Un Bilan Carbone® ferroviaire généralisé

 
     
 

Cette initiative inédite, menée sur la base du Bilan Carbone® Entreprise développé par l’ADEME, est amenée à se généraliser, puisqu’un outil spécifique – à l’image du Bilan Carbone® Campus – est en phase de réalisation et sera utilisé pour la construction des 2 000 kilomètres de nouvelles lignes à grande vitesse qui doivent être achevées en 2020, ainsi que pour la modernisation de tronçons existants.

 

SNCF et Réseau ferré de France
Le Bilan Carbone® sur les rails

La SNCF, Réseau ferré de France et l’ADEME ont présenté le 25 septembre les résultats du premier Bilan Carbone® ferroviaire global réalisé sur la future ligne à grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône. Une contribution du rail aux objectifs du Grenelle de l’environnement, alors que le gouvernement prévoit la construction de 2 000 kilomètres de LGV d’ici à 2020. Car plus de fer, c’est moins de carbone…

C’est une première mondiale : de la conception à l’exploitation, l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) lié à la future LGV Rhin-Rhône a fait l’objet d’un Bilan Carbone®. Une démarche globale, menée sur le tronçon de 140 kilomètres qui reliera Dijon à Mulhouse dès décembre 2011. Le chantier inclut notamment la construction de 160 ponts, 13 viaducs, un tunnel de 2 kilomètres, la réalisation de 2 nouvelles gares et la mise en service de 30 rames de TGV. « Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’objectif de la France de réduire de 22 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 », commente Laure Fontaine, chargée de mission auprès de la Direction régionale Franche-Comté de l’ADEME qui a apporté son soutien méthodologique à ce projet inédit : « Un Bilan Carbone® classique se base sur des données d’exploitation passées. Dans ce dossier, nous avons travaillé à partir d’estimations fondées sur les trente premières années d’exploitation commerciales de la ligne à partir de son ouverture », complète-t-elle.
Les résultats de ce premier Bilan Carbone® global d’une ligne à grande vitesse prévoient l’émission de 1,9 million de tonnes-équivalent CO2 (teCO2) durant le premier cycle 2011-2041. Ce montant équivaut aux émissions annuelles d’une ville de 200 000 habitants. 53 % de ces rejets sont issus de l’énergie de traction,
et 42 % sont générés par les travaux de construction.

« Carbone Positive » dès 2024
L’étude souligne également que les émissions de GES évitées chaque année grâce au report modal vers cette nouvelle offre ferroviaire – selon une estimation de 1,2 million de voyageurs annuels – seront supérieures dès 2024 aux rejets générés par la conception, la construction et l’exploitation-maintenance de la ligne. Autrement dit, la LGV Rhin-Rhône deviendra « carbone positive » douze ans seulement après sa mise en service. Cette démarche inédite s’est déroulée en trois temps.
La première étape a consisté à établir l’inventaire des émissions de GES générées directement ou indirectement par les différents aspects du projet : études, travaux préparatoires (déboisement, prospection archéologique), travaux de génie civil, réalisation d’équipements et de bâtiments ferroviaires, opérations d’exploitation et de maintenance.
Dans une deuxième phase, l’ensemble de ces données « activités » ont été traduites en tonnes-équivalent CO2. Enfin, troisième temps, l’identification des postes les plus émetteurs et l’instauration d’un plan d’action impliquant concepteurs, constructeurs et exploitants afin de réduire les rejets et de mieux préparer l’Europe des transports durables. Au-delà de sa contribution financière à ce premier Bilan Carbone® ferroviaire global, l’ADEME a apporté son soutien méthodologique à cette opération mobilisant une équipe de cinq collaborateurs issus de la direction régionale de l’Agence en Franche-Comté et des centres techniques de Valbonne et d’Angers.