un homme en lévitation dans un rayon de supémarché

  À savoir  
 

Une étude Ethicity vient d’être réalisée en partenariat avec l’ADEME à l’occasion de la Semaine du développement durable. Basée sur des déclaratifs et des comportements, elle a été menée auprès d’un panel de 4 000 Français en mars 2009. Les résultats, non encore disponibles à l’heure où nous bouclons ce magazine, le sont sur le site Internet de l’ADEME depuis début avril. Pour mémoire, en 2008, les trois quarts des Français s’estimaient mal informés sur les conditions de fabrication des produits, et la moitié disaient ne pas savoir où acheter des produits responsables, ni les identifier. 75 % associaient consommation responsable et réduction de leur consommation.
Si les deux-tiers déclaraient avoir changé leurs comportements, seul 1 sur 10 affirmait acheter « régulièrement » des produits du commerce équitable, et 1 sur 4 des produits respectueux de l’environnement. 19 % étaient prêts à payer plus cher pour ce type de produits.

 
     
 

Consommation
Pour des achats allégés en CO2

La Semaine du développement durable, du 1er au 7 avril, a été placée sous le signe de la consommation durable. Un thème au cœur des actions de l’ADEME.

La lutte contre le changement climatique commence dans le panier à provisions. Il existe en effet une relation étroite entre la préservation de l’écosystème planétaire et la consommation quotidienne : non seulement nos produits d’achats courants utilisent des ressources de plus en plus rares, mais ils sont sources de pollutions et de CO2 à chaque étape de leur cycle de vie – production, transport, distribution, consommation, déchets.
Si nous voulons réduire notre empreinte écologique, nous devons agir sur tous les maillons de la chaîne. À commencer par l’acte d’achat : en choisissant des éco-produits – c’est-à-dire des produits qui, à service rendu identique, génèrent moins d’impacts sur l’environnement – chacun devient acteur d’une consommation plus durable.
Mais comment passer de l’idée à l’acte ? Selon Chantal Derkenne, sociologue au service Observation, Économie et Évaluation de l’ADEME, « les enquêtes montrent que la sensibilité aux enjeux environnementaux progresse. Mais la notion d’“éco-produit” est encore floue et, surtout, le réflexe d’achat reste le fait d’une petite minorité de consommateurs. » C’est pourquoi les politiques publiques doivent agir à plusieurs niveaux en même temps : « Il faut continuer de faire évoluer les normes sociales, pour sortir définitivement les éco-produits des images de produits chers ou pour “écolo barbu”. Renforcer les normes réglementaires, afin de pousser les distributeurs à développer l’offre d’éco-produits et aider les consommateurs à les choisir. Et, enfin, encourager l’achat individuel en incitant les consommateurs à modifier leurs habitudes. »

Prise de conscience collective
Trois niveaux d’action qui recoupent précisément les missions de l’ADEME. À travers sa communication grand public – par exemple lors de la Semaine du développement durable –, ses campagnes de prévention des déchets ou de promotion des produits à faible impact, l’Agence contribue à la prise de conscience collective des enjeux de la consommation responsable. « L’ADEME diffuse également son expertise sur l’information environnementale en analysant le bon usage des arguments environnementaux dans la publicité, précise Christine Cros, responsable du département Éco-conception et Consommation durable. Nous allons par ailleurs mettre en place un observatoire des éco-achats, afin de mieux comprendre leur évolution en regard de facteurs tels que le prix ou l’information consommateur. » Parallèlement, l’Agence agit sur l’offre en soutenant les démarches d’éco-conception. « Parce que les entreprises de production ou de distribution sont plus ou moins avancées dans ce domaine, notre palette d’outils va de l’information aux aides à la R & D, en passant par la formation et l’aide au diagnostic », explique Christine Cros. L’affichage écologique développé avec les professionnels (étiquette énergie, éco-label européen, label NF Environnement) joue quant à lui sur deux plans : il pousse les entreprises à améliorer la qualité écologique de leurs produits, tout en faisant le lien entre l’offre et la demande. « Beaucoup de consommateurs sont prêts à changer leurs habitudes, à condition de pouvoir appuyer leur choix sur une information claire et fiable. Au-delà des labels, nous préparons l’affichage environnemental qui deviendra obligatoire en 2011. »
Reste enfin le travail d’éducation et d’animation quotidien mené sur le terrain auprès des consommateurs. « Pour passer du discours aux actes, rien ne vaut l’information de proximité, les débats citoyens, les actions exemplaires sur les lieux de vente, affirme Chantal Derkenne. Cette action locale, essentielle, est du ressort des délégations régionale de l’ADEME et de leurs partenaires. »

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