jeune homme regardant à travers un niveau

  À SAVOIR  
 

Pour assurer la montée en puissance du programme d’un coût de 1,3 million d’euros, l’ADEME devrait prendre en charge 50 % du coût d’animation et 80 % du coût des études. L’Agence a ainsi un rôle de co-pilotage, de soutien méthodologique et financier, de co-animation et de suivi des plans d’action. Au niveau des bassins d’emplois, l’efficacité du dispositif repose sur les « ateliers de prospective participative », la coordination locale étant assurée par les responsables des Maisons de l’emploi, avec l’appui de l’Alliance Villes Emploi, et celui des représentants de l’ADEME en région. L’ensemble des acteurs mobilisés par les Maisons de l’Emploi (organisations professionnelles, organismes de formation, service public de l’emploi, services de l’État, Éducation nationale, collectivités territoriales, OPCA, chambres consulaires…) s’y retrouvent pour dialoguer et construire une démarche partagée.

 
     
 

Emplois « verts » et bâtiment
Anticiper les besoins

Permettre une meilleure adéquation entre l’offre et la demande des emplois de la croissance verte dans les métiers du bâtiment : c’est l’objectif du programme d’« études-actions » piloté en régions par l’ADEME et l’Alliance Villes Emploi.

Chaque année depuis 2008, l’ADEME dresse l’état des lieux des marchés et des emplois1 en France pour les principales filières d’activité liées à l’amélioration de l’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables. « Cette étude nationale observe l’évolution de ces activités en regard des objectifs du Grenelle de l’environnement, explique Thomas Gaudin, économiste à l’ADEME. Ainsi, en 2009, le rythme global de progression des marchés en valeur sur la période 2006-2009 apparaît en ligne avec les projections du Grenelle à l’horizon 2012 mais des retards existent en termes de gains d’efficacité énergétique et de production d’ENR. »
Dès la première édition de l’étude nationale, l’intérêt d’une déclinaison au niveau des bassins d’emplois a été identifié par Nordine Boudjélida, directeur régional de l’ADEME en Lorraine. L’ADEME s’est ainsi rapprochée d’Alliance Villes Emploi, réseau national des Maisons de l’emploi et des Plie (Plans locaux pour l’insertion et l’emploi), pour tester un dispositif original d’étude-action, qui décline la démarche à l’échelle des bassins d’emplois et sur le périmètre des métiers du bâtiment.

Des diagnostics réalisés sur les bassins d’emplois
Quel serait l’impact de la réalisation des objectifs du Grenelle en termes d’emplois2 et de métiers sur un territoire donné ? Les acteurs locaux de l’emploi, de l’insertion, de l’économie et de la formation professionnelle dans le secteur du bâtiment s’y sont-ils préparés ? Ont-ils intégré ces projections dans leurs anticipations et leurs projets ? Pour répondre à ces questions, de juin 2008 à juin 2009, les Maisons de l’emploi de Bayonne-Pays basque, Lille et Nancy ont réalisé un diagnostic détaillé sur leurs bassins d’emplois respectifs (agglomération bayonnaise, Lille Métropole, Grand Nancy). Un travail qui s’est fait dans le cadre d’« ateliers de prospective participative », à partir des données quantitatives régionales fournies par le Bipe. « Ces diagnostics partagés ont mis en évidence des opportunités et des freins, précise Thomas Gaudin.
En moyenne sur les trois régions, les marchés du bâtiment liés à la maîtrise de l’énergie et aux renouvelables pourraient doubler d’ici 2012, mais avec des disparités selon les territoires, les types d’activités et les métiers. Par ailleurs, dans les métiers les plus sollicités – principalement les maçons, menuisiers, charpentiers, couvreurs, chauffagistes, peintres et électriciens – les compétences requises vont évoluer. Cependant, ces évolutions peuvent être freinées par un manque de lisibilité des enjeux du Grenelle, une mauvaise coordination des acteurs, ou encore une offre de formation inadéquate. »
De manière générale, la phase de diagnostic révèle des écarts entre les ressources disponibles et les besoins, tant au niveau des marchés que des filières professionnelles. Ces constats partagés permettent de mobiliser les acteurs autour de réponses concrètes.
Dans une deuxième phase, les trois Maisons de l’emploi et leurs partenaires ont en effet bâti des plans d’actions visant à améliorer sur le territoire la cohérence de la chaîne marché-emplois-compétences-formation. Au total, une trentaine d’actions vont être déployées sur la période 2010-2012, dans quatre domaines : sensibilisation aux impacts du Grenelle, formation aux nouvelles compétences, emploi et communication. Parallèlement, une convention signée fin 2009 entre l’État, l’ADEME et l’Alliance Villes Emploi étend ce dispositif d’étude-action à 30 nouvelles Maisons de l’emploi dans 16 régions. Des études comparables vont d’autre part être menées dans certains bassins d’emplois sur d’autres filières professionnelles concernées par le Grenelle et le plan Létard de mobilisation pour les emplois verts (déchet, transport, tourisme, métiers de la mer…). L’évaluation et la capitalisation des actions seront assurées par l’ADEME et Alliance Villes Emploi tout au long de cette opération.

1. Étude réalisée pour l’ADEME par In Numeri
2. Les projections sont faites en équivalent temps plein (ETP) par métier, pour les marchés liés au Grenelle ; par exemple, pour les menuisiers,
la part de l’activité consacrée à la réalisation de ces marchés est estimée en ETP.


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