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Présentation

La terre est active et la géothermie (mot issu du grec « gê » = terre et « thermos » = chaud) est une spectaculaire manifestation de son énergie. La première utilisation d’eaux chaudes naturelles remontent à des milliers d’années avant J-C.
La région Midi-Pyrénées en a d’ailleurs gardé la mémoire à travers ses sites de thermalisme.

La géothermie occupe actuellement en France la 3ème place des énergies renouvelables, en terme d’énergie produite, derrière la biomasse et l’hydraulique.
En quelques années, l’image de la géothermie a énormément évolué. Depuis l’utilisation des pompes à chaleur, de la cogénération et de la filière sèche, les handicaps dont souffrait cette filière énergétique (corrosion, faible rentabilité…) ont désormais disparu.


D’où vient cette énergie ?

Des profondeurs :

A chaque fois que l’on descend de 100 m sous terre, on gagne 2 à 3°C en moyenne, la radioactivité naturelle des roches produisant des quantités énormes d’énergie. Cette chaleur se dirige vers la surface et réchauffe les nappes phréatiques souterraines. Si elle trouve une faille, cette eau chaude remonte par des puits artésiens et produit des sources chaudes. Dans le cas contraire, il faut aller la pomper.


Les ressources géothermiques et leur cadre géologique (source ADEME/BRGM)

Du soleil :

Chaque jour, la terre emmagasine l’énergie solaire et la stocke sous forme de calories dans le sol. Cette chaleur de surface peut être captée, moyennant un réseau de tuyaux enterrés. Il s’agit davantage de chauffage « géosolaire » que de géothermie, la recharge thermique n’étant assurée que par le soleil et l’infiltration de la pluie.


Quelles utilisations peut-on en faire ?

Selon le niveau de température, on distingue différents types de géothermie, auxquels correspondent différents usages :

Type de géothermie
Caractéristiques du ‘réservoir’
Utilisations
Très basse
énergie
Nappe à moins de 100 m
Température < à 30°C
Chauffage et
rafraîchissement de locaux, avec pompe à chaleur
Basse énergie 30°C < Température < 150°C Chauffage urbain, utilisations industrielles, thermalisme, balnéothérapie
Moyenne et Haute énergie 180°C < Température < 350°C Production d’électricité
Géothermie profonde Roches chaudes sèches à plus de 3 000 m de profondeur Au stade de la recherche, pour l’électricité ou le chauffage

La géothermie, une solution pour produire :
. directement de la chaleur
. de l’électricité


L’utilisation directe de la chaleur (basse et très basse énergie) :

On estime que près de 17 000 MWth (mégawatt thermiques) sont installés dans le monde, à peu près à parts égales entre l’Amérique, l’Asie et l’Europe.

Pour la géothermie basse énergie, la température des nappes est comprise entre 30 et 150 °C.
Environ 55 pays les exploitent aujourd’hui pour la production de chaleur. Cette exploitation est en pleine expansion puisqu’ils n’étaient qu’une trentaine de pays en 1995.
Les applications étant très diversifiées (logements, serres, thermes…), le dénombrement des opérations est difficile.
En France, les régions Ile-de-France et Aquitaine ont développé l’utilisation de cette source énergétique, des réseaux de chaleur alimentés par géothermie chauffant près de 200 000 logements.
En outre, la possibilité d’y adjoindre un module de cogénération intéresse beaucoup de collectivités, cet investissement supplémentaire permettant de réduire le coût de fonctionnement des équipements en permettant la vente de la surproduction de calories d’été.



La géothermie très basse énergie est exploitée à l’aide de pompes à chaleur (PAC) dites géothermiques.
Cette technique se contente de très basses températures (moins de 35°C) et de forages peu profonds (moins de 100 m) pour aller capter les calories contenues dans l’eau ou l’air du sol. Elle est généralement utilisée pour chauffer et rafraîchir des locaux.
En Europe, la progression de cette technique est importante dans les pays ne possédant pas de gisements géothermiques importants, comme l’Allemagne et la Suisse. Elle connaît également un regain d’intérêt en France, dans le logement individuel.

La production d’électricité (moyenne et haute énergie) :

La géothermie haute énergie est aujourd’hui exploitée dans le monde à hauteur de près de 8 000 MWe (mégawatt électriques installés), dont 42 % en Amérique et 38 % en Asie.
Plus de 20 pays produisent aujourd’hui une partie de leur courant électrique à partir de gisements aquifères dont les températures sont comprises entre 180 et 350 °C. En Europe, l’Italie est la plus engagée dans cette voie avec 1,7 % de sa production d’électricité issue de la géothermie haute enthalpie.

La France ne possède qu’une seule centrale de production, en Guadeloupe.
Depuis février 2000, EDF ( http://www.edf.fr ) a l’obligation de racheter l’électricité d’origine renouvelable, dont celle issue de la géothermie, les tarifs de rachat ayant été fixés par l’arrêté du 13/02/02.

Par ailleurs, des systèmes de production dite « binaire » se développent aujourd’hui, permettant de produire de l’électricité à partir de nappes à plus faibles températures (entre 90 et 150 °C). La technique consiste à utiliser un fluide intermédiaire qui se vaporise à une température plus basse que l’eau.

La filière sèche, quant à elle, n’en est encore qu’au stade de la recherche : l’objectif fixé est d’extraire la chaleur d’un sous-sol dépourvu d’aquifère (on y injecte de l’eau, on la laisse circuler et se réchauffer, puis on la pompe). Un projet de ce type est en cours en Alsace (à 5 km de profondeur, avec un réseau de 9 puits – 25 MWe attendus).




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