construction d'un biodigesteur
La construction du biodigesteur de lisier de porc sur « l’îlot modèle » d’Arnatuku.

Tuvalu
La survie passe aussi par l’autonomie énergétique

Microarchipel du Pacifique Sud composé de neuf atolls, Tuvalu
est l’une des nations les plus menacées par le réchauffement climatique.
Depuis 2005, l’ADEME soutient les efforts d’Alofa Tuvalu, une association
qui lutte pour la sauvegarde de ces îles et qui entend être un modèle
en matière de protection de l’environnement.

 
   

Ancien protectorat britannique, Tuvalu est devenu nation souveraine en 1978. Ses 11 000 habitants en font l’État le moins peuplé du monde après le Vatican. Le réchauffement de la planète y est sensible, et la montée des eaux menace les îles de Tuvalu : les neuf « cailloux » posés sur le Pacifique (26 km2 au total, disséminés sur près de 1 million de km2), régulièrement inondés et dont les rares cultures souffrent de plus en plus de la salinisation des sols, risquent de devenir inhabitables dans les cinquante prochaines années, faisant des Tuvaliens les premiers réfugiés climatiques du globe.

« Small is beautiful »
Consciente de cette réalité, l’association Alofa Tuvalu a tiré la sonnette d’alarme dès 2003 en faisant comprendre à la population la réalité de la menace pour ce pays au revenu national très faible et aux exportations inexistantes. Ainsi est né le programme « Small is beautiful », dans le cadre de la décennie de l’éducation au développement durable de l’Unesco. Initiées par une Française, Gilliane Le Gallic, les campagnes de sensibilisation avaient pour but de faire de Tuvalu un symbole en matière de respect de l’environnement.

Solutions alternatives
« Alofa Tuvalu a sollicité l’ADEME en 2005 afin de l’aider dans cette démarche que nous avons retenue pour son exemplarité. L’intérêt pour l’Agence était de contribuer à faire connaître la situation critique face au changement climatique des îles comme Tuvalu, et à rechercher des solutions énergétiques alternatives permettant à l’archipel d’acquérir une plus grande autonomie », indique Hélène Sabathié-Akonor, chargée de mission à la direction de l’action internationale de l’Agence, qui a participé à la définition et à la mise en place du cahier des charges des différents projets, ainsi qu’aux comités de pilotage et aux financements. Première pierre de ce partenariat, l’audit énergétique, financé en partie par l’ADEME et présenté en mars 2006, soulignait l’importance des ressources locales comme les déchets organiques, représentant 80 % des mises en décharge. Un potentiel à valoriser. Dans ce domaine, et pour inscrire les actions dans la durée, Alofa Tuvalu a donc mis en place, avec l’école maritime locale TMTI, un programme, soutenu par l’Agence, de formation aux énergies renouvelables privilégiant le recours à la biomasse. Une première dans la région Pacifique.

Noix de coco dans le moteur
En 2007, la construction d’un biodigesteur de lisier de porc marque une nouvelle étape de ce programme, permettant de former une quarantaine de personnes, dont quatre instructeurs, à la construction, à l’usage et à la maintenance de ces équipements synonymes de nouvelles ressources énergétiques. En parallèle, un ensemble de panneaux solaires était installé avec le concours d’EDF sur le toit des gradins du stade de Funafuti, la capitale de Tuvalu, alimentant le réseau national. Dans la même perspective, des essais de production de biodiesel à partir d’huile de noix de coco et d’éthanol à base de résine de cocotier furent engagés en 2008 au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) de Montpellier. Enfin, à partir de ces recherches, une unité de production de carburant à partir d’huile de coprah ainsi qu’un gazogène fonctionnant grâce aux bourres et coques de noix de coco ont été mis en place en 2009. Autant d’initiatives qui doivent permettre de parvenir à l’objectif que s’est fixé le gouvernement tuvalien : atteindre l’indépendance énergétique en 2020.