terrain de 70 héctares en construction
Situé dans la zone urbaine de Trélazé (Angers Loire Métropole), le terrain de 170 hectares, ici en cours de déconstruction, comportait 40 bâtiments industriels, qui laisseront la place à un espace vert.

 
UNE OPÉRATION EXEMPLAIRE… SUR LE PLAN ENVIRONNEMENTAL ET ÉCONOMIQUE

 
     
 

Particulièrement innovante, la démarche a permis de réaliser d’importants gains sur le plan économique et environnemental. Ainsi, 99 % des déchets ont été recyclés, dont 900 tonnes de matériaux (métaux, bois, PVC) et… quelque 32 000 tonnes de déchets inertes concassés et utilisés pour les remblais. Une belle idée qui a fait économiser 35 % de l’investissement sur démolition et évité 253 845 euros d’achat de matériaux de remblais ! L’ensemble des travaux a coûté 475 000 euros, dont près de 50 000 euros pour l’audit et la maîtrise d’œuvre. L’ADEME a aidé au financement de l’audit préalable à hauteur de 17 150 euros.

 
 

 

Angers Loire Métropole
Valorisation, un site en exemple

Transformer un site industriel de 170 hectares en espace vert : pour cela, la communauté d’agglomération d’Angers a choisi de faire place nette en triant et valorisant les déchets produits par la déconstruction des bâtiments. Une manière exemplaire de recycler ou de réutiliser les déchets pour passer des entrepôts aux toboggans…

Angers Loire Métropole, la communauté d’agglomération d’Angers, mène une politique active de développement durable qui l’a conduite à racheter, à l’entreprise Les Ardoisières, un terrain de 170 hectares situé au cœur de la zone urbaine de la commune de Trélazé, sur lequel s’élèvent encore des bâtiments industriels.
Objectif : transformer le site en espace vert. « Il s’agissait à la fois de conforter la situation financière de l’entreprise et de créer pour les Angevins, sur un site exceptionnel, un vaste lieu de détente et de loisirs », explique Richard Bélé, urbaniste chez Angers Loire Métropole.
Un vaste chantier de démolition des 40 bâtiments existants a donc été engagé, pour lequel la Société d’aménagement de la région d’Angers (Sara) a été mandatée.
Sa particularité ? La méthode utilisée est exemplaire en matière d’environnement. « Habituellement, explique Richard Bélé, la pratique la plus courante est la démolition et l’évacuation. Là, nous avons opté pour la déconstruction, avec le tri et la valorisation des déchets inventoriés sur le site. » Une option qui, parce qu’elle réduit les déchets de façon significative, limite l’impact sur l’environnement. L’opération a donc logiquement bénéficié du soutien financier de l’ADEME.

99 % des matériaux recyclés ou réutilisés
Première étape indispensable : l’audit de déconstruction qui visait, au regard de la nature et de la quantité des matériaux, à étudier les différentes possibilités de valorisation et à estimer les coûts. Réalisé par un bureau d’études spécialisé, il a demandé quatre mois de travail. Quant aux travaux proprement dits, ils ont duré neuf mois. Le choix qui s’est imposé a été de réutiliser le plus possible les matériaux. Concrètement, les matériaux recyclables (bois, métaux, PVC) ont été valorisés vers des filières spécifiques. Les déchets spéciaux (fûts d’hydrocarbures, transfos à pyralène) ont été recensés et évacués en centre de classe 1. Les inertes (du béton, principalement) ont, eux, été réutilisés pour remblayer les fosses, ce qui a permis de réaliser des économies de transport et de CO2. Enfin, certaines matières (comme les schistes) ont été récupérées et reposées sur les remblais pour restituer l’esprit du paysage d’origine. Pour Dominique Birrien, de la délégation régionale Pays-de-la-Loire de l’ADEME, en charge du projet, « cette opération a été remarquable tant par l’étendue du site et le nombre de bâtiments concernés que par le taux élevé de recyclage des déchets et leur réutilisation directement sur le site ».