COVALTECH
Les vapeurs d'essence piégées
par le froid
Un système cryogénique permet de récupérer dans les stations-service les vapeurs d’essence émises à la pompe ou autour des cuves. Un moyen inédit de réduire les composés organiques volatils.
En 2007, 12 000 tonnes de composés organiques volatils (COV) ont été émises
par les stations-service (source : Citepa) – soit 1 % des émissions totales de ces gaz générées par l’activité humaine en France métropolitaine… Or les COV, qui s’échappent des camions-citernes, des cuves, mais aussi des pistolets qui ravitaillent les véhicules, sont nocifs pour la santé et pour l’environnement. Certes, ces émissions diminuent depuis plusieurs années, grâce à l’obligation réglementaire de mise en place de systèmes de récupération. Mais la réglementation devenant de plus en plus exigeante, elle nécessite la mise au point de systèmes de récupération encore plus performants. Depuis 2001, Covaltech, une TPE de trois salariés basée à Lyon, s’est attelée à ce problème, avec le soutien de l’Institut français du pétrole (IFP). C’est en 2006 qu’elle a mis au point le système Optimgaz. Sa particularité : la cryogénie. Les vapeurs d’essence captées sont refroidies à – 40 degrés. Cette condensation les transforme en liquide, lequel est alors traité par le système, qui sépare l’eau de l’essence. L’eau est dirigée vers un bac de décantation, tandis que l’essence récupérée par Optimgaz peut être utilisée… La condensation récupère du carburant à raison de 2,7 à 3,5 litres pour 1 000 litres livrés. Aussi le coût de 40 000 euros de la machine est-il rentabilisé grâce au volume de carburant récupéré. Selon Colvaltech, pour une station-service moyenne délivrant 3 000 m3/an, le retour sur l’investissement se fait au bout de 36 mois.
Des vapeurs traitées in situ
Autre avantage majeur par rapport aux autres systèmes de récupération existants : la machine Optimgaz traite les vapeurs in situ. « Les vapeurs d’essence ne sont pas renvoyées vers le camion-citerne pour être traitées dans les dépôts pétroliers, comme c’est souvent le cas », explique Céline Puente-Lelièvre, ingénieur à l’ADEME.
À savoir : le système fonctionne aussi bien
lors du remplissage des cuves que lors de l’approvisionnement des voitures. En effet, des pompes sont également apposées au niveau des pistolets. « Le dispositif se présente sous la forme de deux ensembles, détaille Serge Sellès, directeur de la R & D de Covaltech : un bloc tout électrique monté hors zone dangereuse de la station-service, qui a pour fonction de produire du froid ; et un bloc de condensation des gaz, équipé d’échangeurs thermiques. » En 2007, Optimgaz a reçu le deuxième prix de l’innovation des industries parapétrolières. Cinq stations-service ont déjà fait l’acquisition d’Optimgaz, et Covaltech poursuit les efforts d’amélioration de sa technologie pour proposer un système encore plus performant. |