Gestion des déchets

Pour ne pas réagir en catastrophe

L’ADEME est membre fondateur du Groupe d’expertise et d’intervention déchets, une association créée en 2006 pour promouvoir la bonne gestion des déchets en cas de désastre, venir en aide aux populations et protéger les écosystèmes menacés.

En décembre 2004, un séisme d’une ampleur exceptionnelle déclenche des déferlantes gigantesques dans l’océan Indien. Des raz-de-marée frappent l’Indonésie, le Sri Lanka, les côtes du sud de l’Inde, les Maldives, la Thaïlande, dévastant tout sur leur passage et causant la mort de dizaines de milliers de personnes.
« C’est à la suite de ce tsunami que Robin des Bois, l’association de protection
de l’homme et de l’environnement, a engagé une réflexion sur la gestion des déchets lors de catastrophes naturelles ou industrielles »,
rappelle Élisabeth Poncelet,
chargée de mission internationale à la direction Sols et déchets à l’ADEME.
Les travaux préparatoires à la création du Groupe d’expertise et d’intervention
déchets post-catastrophe (Geide) ont alors rassemblé différents acteurs spécialisés dans l’analyse, la gestion, la collecte, le traitement et le recyclage des déchets…
Autant d’aspects qui, après les opérations prioritaires d’assistance humanitaire,
ne sont pas suffisamment pris en compte et qui peuvent pourtant aggraver les conséquences sanitaires et environnementales de tels événements.

Prévenir les risques

En juin 2006, un an après les premières rencontres entre les participants, le Geide était officiellement né, avec pour membres fondateurs l’association Robin des Bois,
la Fédération de la récupération, du recyclage et de la valorisation (Federec),
la Fédération nationale des activités de dépollution et d’environnement (Fnade),
la Fédération nationale des syndicats de l’assainissement et de la maintenance industrielle (FNSA) et l’ADEME. « L’Agence met au service du Geide son expertise
dans le domaine des déchets et fédère les initiatives des divers participants (industriels, collectivités locales…) »,
souligne Élisabeth Poncelet.
La première mission du Geide a été d’élaborer des fiches et des guides pédagogiques pour prévenir les risques, avant l’arrivée d’une catastrophe, grâce à des gestes simples mais efficaces : ancrer les cuves de fioul au sol lors d’inondations imminentes ; installer des clapets antirefoulement sur les canalisations ; éviter le stockage
de produits radioactifs en sous-sol, en milieu hospitalier… Ces fiches sont rédigées selon les types de déchets à traiter et la nature de la catastrophe. Il s’agit finalement d’inclure les catastrophes naturelles ou industrielles potentielles dans les plans départementaux de gestion des déchets. « Nous souhaitons également intégrer les éco-organismes qui gèrent les DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) pour assurer la récupération de ces matériels endommagés par un désastre d’origine naturelle ou humaine, et pour conseiller l’administration sur les dérogations à accorder sur le traitement des déchets en cas de crise », complète Élisabeth Poncelet.

Réseau d'experts

Au-delà de la prévention, la vocation du Geide est en effet de porter secours aux populations et de protéger les écosystèmes menacés, en mobilisant un réseau d’experts auprès des acteurs de la sécurité civile : maires, pompiers, préfets, ONG d’assistance aux populations sinistrées, services de l’État… Dans un premier temps, le périmètre d’action du Geide est prioritairement concentré sur la France métropolitaine, les territoires et départements d’outre-mer ainsi que sur les pays limitrophes. Le Geide peut cependant répondre à la demande d’États plus éloignés. Une de ses premières missions a d’ailleurs consisté en l’envoi d’une équipe d’experts au Liban, en octobre 2006, sur le site d’une raffinerie touchée par un bombardement, évitant ainsi la conjugaison des catastrophes humaines et environnementales...

Opération pilote HQE

Autre axe de travail : l’efficacité énergétique. Concernant cette thématique, le Fonds régional de l’environnement de Poznan a proposé de monter une opération pilote de rénovation d’un bâtiment selon les principes de la démarche Haute Qualité Environnementale développée en France.
Enfin, un Espace Info-Energie doit être créé à Poznan sur le modèle de ceux existant en France. Poznan étant jumelée avec Rennes, ville dotée d’une agence locale de l’énergie particulièrement active, les liens entre les deux municipalités devraient se développer plus encore sur ces questions d’énergie et d’environnement, grâce au programme de coopération décentralisée en cours…