
La fabrication des fromages et crèmes AOC de la coopérative est gourmande en énergie.
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Des besoins bien estimés
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La chaufferie a été mise en service en mars 2008. Pour Hervé Ambroise, directeur technique de la coopérative, le bilan est satisfaisant à tous points de vue. En matière de consommation énergétique, les économies réalisées sont conformes aux prévisions. En matière de réduction de gaz à effet de serre, 15 000 tonnes de CO2 ont été évitées. Quant aux rejets de poussière, ils se situent entre 15 et 25 mg/Nm3 , largement sous la norme autorisée (100 mg/Nm3). Enfin, l’installation est jugée très fiable, puisqu’elle alimente l’usine à 85 % du temps. « La clé du succès réside dans la capacité à bien estimer ses besoins pour pouvoir les mettre en adéquation avec le bon procédé technique », rappelle Christian Delabie, ingénieur du secteur énergies renouvelables à la délégation régionale Basse-Normandie de l’ADEME.
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Calvados
Du bois pour chauffer le lait
Première dans l’industrie agro-alimentaire, la chaufferie au bois-énergie installée dans la coopérative laitière d’Isigny montre que ce mode d’énergie n’est plus l’apanage de la filière bois. Preuve que le bois-énergie, il y a de quoi en faire un fromage…
Concilier efficacement économies d’énergie et réduction de CO2, c’est possible avec le bois-énergie. Le cas de la coopérative laitière d’Isigny Sainte-Mère dans le Calvados – une première dans l’industrie agro-alimentaire – le prouve. « Nous avons opté pour une chaufferie au bois dès la fin 2007, explique Hervé Ambroise, le directeur technique de la coopérative. D’abord parce que nos produits, des fromages et des crèmes AOC, sont par nature très élaborés et donc particulièrement gourmands en énergie (la déshydratation du lait exige des températures élevées et donc beaucoup d’électricité), ensuite parce que nous avions l’obligation de baisser nos quotas de CO2. » Le projet a été largement soutenu par la direction régionale Basse-Normandie de l’ADEME. « En amont, indique Christian Delabie, ingénieur du secteur énergies renouvelables, nous avons été régulièrement sollicités pour apporter de l’information sur le bois-énergie. Nous avons aussi joué un rôle de conseil dans les choix techniques et les approvisionnements. Enfin, nous avons cofinancé en partie l’opération,
avec la région et le Feder (Fonds européen de développement régional). »
Le montant des investissements s’est élevé à 5 962 600 euros.
L’ADEME et la région y ont, chacune, contribué à hauteur de 281 100 euros.
Un matériel de pointe
Sur le plan technologique, la chaufferie ne comporte pas d’innovation majeure, si ce n’est sa capacité élevée de production de vapeur (20 tonnes/heure à 30 bars, pour une puissance de 15 MW) qui nécessite une alimentation très conséquente en bois (de 42 000 à 45 000 tonnes par an, soit 5 tonnes de bois/heure et 7 camions de 90 m3/jour !). Les approvisionnements sont assurés en exclusivité par la société Biocombustibles SA, une structure créée à l’initiative de l’ADEME et de la région Basse - Normandie. Ils proviennent essentiellement de connexes de scieries, plaquettes forestières et bois DIB (déchets industriels banals : palettes abîmées) récoltés dans un rayon de 100 kilomètres autour de l’usine. Le fonctionnement et l’entretien sont assurés par la coopérative et, toutes les 4 semaines, un ramonage léger est effectué. La marge de manœuvre est étroite : compte tenu du degré élevé de température qu’il faut constamment maintenir, la régulation de pression se fait dans une fourchette de 2 bars. « C’est un matériel de pointe, qu’il faut inspecter régulièrement. Nous devons être très vigilants. Le démarrage en particulier nécessite une phase d’appropriation, car il faut comprendre comment fonctionne le couple bois - chaudière pour pouvoir adapter la quantité et la nature des bois aux besoins », souligne Hervé Ambroise. Mais, une fois cette étape intégrée, le bilan est plus que positif : « Jusqu’ici, seules les entreprises de la filière bois se lançaient dans le bois-énergie. L’exemple réussi de la coopérative d’Isigny montre
que cette énergie convient parfaitement aux process des industries agro-alimentaires et des laiteries. D’ailleurs, d’autres entreprises à proximité ont, depuis, franchi le pas », analyse Christian Delabie.
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