dessin de Chereau
  À NOTER  
 

Le travail de R & D sur le captage du CO2 par les liquides ioniques a fait l’objet d’une thèse qui bénéficie du soutien financier de l’ADEME.
Ce travail a été suivi par Nathalie Thybaud, en charge de la thématique captage et stockage du CO2 au département des Procédés industriels et agricoles.
Le signataire de la thèse, Dimitrios Almantariotis, appartient au Laboratoire thermodynamique et interactions moléculaires (université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand CNRS), de réputation mondiale dans le domaine du captage des gaz. Les travaux de cette équipe ont été récompensés par le prix des Techniques innovantes pour l’environnement, décerné lors du salon Pollutec 2008.

 
     
 

Recherche
Le CO2 capté par des liquides

Pour réduire les rejets de CO2 dans l’atmosphère, une technique, coûteuse et délicate, consiste à capter celui-ci à l’aide d’un solvant. Un axe de recherche se dirige vers l’utilisation de liquides ioniques, moins chers, moins dangereux pour l’environnement et plus performants.

Une part importante des émissions de gaz carbonique (CO2) impliquées dans le réchauffement climatique provient des industries qui brûlent des combustibles fossiles : centrales thermiques de production d’énergie, aciéries, cimenteries…
Elle représente environ 40 % des 396 Mt du CO2 rejeté annuellement dans l’atmosphère en France (source Citepa 2006). Pour réduire ces rejets, une option consiste à capter le CO2 dans les fumées industrielles avant de le stocker dans des formations géologiques. Les recherches menées dans ce domaine, avec le concours de l’industrie, visent à mettre au point des technologies répondant à deux critères clés : l’efficacité énergétique du captage et un coût acceptable.
Une partie de la recherche s’oriente vers l’amélioration des techniques de captage existantes, développées à l’oriine pour éliminer le CO2 dans le traitement du gaz naturel. Le captage se fait par exemple par absorption du gaz carbonique par un solvant. Le CO2 est ensuite séparé du solvant qui peut être réutilisé (régénération). Les procédés existants sont coûteux, consomment beaucoup d’énergie et utilisent des solvants dont les produits de dégradation peuvent être volatils et dont l’impact sur l’environnement doit être contrôlé. Les améliorations attendues portent sur le développement de solvants de 2e génération, moins énergivores et moins coûteux.
Parmi les voies d’exploration prometteuses, activement soutenues par l’ADEME, l’une concerne une nouvelle famille d’absorbants : les liquides ioniques, des milieux totalement ionisés qui présentent des points de fusion très bas, une grande stabilité thermique et qui restent liquides dans une large gamme de températures.
Le captage du CO2 par des liquides ioniques offre beaucoup d’avantages. Ces liquides n’exigent qu’une faible énergie de régénération, ce qui réduit sensiblement les coûts de captage. Les liquides ioniques ne s’évaporent pas et peuvent être considérés à ce titre comme des solvants « verts ». Enfin, il est possible de moduler leurs propriétés physico-chimiques pour améliorer leurs capacités de captage du CO2. La recherche sur les liquides ioniques devrait ainsi déboucher demain sur le développement de solutions industrielles innovantes.