vue des toits de Paris à la tombée de la nuit
  À noter  
  L’Observatoire Écoloc a été créé par le BIPE (société d’études économiques et de conseil en stratégie) pour regrouper des acteurs et partenaires de l’écologie locale. Trois membres pléniers président depuis son origine à son développement : l’ADEME, la Caisse des Dépôts et le BIPE, qui en est également l’animateur et le bureau d’études. L’Association des maires de France en est partenaire depuis 2006. Les enquêtes récurrentes ont bénéficié d’une représentativité importante et croissante en termes de population couverte, passant de 5 millions d’habitants en 1992, à plus de 20 millions en 2001, pour atteindre 31 millions d’habitants à partir de 2002, soit 1 Français sur 2.

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Collectivités locales
Un nouveau regard sur l’environnement

L’évolution des politiques d’investissement des collectivités dans le domaine de l’environnement, vue à travers quinze ans d’enquêtes Écoloc.

Depuis sa création en 1992, l’Observatoire Écoloc témoigne de la prise en compte progressive des enjeux environnementaux par les collectivités locales. Grâce à son enquête annuelle portant sur les investissements réalisés à court et moyen termes, cet outil a permis de suivre l’évolution des priorités et des projets. Ainsi, l’analyse rétrospective de quinze années d’enquêtes met en évidence un élargissement historique de l’horizon d’action des collectivités et de leurs groupements. «Les tendances marquantes sur la période 1992-2006 vont toutes dans le même sens : celle d’une approche et d’une gestion plus globales des questions d’environnement, cohérente avec l’émergence de la notion de développement durable», souligne Corinne Carretero, en charge des partenariats publics à l’ADEME.
L’eau et les déchets, champs de compétence historiques des collectivités locales, sont restés les premières priorités d’investissement à moyen terme. Dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, l’accent est mis sur l’adaptation au renforcement des exigences réglementaires et sur l’amélioration des performances de gestion. S’agissant des déchets, plus de 90 % des collectivités se sont équipées en déchèteries, et la collecte sélective s’est généralisée. Des investissements importants restent toutefois à réaliser en matière de traitement, impliquant des arbitrages entre les types d’équipement (incinération, méthanisation, centre de stockage…), en fonction de critères de performance mais aussi d’acceptation par les populations.

Nouvelles priorités d’investissement
Parallèlement, les enquêtes confirment la montée en puissance de nouvelles priorités d’investissement. Aux thématiques liées à la protection du cadre de vie (nettoyage des rues, bruit, enfouissement des lignes…) et à la préservation du patrimoine écologique (protection des espaces naturels et de la biodiversité) s’ajoutent celles touchant aux enjeux énergétiques. «La progression rapide des investissements consacrés à la maîtrise de l’énergie, aux énergies renouvelables et aux transports propres, ces dernières années, reflète la prise de conscience des enjeux du changement climatique», commente Corinne Carretero.
La troisième grande tendance traduit un changement de regard des collectivités sur l’environnement. Non seulement les dépenses dans ce domaine ont fortement augmenté, mais elles tendent désormais à s’inscrire dans une gestion d’ensemble, et non plus «poste par poste». On passe en même temps d’une simple notion de dépense d’investissement à une logique de coût global d’un équipement ou d’un service sur sa durée de vie, intégrant les coûts de fonctionnement. Les collectivités se préoccupent d’optimiser l’existant, tout en optant pour des équipements neufs qui minimiseront les dépenses (entretien, maintenance, énergie) et les nuisances ultérieures.
De manière plus générale, agir pour l’environnement est de plus en plus considéré comme une opportunité plutôt que comme une contrainte. «L’affirmation de cette nouvelle vision de l’environnement a été soutenue par l’essor de l’intercommunalité», relève enfin Corinne Carretero. Comme le rappelle la synthèse des enquêtes Écoloc, le développement de nouvelles formes d’organisation territoriale a été un autre fait marquant de la période. «Au-delà des frontières administratives traditionnelles, les collectivités y ont trouvé des instruments à la bonne échelle pour appréhender certaines problématiques environnementales», conclut-elle.

 

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