Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 99 / décembre-janvier 2005 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Que signifie "consommer mieux"
pour les Français ?

Un sondage d'opinion récent montre que les Français sont intéressés par cette notion. Mais celle-ci, un peu "fourre tout", renvoie à des contenus très différents.

ÉTUDE


Pour le savoir, l'ADEME a fait réaliser un sondage par IPSOS en juillet 2004 auprès d'un échantillon représentatif de la population française (995 personnes interrogées par téléphone). Les avis sont très partagés. Pour 33 % des réponses fournies, "consommer mieux", c'est d'abord prendre en compte le facteur santé et donc privilégier les produits frais ou issus de l'agriculture biologique. Presque autant de réponses (31 %) mettent l'accent sur la qualité et par conséquent sur les produits ayant un bon rapport qualité/prix ou de qualité supérieure. Pour 29 %, cela passe par la préoccupation du coût, c'est-à-dire qu'il s'agit d'acheter des produits peu chers, et seulement ceux dont on a besoin, ou directement chez le producteur. Seules 10 % des réponses fournies renvoient la notion de "consommer mieux" à l'achat de produits respectueux de l'environnement, issus du commerce équitable ou économes en énergie. « Ce chiffre est réducteur, estime Chantal Derkenne du service économie de l'ADEME, car la préoccupation "environnement" n'est jamais loin de la préoccupation santé. Ce sondage confirme la logique selon laquelle les Français réagissent d'autant plus fortement à la dégradation de l'environnement que celle-ci peut affecter leur santé. » Le sondage montre aussi qu'il est nécesaire de dissiper des idées reçues quant au coût des produits respectueux de l'environnement. 63 % des personnes interrogées estiment en effet que ces produits sont plus chers parmi celles-ci, une proportion encore forte impute les surcoûts aux politiques de marketing des industriels ou des enseignes. De plus, à l'exception des produits bio et économes en énergie, les écoproduits manquent de lisibilité. Plus de la moitié des sondés trouvent qu'il est difficile de reconnaître dans les rayons les produits recyclables, labellisés ou sans emballage inutile. « Même si une autre enquête récente montre que la notoriété du label NF-Environnement a doublé en quatre ans, passant de 5 à 10 %, il reste encore beaucoup à faire pour faciliter la reconnaissance de ces produits », ajoute Chantal Derkenne. Cependant, 53 % des personnes interrogées estiment que leur manière de consommer a un impact négatif sur l'environnement. « C'est un constat encourageant. II traduit une prise de conscience partagée par un grand nombre de Français de l'importance que revêtent les choix de consommation », conclut Chantal Derkenne.




© R.Bourguet / ADEME

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