Les déchets de caoutchouc proviennent surtout des pneumatiques (60 a 70 % du tonnage).
Ils ont quatre origines :
- déchets de caoutchouc industriel (35 000 t / an en France)
- déchets de fabrication des pneumatiques (15 000 t / an en France)
- pneumatiques usagés (370 000 t / an en France)
- déchets de rechapage des pneumatiques : poudrette, copeaux (8 000 t / an en France)
Les
détenteurs de pneumatiques usagés sont :
- les négociants spécialisés des pneus avec 45 % du marché
- les concessionnaires et les garagistes avec 18 % du marché
- les démolisseurs avec 14 % du marché
- les centres d'équipement spécialisés avec 10 % du marché
- les centres d'équipement de la grande distribution avec 7 % du marché
- les entreprises et administrations avec 5 % du marché
- les stations services avec 1 % du marché
Les déchets de caoutchouc sont valorisés selon
quatre filières principales :
- le réemploi : cette filière comprend
- le pneu d'occasion
- le rechapage : Il concerne 74 000 t /an en France et consiste à reconstituer la bande de roulement usagée des vieux pneus, et qui permet de leur restituer leurs qualités d'origine (lorsque la carcasse n'a pas été endommagée). Cette filière est très utilisée pour les poids lourds. De plus, le rechapage est, comme le réemploi, la meilleure valorisation envisageable puisqu'il économise de substantielles importations de matières premières (caoutchouc) et de dérivés pétroliers.
- la valorisation " matière première " : cette filière comprend :
- la " poudrette " (sous-produit du rechapage ou obtenue par broyage du pneu entier) utilisée pour la fabrication de revêtements de sols, de produits d'étanchéité ou de goudrons et pour l'isolation phonique.
- La régénération du caoutchouc
Ces deux dernières techniques sont handicapées par l'étroitesse du marché actuel.
- les valorisations originales des pneumatiques existent. Il s'agit de l'utilisation des pneus en techniques routières (liant bitume caoutchouc, renforcement de terrains et remblais allégés ; procédés Pneusol, Pneuresil) ou dans la lutte contre les vibrations dans les plates - formes ferroviaires.
Ces deux filières de récupération matière sont pour l'instant expérimentales ou très marginales. Seule est significative, la pratique bien connue des agriculteurs, qui lestent leurs silos avec des pneus, mais ils finissent trop souvent par brûler…
- la valorisation énergétique qui utilise le haut pouvoir calorifique du caoutchouc. Cette valorisation peut-être mise en œuvre en apport calorifique en cimenterie, pour l'incinération des ordures ménagères ou dans des fours spécifiques. Elle représente 37 500 t / an (pour une capacité actuelle de 75 000 t /an ), mais avec des capacités potentielles de 200 à 250 000 t / an.
On estime que plus de la moitié des déchets de caoutchouc (400 000 t / an en France) aboutissent en décharges, et le brûlage à l'air libre est une pratique non négligeable, bien qu'interdite. Pour remédier à cette situation, le principal obstacle à un développement des diverses valorisation reste le coût de la collecte d'un gisement très dispersé, d'une matière très peu dense : par définition, les pneumatiques contiennent… surtout de l'air.
A ce jour, il n'existe pas de réglementation particulière concernant les pneus usagés.
Le ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement a communiqué, en 1998, sur la nécessité de définir, pour juillet 1999, des actions pour l'élimination des pneus usagés. Pour cela, il a diligenté, le 28 septembre 1998 auprès du Conseil Général des Mines, une mission sur les filières d'élimination des pneus usagés en France. Un rapport de cette mission a été rendu fin mars 1999 au Ministère. Après étude, le Minitère et l'ADEME, en travaillant en partenariat avec les professionnels, décideront de la mise en place d'un accord - cadre ou d'un décret.