feu rouge sur une voie de chemein de fer dans un paysage enneigé avec du brouillard

  À NOTER  
 

L’ADEME et les transferts
de technologies

A Copenhague, le débat sur les transferts de technologies a tenu une place importante. Les pays émergents devraient en effet pouvoir infléchir leurs trajectoires d’émission grâce à des financements et des transferts de technologies des pays industrialisés. L’ADEME souhaite que le Fonds démonstrateur, créé en 2008 pour soutenir l’expérimentation de technologies innovantes portées par les industriels français en réponse au changement climatique, puisse participer à cette dimension internationale. L’objectif serait d’expérimenter dans des pays du Sud les technologies validées sur le territoire national dans les secteurs clés – énergies renouvelables, transports, captage et stockage du CO2… –, ce qui suppose de mettre en place un mécanisme spécifique pour la réalisation de démonstrateurs des technologies françaises dans ces pays.

 
     
 

Sommet de Copenhague
Bilan vert à moitié plein…

Bilan en demi-teinte pour le sommet des Nations unies sur le climat qui s’est tenu à Copenhague en décembre.

Est-ce l’histoire du verre à moitié vide ? Face à l’urgence climatique, Copenhague a débouché sur un accord a minima. Ni les représentants de 193 pays de la planète réunis sous l’égide de l’UNFCC, ni les 119 chefs d’État ou de gouvernement présents à la Conférence, n’ont réussi à s’entendre sur des engagements collectifs pour l’après-Kyoto. L’objectif chiffré d’une réduction de 50 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport à 1990, défendu notamment par l’Europe, n’a pas été retenu. Les États-Unis et la Chine, les deux plus gros pollueurs en carbone de la planète (40 % du total), ont refusé de se voir imposer des quotas d’émissions. La création d’une organisation mondiale de l’environnement ne s’est pas davantage concrétisée. En outre, plusieurs pays émergents ayant décidé de ne pas le voter, le texte issu du sommet a été simplement acté et non adopté par les Nations unies, faute de consensus. Comme l’a souligné la présidence française, cet échec relatif traduit les limites du système actuel de gouvernance internationale en matière de lutte contre le changement climatique. « La règle de l’unanimité s’applique pour toute décision au sein de la Convention climat (COP UNFCCC), rappelle Jean-Pierre Tabet, expert national Changement climatique à l’ADEME, membre de la délégation française à la conférence. Un résultat d’autant plus difficile à obtenir que les États membres ont des intérêts stratégiques en partie divergents. »

UNE AVANCEE POUR LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE
L’« accord de Copenhague », bien que n’ayant pas le caractère contraignant d’un traité, n’en marque pas moins une avancée pour la communauté internationale. Le texte reconnaît pour la première fois la nécessité de limiter la hausse moyenne des températures à 2 °C d’ici à 2050 par rapport à l’ère pré-industrielle, comme le recommandent les scientifiques. Il entérine le principe d’une contribution volontaire des pays émergents à la réduction des émissions, et prévoit pour cela un « fonds vert pour le climat », financé par les pays industrialisés à hauteur de 30 milliards de dollars (21 milliards d’euros) entre 2010 et 2012,
puis une croissance régulière pour aboutir à 100 Mds $ par an à partir de 2020. Au titre du verre à moitié plein, on retiendra également que la question climatique a été abordée dans sa dimension d’enjeu global, dont les implications économiques et géopolitiques dépassent largement la question environnementale.
« Copenhague a chiffré des montants financiers conséquents, en actant la priorité aux pays les moins avancés, en particulier à l’Afrique, ainsi qu’à la lutte contre la déforestation, souligne Jean-Pierre Tabet. De façon moins spectaculaire,
depuis la conférence de Bali en 2007, les travaux des experts sur les mécanismes de transfert de technologies ont beaucoup progressé
». Qu’il s’agisse d’instruments de réduction des émissions ou d’évaluation de l’impact des actions, la transmission de technologies innovantes des pays industrialisés vers les pays les moins avancés conditionne en effet la réussite d’une action internationale.
« En tant qu’organisme expert, l’ADEME participe à ce chantier clé. Nous travaillons par exemple à la mise en place de systèmes de mesure du CO2 évité qui soit respectueux des souverainetés nationales, et adaptés à des objectifs de réduction fixés pour les pays émergents en valeur relative (niveau d’intensité énergétique) et non absolue (plafonds d’émissions) », ajoute Jean-Pierre Tabet.
Un dossier qui sera à l’ordre du jour de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat, en décembre 2010 à Mexico. D’ici là, un sommet « intermédiaire » prévu en juin prochain à Bonn tentera de transformer l’accord de Copenhague en traité…


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