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Présentation (suite)


Comment ça marche ?

Qu’est-ce qu’un capteur solaire thermique ?

¤ Un capteur solaire thermique convertit l’énergie solaire en chaleur.

Un fluide caloporteur (eau glycolée en général) s’échauffe en circulant dans un absorbeur placé sous un vitrage. Outre son orientation, la performance du capteur dépend de la qualité du revêtement de l’absorbeur et du vitrage. Il est isolé thermiquement.
Ensuite, selon l’usage souhaité (chauffage ou eau chaude) et la complexité de l’installation, ce fluide restitue directement, ou via un échangeur, la chaleur emmagasinée.


Schéma de principe d’un capteur (source :TECSOL)


¤ Solaire et esthétique !

Les capteurs sont conçus pour s’intégrer aux différents styles de construction. En effet, les fabricants ont fait modifier leurs gammes de produits pour assurer l’intégration architecturale des capteurs. Placés sur le toit, ils ressemblent dans ce cas à des fenêtres de grande taille. Pour être encore plus discrets, certains peuvent être incorporés dans la toiture. Ils remplacent alors une partie de la couverture, tuiles ou autres éléments.
Les capteurs peuvent aussi être fixés au sol, contre l’habitat ou à proximité immédiate, ou encore disposés en auvent en terrasse ou sur une véranda.

Le plein sud est bien sûr la meilleure des orientations, mais un capteur exposé au sud-est ou au sud-ouest donnera quand même des résultats satisfaisants.
La meilleure inclinaison, pour une utilisation sur une année entière, est celle de la latitude de l’endroit où sont installés les capteurs (donc environ 45°).
Elle sera plutôt de 60° pour une consommation hivernale et de 30° pour une consommation estivale. Toutefois, ce sont souvent les dispositions constructives de l’habitation qui la détermine.

Une maintenance annuelle est recommandée pour veiller au maintien d’une pression correcte du liquide caloporteur et pour s’assurer de la bonne circulation du liquide. La surface des capteurs doit également être régulièrement nettoyé.


Installation de capteurs solaires

¤ Principes de base à respecter :

. Identifier un emplacement bien exposé et sans masque par rapport au soleil (ombre d’un bâtiment voisin, végétation…) ;
. Avoir si possible des besoins réguliers en eau chaude, pour une meilleure efficacité ;
. Faire un diagnostic de l’état du système de production et de distribution existant, pour éviter d’intégrer un système performant à des installations en mauvais état et risquer de nuire ainsi au bon fonctionnement du système global ;
. Pour une installation collective, réaliser une étude préalable permettant à la fois de faire un état des lieux précis, un bon diagnostic des besoins et un dimensionnement adapté ;
. Installer les capteurs au plus prêt de l’élément à chauffer (chauffe-eau, plancher…), toute longueur de canalisation entraînant des pertes de calories ;
. Prévoir la maintenance régulière de l’installation, au même titre qu’une chaudière au gaz par exemple.


Production d’eau chaude sanitaire :

L’utilisation de la chaleur du soleil pour la production d’eau chaude sanitaire est celle qui est la plus répandue et la plus simple à mettre en œuvre, aussi bien en habitat neuf que dans les logements existants.

¤ Le chauffe-eau solaire individuel :

Au cœur d’un capteur solaire exposé au soleil (quelques mètres carrés), une plaque et des tubes métalliques noirs absorbent l’énergie solaire. Réchauffé dans les tubes qu’il parcourt, un liquide antigel véhicule les calories jusqu’au ballon de stockage. En traversant l’échangeur thermique, au sein du ballon de stockage, le liquide cède sa chaleur à l’eau chaude sanitaire.


Schéma de fonctionnement d’un CESI
Tous les composants du capteur sont placés sous un vitrage, dans un caisson rigide, isolé thermiquement. L’échangeur est un serpentin généralement intégré dans le ballon de stockage. Le dispositif est complété par des éléments de régulation et de sécurité, et par un circulateur, pompe qui met le liquide primaire en mouvement.
En outre, l’énergie solaire ne pouvant être utilisée par nature que si le soleil brille, une énergie d’appoint est prévue pour prendre automatiquement le relais, par temps de pluie ou la nuit par exemple.

¤ Les équipements collectifs :

Un équipement collectif est un peu plus complexe. Il nécessite un échangeur externe, une pompe pour la circulation du fluide caloporteur et le stockage séparé de l’eau chaude solaire et de l’eau chaude d’appoint.
La garantie de résultats solaires est un contrat qui lie les entreprises intervenant à un moment donné dans le processus d’installation (fabricants de capteurs, installateurs, exploitant et bureau d’études techniques) ainsi que le maître d’ouvrage au-delà de 20 m2 de capteurs installés.
Les entreprises s’engagent à produire une quantité d’énergie solaire prédéterminée. Un suivi particulier est alors mis en place (comptages, télésurveillance au-delà de 40 m2…). Si l’installation solaire ne permet pas d’atteindre 90% des objectifs fixés, les entreprises dédommagent le maître d’ouvrage ou remettent à niveau l’installation à leur frais. Cet engagement est pris sur 5 ans.


Gîte d’étape de Mayregne (31)

Pour avoir un bon rendement d’installation, on dimensionne la surface des capteurs de manière à couvrir 60 à 70 % des besoins annuels en eau chaude.

¤ Un geste citoyen :

Le chauffe-eau solaire n’entraîne ni émission polluante, ni formation de déchets dangereux. Installer ce matériel revient à participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète et des changements climatiques. En effet, l'aggravation du phénomène naturel « d’effet de serre » résulte principalement de l’accumulation dans l’atmosphère du gaz carbonique (CO2) que produit tout combustible fossile (fioul, charbon, gaz…) en brûlant.
Ainsi, une famille de 4 personnes qui utilise un chauffe-eau solaire individuel, c’est 1 tonne de CO2 en moins/ an dans l’atmosphère.
Par ailleurs, l’utilisation du « solaire » pour la production d’eau chaude sanitaire permet de préserver les énergies non renouvelables (pétrole, gaz, charbon…) et de les réserver à des emplois spécifiques pour lesquels il n’existe pas encore d’alternative.

¤ Un geste pour des économies d’énergie :

Avec le « solaire », le particulier divise par deux ses factures d’eau chaude sanitaire. En période de fort ensoleillement, il accède à l’autonomie énergétique.

¤ Eléments de coûts :

Un chauffe-eau solaire pour un particulier coûte en moyenne 4 300 euros sur la région (4 à 5 m2 de capteurs, ballon de 200 à 300 l, pour un foyer de 3 à 4 personnes), avant déduction de prime, et TVA comprise. Cet investissement, plus important qu’un système classique, est soutenu par des aides publiques qui représentent de 30 à 50% du coût total et se trouve compensé, à long terme, par la réduction de la facture de gaz, de fioul ou d’électricité.


Le chauffage de l’habitation

Le chauffage de l’habitation par l’énergie solaire thermique peut se faire de deux façons :

¤ Par apport direct, on parle alors de solaire passif.

Il s’agit de concevoir et d’orienter le bâtiment de telle façon qu’il utilise au mieux les apports solaires. On peut, par une combinaison de mesures, réduire d’une part les besoins énergétiques du bâtiment et créer d’autre part un climat de bien-être (températures de surface agréables, humidité contrôlée, éclairage naturel abondant).

¤ Par la mise en place de capteurs solaires

ils restitueront, à l’intérieur de l’habitation, la chaleur captée, permettant de couvrir une partie des besoins en eau chaude sanitaire et en chauffage.
On parle alors de système solaire combiné. Il peut être installé dans les maisons neuves ou dans les logements devant faire l’objet de lourdes rénovations (dalle à refaire…).
Un chauffage d’appoint (gaz, bois, électricité…) est nécessaire pour garantir les besoins tout au long d’une saison de chauffe.

(source : Graphies)
Principe du plancher solaire direct
Le fluide caloporteur, arrivant chaud des capteurs thermiques, passe directement dans la dalle et repart vers les capteurs. La dalle stocke la chaleur et la transmet à la pièce. Un circuit de dérivation permet de produire l'eau chaude sanitaire.
Principe des autres systèmes combinés
Le fluide caloporteur chauffe l'eau du réservoir et repart vers les capteurs. L'eau du réservoir sert pour alimenter le système de chauffage. L'eau chaude sanitaire est produite dans un ballon immergé ou par un échangeur de chaleur.

La dalle stocke la chaleur injectée en intermittence selon l’ensoleillement et la restitue de manière plus régulière (une régulation électronique gère les apports en solaire et les besoins énergétiques). Le chauffage du plancher est dit ‘à basse température’ (27°C maximum). C’est le plus adapté aux besoins physiologiques de l’homme.
Pour avoir un bon rendement d’installation, on dimensionne la surface des capteurs de manière à couvrir environ 50 % des besoins annuels en chauffage et eau chaude.
Pour une maison classique de 120 m2, la surface de capteurs nécessaire est de l’ordre de 15 m2 en moyenne.
Si l’investissement est de près de 50% plus cher qu’un chauffage central classique, des aides financières permettent de réduire ce surcoût.


Les autres usages particuliers

Les autres usages particuliers de l’énergie solaire thermique peuvent être :

¤ Le chauffage de l’eau de piscine :

Préchauffer l’eau d’un bassin ou simplement prolonger la période d’utilisation d’une piscine de plein air, c’est possible avec des capteurs simplifiés de type ‘moquette solaire’. Le niveau de température de l’eau (inférieur à 30°C) étant plus faible que pour l’eau chaude sanitaire, le système solaire fonctionne avec un très bon rendement.

Une moquette solaire (réseau de tuyaux souples noirs) est posée en terrasse ou au sol, à proximité du bassin ; une partie de l’eau du bassin y circule pour être ainsi réchauffée.


La moquette solaire de la piscine de Castres (81)
Les piscines couvertes peuvent également avoir un chauffage solaire. Il sera alors plutôt de type vitré et permettra de chauffer également l’eau des douches.

Une étude préalable doit être menée pour prendre en compte la température extérieure, le vent à la surface de l’eau, les contraintes de fonctionnement propres à l’équipement. En plus de la moquette solaire, une couverture isotherme mise en place chaque soir est systématiquement préconisée pour limiter les déperditions nocturnes.

¤ Le séchage solaire de fourrages :

La ration de base des animaux repose essentiellement sur l’herbe pâturée et le foin. La ventilation du foin, permettant l’amélioration de sa qualité nutritive et un gain de place substantiel, est assez répandue dans notre région. Elle permet de s’affranchir partiellement des conditions météorologiques et de planifier plus facilement les récoltes.

Un tiers des séchoirs de foin de la région utilise l’énergie solaire, soit une centaine d’installations. Les capteurs sont constitués de 2 parois (en toiture) entre lesquelles circule l’air de séchage aspiré par le ventilateur. Au contact de la toiture sombre et mate, l’air se réchauffe de 4 à 6 °C. Le séchage s’en trouve accéléré (de 40% en moyenne).

La conception du capteur solaire est à étudier si possible dès le projet de séchoir, pour en faciliter sa mise en oeuvre.

Séchoir solaire des fourrages (Source : ARPE)

¤ La climatisation :

La climatisation se généralise en Europe, et plus particulièrement dans notre région. L’utilisation de l’énergie solaire pour la production de froid est encore très peu répandue en France, la première installation datant pourtant de 1992 (caves de Banyuls, près de Perpignan).
Une dizaine de réalisations sont en cours.

Un système solaire couplé à un climatiseur à adsorption peut assurer le rafraîchissement de locaux. Il doit être associé à une source d’énergie complémentaire pour assurer la totalité des besoins en climatisation.

La quasi-totalité des nuisances d’une climatisation conventionnelle sont supprimées :
. Rejets limités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (énergie d’appoint uniquement)
. Consommation électrique des auxiliaires réduite
. Fluides frigorigènes inoffensifs
. Sources de nuisances sonores supprimées (pas de compresseur)


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