Un éleveur dans une porcherie tenant dans ses mains un porcelet
Le digestat, issu de la méthanisation du lisier de porc, peu odorant, entraînera beaucoup moins de nuisances olfactives lors de son épandage.

 
le Plan biogaz agricole

 
     
 

Pour accompagner l’émergence de la méthanisation agricole, encore balbutiante en France, les délégations régionales de l’ADEME de Bretagne, des Pays-de-la-Loire, et les conseils régionaux de ces territoires, ont lancé le Plan biogaz agricole. Mission : accompagner techniquement les agriculteurs désireux de se lancer dans la création d’une unité de méthanisation ; structurer une offre industrielle locale ; centraliser et diffuser la technologie auprès des partenaires potentiels.
Depuis 2007, l’ADEME de Bretagne a déjà soutenu six projets de méthanisation agricole. Ses objectifs ? Améliorer l’efficacité énergétique des exploitations agricoles, développer la production d’énergies renouvelables et soutenir les démarches de management environnemental.

 


Bretagne
Cogénération :
« Mettez un porc dans votre moteur »

La première unité de méthanisation agricole a été créée dans les Côtes-d’Armor à côté d’un élevage porcin. Décidément, tout est bon dans le cochon !

La première unité de méthanisation agricole de Bretagne a été inaugurée, le 2 octobre, à Plélo, dans les Côtes-d’Armor. Installée à côté d’un élevage porcin, elle produira 510 000 m3 de biogaz par an, à partir de 2 800 tonnes de lisier, 700 tonnes de déchets verts et 1 600 tonnes de graisses issues de l’industrie agroalimentaire, mélangés dans un vaste digesteur en béton.
Le biogaz produit est stocké dans une membrane élastique. Il passe ensuite dans un local adjacent, où il fait tourner deux moteurs de cogénération, produisant en une année 1 170 MWh d’électricité, l’équivalent de la consommation de 390 foyers, et 1 280 MWh de chaleur, soit la puissance de chauffage nécessaire à 70 maisons individuelles.
L’électricité produite est injectée sur le réseau. La chaleur sert à chauffer les bâtiments d’élevage et plusieurs habitations du village. L’unité de méthanisation évitera ainsi chaque année l’émission de 410 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Une source de revenus supplémentaire
L’investissement s’élève à 900 000 euros. Il a été soutenu par l’ADEME et la région Bretagne à hauteur de 236 800 euros, dans le cadre du contrat de plan État-région.
Le conseil général des Côtes-d’Armor a également versé une aide, d’un montant de 118 400 euros. « Cette nouvelle activité m’apportera des revenus supplémentaires, environ 200 000 euros par an », explique l’éleveur, Alain Guillaume. Pour porter son projet, il a constitué une SARL, baptisée Gazéa. « J’espère aussi améliorer l’acceptabilité de mon métier par la population. Le digestat issu de la méthanisation, peu odorant, entraînera beaucoup moins de nuisances olfactives lors de son épandage. »
« L’ADEME accompagne ce projet depuis ses débuts. Alain Guillaume a été l’un des premiers agriculteurs à participer aux visites que nous avions organisées sur des sites allemands de méthanisation avec l’association Aile (Association d’initiatives locales pour l’énergie et l’environnement) », rappelle Mélanie Chauvin, ingénieure chargée de la valorisation des matières organiques à la direction régionale Bretagne de l’ADEME. Armelle Damiano, de Aile, a été mandatée par l’ADEME pour animer le Plan biogaz agricole des régions Bretagne et Pays-de-la-Loire. C’est elle qui a aidé l’éleveur porcin à concevoir son unité selon la technologie Biogas Hochreiter, spécialiste allemand de la méthanisation. « Nous souhaitions favoriser un transfert de technologie afin de créer une filière française de méthanisation », précise Mélanie Chauvin. Biogas Hochreiter a donc transmis son savoir-faire à l’entreprise française AEB-Méthafrance, qui peut désormais construire d’autres unités similaires de méthanisation. Vingt six autres projets sont en cours dans l’Ouest,
suivis par Aile et l’ADEME.