Rip Curl
Vague écologique dans les sports de glisse
Comme une dizaine d’équipementiers des sports de glisse en Aquitaine, Rip Curl a bénéficié d’un prédiagnostic conseillé par l’ADEME. L’élément déclencheur d’une vaste révision des pratiques de l’entreprise, qui surfe désormais sur la vague environnementale…
Tout a commencé par une collaboration entre la direction régionale Aquitaine de l’ADEME et EuroSIMA1, une association qui fédère 60 marques de glisse, pour la plupart basées dans la région. En 2005, l’ADEME propose à EuroSIMA de réaliser des prédiagnostics dans ses entreprises adhérentes. Une dizaine de sociétés ont ainsi été auditées, parmi lesquelles Rip Curl Europe, dont le siège se trouve à Hossegor (Landes). D’un montant de 750 euros, co-financé par l’ADEME et la région Aquitaine, le prédiagnostic a permis de mettre en place quelques premières mesures correctives dans ce site qui couvre 10 000 m2 et emploie près de 300 personnes : tri sélectif, achats plus responsables, pose d’économiseurs sur les robinets… « Quand l’ADEME nous a ensuite contactés pour nous proposer une démarche “Objectif énergie - 20 %”, nous avons tout de suite été enthousiastes. Cela donnait un cadre à notre volonté d’entreprise », commente Éric Dargent, responsable de l’environnement chez Rip Curl. Un audit énergétique a donc été mené fin 2006 pour un coût total de 9 300 euros, dont 50 % ont été pris en charge par l’ADEME et la région Aquitaine. « À la suite de cet audit, nous avons créé un open space au premier étage, alimenté en lumière par des puits de jour », raconte Éric Dargent. Autre changement : la mise en place d’une gestion centralisée de la climatisation réversible. Grâce à une utilisation plus rationnelle du chaud et du froid, l’entreprise a obtenu au bout de deux ans à peine un retour sur son investissement de départ, qui s’était élevé à plus de 6 000 euros.
Résultat global obtenu par l’entreprise : une baisse de 15 % de l’énergie consommée. Cette démarche a été le point de départ d’une prise de conscience plus vaste. Rip Curl Europe a ainsi lancé un « challenge carbone » auprès de ses employés. Au menu : incitation au covoiturage et aux voyages en train plutôt qu’en avion et mise à disposition de cinq vélos pour les petits déplacements autour du siège.
Éco-conception
Parce que Rip Curl est avant tout un concepteur et un distributeur de matériel de sport, sa démarche s’est ensuite portée sur le « point dur » de son activité : l’impact environnemental de ses produits. Par le biais des réunions de sensibilisation organisées depuis 2007 par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Landes et co-financées par l’ADEME, Rip Curl a pu prendre la mesure des actions que l’entreprise doit mettre en œuvre dans ce domaine. « Elles nous ont fait prendre conscience qu’il fallait harmoniser la durée de vie des différents composants d’un produit, observe Éric Dargent. Un exemple : il faut poser un zip de qualité irréprochable sur les boardshorts – maillots longs pour le surf – pour que ceux-ci durent plus longtemps… »
1. EuroSIMA : European surf industry manufacturers association. |