panneaux solaires sur le toit d'un établissement scolaire
La mairie du Moule a fait installer 2 800 m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments municipaux.

  En chiffres  
     
 

• Les installations :
2 800 m2
de panneaux photovoltaïques répartis sur 10 bâtiments.
• Le coût d’investissement :
2 200 000 euros
, dont l’ADEME et le conseil régional ont financé 350 000 euros.
• Les gains développement durable :
4 500 tonnes de CO2 évitées en 20 ans, l’équivalent des émissions de 2 290 voitures parcourant chacune 15 000 km.
• Et demain ? La commune du Moule envisage de poursuivre l’expérience en installant de nouveaux panneaux photovoltaïques sur un hectare. «Notre première expérience a été un succès, détaille Jean-Claude Tinedor. La preuve : nous sommes cités partout en exemple. À présent, nous voulons aller encore plus loin dans la maîtrise de l’énergie et l’utilisation des énergies renouvelables. Parce que notre avenir dépend des choix que nous faisons aujourd’hui.»

 
 
 

 

Guadeloupe
Jour et nuit, le soleil donne

Pour produire de l’électricité, la mairie de la commune du Moule a équipé de panneaux solaires les toits des bâtiments municipaux, en partenariat avec un installateur privé. La solution est économique, et le soleil généreux.

La Guadeloupe bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel qui ne demande qu’à être exploité. Un constat qui n’a pas échappé à la mairie du Moule, commune située au nord-est de l’île : celle-ci a profité de l’achèvement de son contrat de délégation en 2005 pour revoir totalement la gestion de son éclairage public. «Nous voulions nous engager dans une démarche de développement durable tout en réduisant notre facture énergétique», explique Jean-Claude Tinedor, directeur de la Commande publique et de l’Aménagement du territoire de la commune du Moule. La meilleure réponse résidait dans l’énergie solaire qui offre l’avantage d’être renouvelable et de ne pas émettre de gaz à effet de serre. L’option retenue a donc été la pose de panneaux photovoltaïques. En tout, la mairie a fait installer sur les toits des bâtiments municipaux (écoles, bibliothèques, bâtiments techniques) 2 800 m2 de panneaux solaires, qui assurent la production de 390 MWh par an. Le rôle de l’ADEME, qui accompagne depuis le début des années 1990 la majorité des projets de développement du solaire photovoltaïque en Guadeloupe, a été double : un soutien financier important ainsi qu’un contrôle technique et administratif du projet réalisé ici par BP Solar, une entreprise que l’ADEME connaît bien.
L’acquisition des panneaux restant coûteuse malgré les aides, la ville a eu la bonne idée de louer pendant dix ans les toits de ses bâtiments publics à un installateur solaire, en l’occurrence Apex BP Solar, qui revendra à EDF sa production d’électricité. En retour, Apex BP Solar s’engage, au terme de ces dix ans, à céder les panneaux à la commune en parfait état de marche.

  panneaux solaires sur le toits d'un établissement scolaire
   

À la recherche d’énergies renouvelables
«Un partenariat gagnant-gagnant, se réjouit Jean-Claude Tinedor, qui va engendrer une économie de près de 100 000 euros par an !» Le projet est exemplaire à plus d’un titre. D’abord parce que c’est la première fois qu’une commune de Guadeloupe s’associe à un partenaire privé pour réaliser ce type d’opération. «Cela ouvre de nouveaux modèles de développement économique pour les autres communes», souligne Odyle Espaignet-Batta, de la délégation régionale Guadeloupe de l’ADEME, qui a suivi le projet. Ensuite parce que cette opération a été associée à une réflexion sur l’isolation thermique des bâtiments : en augmentant l’épaisseur des toits, l’installation des panneaux limite leur chauffe et réduit donc considérablement les besoins en énergie pour la climatisation. Enfin, parce que le projet se double d’une mission pédagogique. Dans les écoles, des panneaux ont été installés pour communiquer en temps réel le volume d’électricité et les gains en CO2.
«Notre projet vise à expliquer aux enfants le sens de notre démarche et à les sensibiliser sur le réchauffement climatique. Pour en faire plus tard des consommateurs avisés», ajoute Jean-Claude Tinedor.