuation des boues.
- des intervenants divers peuvent faire pression sur lun ou lautre des acteurs prédédents pour défendre leurs intérêts et se protéger déventuelles conséquences :
1. autour de lélu : ses administrés qui ne veulent pas voir augmenter la fiscalité locale et qui peuvent sopposer à des installations existantes ou en projet, les associations de défense de lenvironnement, etc
2. autour de lagriculteur : les distributeurs et transformateurs agro-alimentaires qui imposent des cahiers des charges pouvant exclure lusage des boues, les signes de qualité du Ministère de lagriculture ou de lINAO (agriculture biologique, AOC...), les syndicats agricoles, les propriétaires fonciers, etc.
3. autour de lensemble : les agents de lEtat chargés de mettre en uvre les politiques incitatives et les contrôles réglementaires.
Ministères, collectivités locales, organisations professionnelles et associations interviennent aussi dans les débats pour apporter leurs avis et observations.
Tous ces acteurs sont insérés dans un réseau socio-économique où se croisent :
la gestion de lassainissement (en particulier la qualité de leau),
la gestion des déchets (?),
lagriculture et les produits alimentaires,
la propriété foncière et le statut du fermage (relations bailleur-preneur),
les risques sanitaires et la santé publique,
les politiques publiques de santé, denvironnement, dagriculture,
le commerce alimentaire et les échanges internationaux.
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Les décisions économiques devant, dans ce domaine, anticiper les événements de 10 à 20 ans, il est facile de comprendre les difficultés auxquelles les décisionnaires sont confrontés dès quil sagit de choisir un investissement, accorder une garantie, définir des responsabilités...
Le cadre juridique et réglementaire, fixé au plan national, délimite les relations entre tous les acteurs de la filière dépandage des boues dépuration.
Ceux-ci se retrouvent régulièrement dans le Comité National des Boues (CNB) pour coordonner les positions de façon constructive. Mais, de plus en plus, les relations à caractère commercial passent, sur le terrain, par des engagements contractuels et des démarches volontaires comme lAssurance Qualité, le management de lenvironnement, ou la certification de service
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Le problème économique majeur posé par les alternatives à lépandage est la situation des petites et moyennes stations :
soit quelles naient pas les moyens de réaliser les investissements correspondants,
soit quelles doivent répercuter des coûts sensiblement plus élevés que ceux des grandes collectivités.
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Un bilan économique favorable à lépandage
La mise en uvre de lépandage agricole des boues dépuration génère trois types de coûts :
des coûts liés aux investissements : ils peuvent varier fortement selon la complexité de la chaîne de traitement des boues,
des coûts de transport et dépandage,
des coûts danalyse des boues et des sols, détudes préalables, de suivi et dévaluation, de communication, etc
La plupart des études comparatives réalisées entre lépandage de différents types de boues et les solutions alternatives comme lincinération ou la co-incinération avec les ordures
ménagères montrent :
que lépandage est souvent le mode de gestion le moins cher, que les alternatives sont accessibles aux stations de grande et moyenne taille et que les coûts unitaires augmentent sensiblement lorsque la taille de la station décroît (voir "En savoir plus").
On note cependant que des filières sophistiquées de traitement des boues (compostage ou séchage) renchérissent sensiblement les coûts de l'utilisation agricole et les rapprochent des coûts d'incinération.
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Qui doit supporter le coût de lélimination des boues ?
Quel que soit le mode de gestion retenu, il nexiste quun seul mode de financement possible : cest lusager qui supporte le coût de lélimination des boues à travers la part assainissement qui figure sur ses factures de consommation deau. Le choix de lépandage évite de recourir à des filières plus coûteuses : là réside lintérêt économique de la collectivité. Le tableau de la page ci-contre permet de chiffrer léconomie réalisée : écart de 200 à 800 F/t MS pour les boues pâteuses entre épandage et incinération.
Pour les grandes stations (> 300 000 EH), et à condition de disposer dune usine dincinération déjà existante par ailleurs, les coûts peuvent être comparables.
Lagriculteur, quant à lui, nintervient pas dans ce financement : les boues sont le plus souvent mises à sa disposition et épandues gratuitement. Réciproquement, il ne reçoit aucune rémunération pour la mise à disposition de ses terres. Son intérêt réside dans labaissement des charges de fertilisation : cest la seule contrepartie du service rendu.
Comment les coûts peuvent-ils évoluer ?
La réglementation sur lépandage de 1997-1998 est basée sur lexpérience accumulée par trois décennies dépandage. En ce sens, pour les stations dépuration les plus évoluées, laccroissement des contraintes apportées par la nouvelle réglementation na eu que peu de répercussions financières. Lincidence sur les coûts est donc déjà intégrée dans les « coûts moyens observés ». Pour ces stations, aucune augmentation significative nest à prévoir dans lavenir si ce nest le coût lié au dossier dautorisation et à lenquête publique pour les très grosses collectivités.
Il nen est pas de même pour les stations qui ont pris du retard sur la réglementation, qui ne disposent pas de stockages suffisants, ou qui nont pas mis en place de procédures de suivi avec contrôle analytique, etc. La mise à niveau est dautant plus coûteuse et mal vécue que le retard est important. Pour ces stations, lalignement sur les meilleures références est cependant de la plus haute importance afin de crédibiliser la nouvelle donne en matière dépandage de boues dépuration. Les mauvaises références, aussi rares soient-elles, jettent lopprobre indistinctement sur lensemble des épandages.
A lextrême, sil sagissait de mettre fin définitivement à lépandage dans le plus grand nombre de situations possibles, laccroissement des coûts pourrait être important pour certaines stations, et par voie de conséquence, pour le consommateur deau.
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Pour que chaque partenaire soit gagnant dans cette démarche, il faut évidemment que lapplication stricte des bonnes pratiques et de la réglementation élimine toute idée de risque sanitaire, commercial ou datteinte à limage de lagriculteur et de ses produits. Lintérêt du débat de société en cours sera de trouver les moyens de faire évoluer les mentalités dans ce sens.
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