Bois-énergie
La France ne manque pas
de ressources
Avec le soutien de l’ADEME, l’Inventaire forestier national (IFN), l’institut technologique Forêt cellulose bois-construction ameublement (FCBA) et l’association Solagro ont réalisé, en 2008-2009, une évaluation de la ressource en bois disponible pour une valorisation énergétique à l’échelle nationale*. Cette étude actualise un premier état des lieux effectué en 2005, l’objectif étant de mieux apprécier le potentiel de bois-énergie mobilisable à l’horizon 2020, en regard des objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement. L’analyse intègre les contraintes liées aux priorités environnementales et les variables technico-économiques (conditions d’exploitation et de marché). En outre, pour la première fois, l’estimation nationale prend en compte, au-delà de la forêt, les ressources supplémentaires que représentent les haies et peupleraies des régions bocagères, les vignes, les vergers et les « arbres urbains ». Forêts, peupleraies et haies représentent l’essentiel du gisement de bois-énergie au niveau national. Sur la période 2006-2020, la disponibilité moyenne s’élève à 19,1 Mtep**/an de bois et menu bois, dont 11,9 Mtep/an exploitables dans les conditions technico-économiques actuelles. Le potentiel supplémentaire – s’ajoutant aux consommations actuelles – est estimé à environ 6 Mtep/an, les deux tiers venant de la forêt, et un tiers des autres ressources qui constituent plutôt des gisements d’intérêt local. Avec un prix du bois plus élevé, le total atteindrait 10 Mtep/an.
Ce volume additionnel de bois pour la valorisation énergétique est a priori compatible avec les objectifs du Grenelle, sous réserve de pouvoir effectivement mobiliser la ressource. Même si toutes les spécificités régionales n’ont pu être examinées dans cette photographie nationale, les estimations chiffrées fournissent des éléments de cadrage pour orienter les politiques publiques et l’action des collectivités concernant la biomasse énergie. De nouvelles études permettront d’affiner encore les données dans les mois et années à venir.
L’un des enjeux est la compréhension de la dimension sociétale, à savoir le consentement à offrir du bois de la part des propriétaires forestiers privés.
La mobilisation des gisements disponibles passe par une incitation des acteurs à mettre leurs biens sur le marché: ils contribueront à faire vivre ainsi la forêt, au-delà d’une gestion purement patrimoniale. L’ADEME a lancé en juin une étude exploratoire sur les actions d’animation et d’accompagnement pouvant être développées
dans ce domaine par les collectivités.
* Parallèlement, le Cemagref a mis à jour en 2009 les données d’une autre évaluation menée en 2007 pour le ministère de l’Agriculture (MAAP).
** Million de tonnes équivalent pétrole |