Des logements sociaux en briques de terre crue

 
     
 

Un projet de logement locatif social de la Société immobilière de Mayotte, les Tribunes de Cavani, a été sélectionné pour les études et les travaux en 2008. Les six logements, composés de trois T2 et trois T4 en duplex, sont construits en briques de terre crue fabriquées localement. Par rapport à une construction classique, ces logements disposent d’un confort thermique accru de 20 % en conditions extrêmes, avec des consommations d’électricité réduites. Des panneaux solaires assurent la production d’eau chaude, et l’éclairage est constitué d’ampoules basse consommation. Enfin, un brasseur d’air rafraîchit les pièces principales traversantes, avec l’apport d’un jardin végétal et de la ventilation naturelle.

 
 
 

Mayotte
L'indépendance énergétique
passe par une charte

À Mayotte, Mayénergie, la charte créée par le conseil général, l’ADEME et Électricité de Mayotte, s’applique depuis 2008 aux constructions d’habitat social. Son objectif : réduire la facture énergétique de l’île.

Située à mi-chemin entre Madagascar et le continent africain, Mayotte, île volcanique de 374 km², connaît depuis quelques années une forte augmentation de ses habitants. En 35 ans, sa population a été multipliée par cinq, pour atteindre 186 452 habitants en 2007.
La consommation d’énergie a suivi le même rythme, renforçant la dépendance de l’île aux hydrocarbures qui représentent plus de 92 % des approvisionnements énergétiques ; 83 % de l’électricité est utilisée pour les bâtiments. « On constate une évolution des constructions mahoraises traditionnelles vers un modèle européen, souvent inadapté au climat local, qui entraîne une utilisation de plus en plus répandue de la climatisation. Et les nouveaux équipements électriques sont souvent mal choisis et/ou mal utilisés, générant de nombreux gaspillages d’énergie », explique Christel Thuret, chargée de mission de l’ADEME à Mayotte.

Une norme pour l’habitat social
Pour contrer cette tendance, le conseil général de Mayotte, l’ADEME et Électricité de Mayotte ont créé en 2008 la charte Mayénergie avec l’appui de l’Agence régionale de l’énergie Réunion (ARER). La réglementation thermique nationale ne s’appliquant pas sur l’île, cette charte est devenue, grâce à l’ADEME, la norme réglementaire de l’habitat social collectif dans l’île. Et sert du même coup de référence pour tous les maîtres d’ouvrage (bailleurs sociaux, entreprises, collectivités, particuliers). L’ADEME est d’ailleurs à l’initiative de sa déclinaison dans les Plans locaux d’urbanisme (17 PLU doivent être adoptés d’ici à 2011).
Avec ses partenaires, l’Agence a ensuite lancé un appel à projets répondant aux critères de la charte Mayénergie, afin d’encourager la réalisation de bâtiments confortables et performants sur le plan énergétique.
Trois critères à respecter : confort thermique (amélioration de 15 et 20 % par rapport à un bâtiment classique) ; consommation d’énergie (entre - 20 % et - 40 %) ; eau chaude solaire obligatoire (avec des performances prédéfinies). À la clef, une aide financière de l’ADEME et de ses partenaires de 70 % pour les études thermiques et de 50 à 70 euros par m² de travaux selon le niveau de performance atteint.
Les porteurs de projet reçoivent un accompagnement technique, financier, méthodologique, et l’attribution d’une reconnaissance Mayénergie. Des réunions d’information ont lieu deux fois par an, et chaque dossier fait l’objet de rendez-vous individualisés. « L’ADEME définit chaque année les orientations stratégiques de l’appel à projets et participe au jury de sélection des projets, indique Christel Thuret.
Elle assure aussi le rôle d’expert technique et établit la méthodologie applicable aux études thermiques. »

Onze projets ont été sélectionnés en 2008. Et l’appel, qui ne visait au départ que le neuf, a été étendu en 2009 aux opérations groupées de réhabilitation.