Basse-Normandie
Gaz et bois de chauffage,
le remède pour l’hôpital
Au centre hospitalier de Pontorson (Manche), une chaufferie bi-énergie au bois et au gaz s’est substituée à une chaufferie au fioul/propane, réalisant une importante économie d’énergie fossile.
Le bois comme substitut au fioul pour préserver l’environnement ? Robin Munoz, ingénieur maintenance et travaux neufs au centre hospitalier de l’Estran, à Pontorson dans la Manche, en a vite été convaincu. « Nous étions équipés de quatre chaufferies indépendantes au fioul/gaz propane et d’un réseau de distribution vétuste. Souhaitant optimiser notre système, nous avons engagé, avec l’aide de l’ADEME, une étude globale réalisée par Biomasse Normandie sur nos installations thermiques. »
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Vue générale intérieure de la chaufferie. Arrière de la chaudière. Système de récupération et d’évacuation des cendres. |
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Les conclusions préconisaient la centralisation de la production de chaleur et la mise en place d’une chaufferie bi-énergie bois/gaz naturel, à l’image de ce qui avait été réalisé dans un hôpital voisin. Pourquoi le bois ?
« Il présente l’avantage de garantir des prix stables jusqu’à 20 ans, contrairement au fioul et au gaz, aux coûts beaucoup plus fluctuants. Et la Basse-Normandie dispose de bois. Afin d’inciter les entreprises et les collectivités à franchir le pas et à s’équiper en chaufferies bois, nous avons d’ailleurs monté, avec la région, une structure d’approvisionnement, Biocombustibles SA », indique Christian Delabie, ingénieur du secteur énergies renouvelables de la direction régionale Basse-Normandie de l’ADEME, qui a conseillé le centre hospitalier et financé pour partie le projet.
Bilan positif sur tous les plans
La chaufferie a été installée en février 2006. Elle comprend une chaudière bois d’une puissance de 2 200 kW, qui consomme entre 2 500 et 3 000 tonnes de bois par an (des plaquettes de scierie pour l’essentiel), complétée par deux chaudières gaz d’égale puissance, de 2 200 kW chacune, « la règle dans ce type d’installation ».
Elle est équipée d’un système d’épuration des fumées dit « multicyclone » pour limiter les rejets de particules dans l’atmosphère, et les cendres sont valorisées (épandues dans les champs). « Les cendres contiennent de la potasse, recherchée par les agriculteurs », détaille Christian Delabie. Trois ans après, le bilan est positif sur tous les plans, économique et environnemental (voir encadré).
Côté fonctionnement aussi, la chaudière donne toute satisfaction. « Nous avons pris le parti d’exploiter nous-mêmes la chaufferie en formant spécialement nos agents. C’est le conseil que je donnerais à tous ceux qui font le choix de ce type d’installation, car cela permet d’avoir la maîtrise complète du système, de la livraison à l’entretien. Et cela valorise le personnel chargé de sa gestion », conclut Robin Munoz.
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