Lors
de la conduite de ces projets, les maîtres d’ouvrage sont amenés
à prendre des décisions concrètes en termes d’énergie
et d’environnement : choix de l’énergie de desserte, conception
des espaces extérieurs et du bâti, réponses aux besoins de
mobilité... « L’intérêt de l’ AEU réside
dans la prise en compte simultanée de l’ensemble des préoccupations
environnementales. La transversalité et la globalité de la réflexion
proposée facilitent les arbitrages et préservent la cohérence
des projets », souligne Sophie Debergue du département bâtiment
et urbanisme de l’ADEME. Une réflexion d’autant plus efficace
qu’elle est engagée très en amont, lorsqu’il est encore
possible de discuter de choix fondamentaux telles que l’orientation des
parcelles, le tracé des infrastructures de transport ou l’extension
d’un réseau de chaleur.
Le contexte réglementaire
Depuis l’initiation de l’AEU
par l’ADEME en 1996, l’environnement et le développement durable
sont au coeur du dispositif réglementaire rénové avec la
LOADT et surtout la SRU (Loi solidarité et renouvellement urbain) et les
outils de planification locale (SCOT et PLU) qui imposent désormais, de
façon prescriptive dans les PADD (Programme d’aménagement
et de développement durable), d’intégrer les enjeux du développement
durable.
En
quoi consiste l’AEU ?
L’AEU propose aux maîtres
d’ouvrage (collectivités locales, acteurs immobiliers publics et
privés) et aux patriciens de l’aménagement et de l’urbanisme
une aide à la décision et un accompagnement de projet. Elle débute
par un diagnostic pluridisciplinaire portant sur les impacts liés aux projets,
l’évaluation des besoins à venir, l’identification des
enjeux environnementaux locaux... Suivent des préconisations permettant
de répondre aux objectifs du projet tout en tenant compte des enjeux environnementaux
et énergétiques. Celles-ci doivent être opérationnelles
et intégrables dans les documents contractuels. L’AEU permet aussi
d’identifier les problématiques nécessitant des investigations
complémentaires à mener par des spécialistes. L’assistance
à la conduite de projet passe par l’animation de groupes de travail
réunissant des représentants associatifs ou des collectifs d’habitants,
et de réunions publiques de concertation.
Les problématiques traitées
Choix énergétiques,
gestion des déchets, sites et sols pollués, organisation des déplacements,
environnement climatique, environnement sonore, gestion de l’eau…
sont autant d’aspects pris en compte par l’AEU, les thèmes
à traiter en priorité étant déterminés en fonction
du projet étudié et des enjeux locaux. L’AEU offre ainsi différentes
options stratégiques ou techniques aux maîtres d’ouvrage et
permet d’effectuer d’éventuels arbitrages entre des choix d’aménagement
et les objectifs environnementaux. « C’est un moyen d’anticiper
les problèmes à venir, voire de contribuer à une meilleure
gestion environnementale à l’échelle d’un territoire
en associant au bon moment une pluralité d’acteurs aux compétences
diversifiées », précise Sophie Debergue.
Une démarche souple
L’AEU s’intègre dans
toutes les procédures d’aménagement : lors des études
préalables (PADD notamment), lors de la définition du programme
d’aménagement ou du cahier des charges de consultation… En
élargissant l’analyse d’un projet aux préoccupations
environnementales, elle n’a pas pour vocation de se substituer aux processus
locaux, mais d’enrichir les réflexions de l’ensemble des acteurs
et d’apporter globalement une plus value environnementale aux projets.
Des formations et des guides
« C’est grâce
à la multiplication des initiatives et à la mise en commun des savoir-faire
que l’AEU progressera », souligne Sophie Debergue. Déjà
les actions de sensibilisation et de formation des élus et des praticiens
menées par l’ADEME en 2003/2004 en Aquitaine, Centre, Pays de la
Loire, et Poitou Charente ont porté leurs fruits. Elles devraient être
étendues au niveau national, notamment en vue de constituer des réseaux
de compétences. En 2005, l’ADEME complétera le dispositif
avec le guide de l’AEU et ses cahiers thématiques.