L’assainissement autonome fait partie de la politique française d’assainissement. Environ 13 millions de français sont en dehors d’une zone de raccordement à un système d’assainissement collectif. C’est le cas pour 20 à 30 % de la population rurale. Même si l’assainissement collectif va continuer à progresser, on estime qu’à l’avenir 10 % de français resteront concernés par l’assainissement autonome du fait de leur lieu d’habitation (C.I.EAU, 1999 ; FNDAE, 1997).


• Un système adapté à l’habitat dispersé

Moins coûteux que l’assainissement collectif dès que les habitations sont espacées, ce système d’assainissement préserve efficacement le milieu (?) aquatique au même titre que l’assainissement collectif.

Chaque commune doit réaliser un zonage d’intention pour définir les secteurs en assainissement collectif et non collectif, après vérification de l’aptitude des sols à l’infiltration et à l’épuration des eaux usées. Les propositions de zonage font l’objet d’une enquête publique.

• Un traitement en 3 étapes

 
 



Les conditions de traitement sont différentes selon la nature du sol, la pente, l’espace disponible, la présence de nappes superficielles, etc.

Il existe plusieurs dispositifs : tranchées d’épandage, filtres à sable drainé ou non, tertres filtrants.
Seul un spécialiste peut concevoir correctement ce type d’assainissement.

 


• Une contrepartie inévitable : les matières de vidange

Comme tout dispositif d’assainissement, l’assainissement non collectif doit être entretenu. Ainsi, les matières qui s’accumulent dans la fosse toutes eaux doivent être vidangées, environ tous les 4 ans.
La composition de ces matières de vidange est proche de celle des boues d’épuration.
Plus chargées que celles-ci en pollution microbiologique, elles contiennent normalement peu de polluants chimiques du fait de leur origine purement domestique. Cette qualité tend à se dégrader du fait des activités de nettoyage et de bricolage qui mettent en jeu de plus en plus de produits polluants souvent déversés dans l’évier par des particuliers insouciants ou mal informés.

Ces matières de vidange sont souvent acheminées vers les stations d'épuration et mélangées en petite quantité aux eaux usées avant leur traitement.
Elles peuvent également être épandues sur les terres agricoles avec les mêmes contraintes de sécurité que celles des boues d’épuration municipales auxquelles elles sont juridiquement assimilées. Le vidangeur est responsable du devenir des matières de vidange qu’il extrait.

Intermédiaire avec l’assainissement collectif, il existe aussi un assainissement semi-collectif, variante plus sophistiquée de l’assainissement autonome, pouvant traiter 100 à 200 EH.
Il faut également signaler l’intérêt des lagunes plantées et des bassins à macrophytes.

• Un assainissement à la charge des propriétaires

L’investissement et les frais d’entretien sont assumés par le propriétaire du dispositif autonome. Cependant, la commune est tenue de vérifier la bonne réalisation de l’installation et son correct entretien. Le cas échéant, la commune peut réaliser l’entretien de l’installation, mais contre le paiement d’une redevance couvrant le service rendu.
Le coût d’un dispositif varie de 20 000 à 40 000 F, suivant son importance, soit un coût par habitant de 4 000 à 7 000 F. Le coût de fonctionnement varie selon les situations locales. Une vidange coûte de 500 à 1 000 F, ce coût étant lui-même fonction des solutions d’élimination des matières de vidange (50 à 200 F/m3). Investissement et maintenance compris, le coût de fonctionnement d’un assainissement individuel varie de 300 à 1 000 F/an.

 
 
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