ÉTUDE
Pour le savoir, l'ADEME
a fait réaliser un sondage par IPSOS en juillet
2004 auprès d'un échantillon représentatif
de la population française (995 personnes interrogées
par téléphone). Les avis sont très
partagés. Pour 33 % des réponses fournies,
"consommer mieux", c'est d'abord prendre
en compte le facteur santé et donc privilégier
les produits frais ou issus de l'agriculture biologique.
Presque autant de réponses (31 %) mettent l'accent
sur la qualité et par conséquent sur
les produits ayant un bon rapport qualité/prix
ou de qualité supérieure. Pour 29 %,
cela passe par la préoccupation du coût,
c'est-à-dire qu'il s'agit d'acheter des produits
peu chers, et seulement ceux dont on a besoin, ou
directement chez le producteur. Seules 10 % des réponses
fournies renvoient la notion de "consommer mieux"
à l'achat de produits respectueux de l'environnement,
issus du commerce équitable ou économes
en énergie. « Ce chiffre est réducteur,
estime Chantal Derkenne du service économie
de l'ADEME, car la préoccupation "environnement"
n'est jamais loin de la préoccupation santé.
Ce sondage confirme la logique selon laquelle les
Français réagissent d'autant plus fortement
à la dégradation de l'environnement
que celle-ci peut affecter leur santé.
» Le sondage montre aussi qu'il est nécesaire
de dissiper des idées reçues quant au
coût des produits respectueux de l'environnement.
63 % des personnes interrogées estiment en
effet que ces produits sont plus chers parmi celles-ci,
une proportion encore forte impute les surcoûts
aux politiques de marketing des industriels ou des
enseignes. De plus, à l'exception des produits
bio et économes en énergie, les écoproduits
manquent de lisibilité. Plus de la moitié
des sondés trouvent qu'il est difficile de
reconnaître dans les rayons les produits recyclables,
labellisés ou sans emballage inutile. «
Même si une autre enquête récente
montre que la notoriété du label NF-Environnement
a doublé en quatre ans, passant de 5 à
10 %, il reste encore beaucoup à faire pour
faciliter la reconnaissance de ces produits »,
ajoute Chantal Derkenne. Cependant, 53 % des personnes
interrogées estiment que leur manière
de consommer a un impact négatif sur l'environnement.
« C'est un constat encourageant. II traduit
une prise de conscience partagée par un grand
nombre de Français de l'importance que revêtent
les choix de consommation », conclut Chantal
Derkenne.
|