AGRORESSOURCES
500tonnes en 1990, plus
de 400 000 tonnes aujourd’hui : la capacité
mondiale de production des polymères biodégradables
est passée à l’échelle
industrielle. Alors que les matières plastiques
traditionnelles engendrent des déchets difficiles
à éliminer, les plastiques biodégradables
se décomposent sous l’effet des micro-organismes
et concourent ainsi à la réduction de
la pollution des sols et de l’air. Près
de 90 % des polymères biodégradables
produits actuellement sont issus de ressources renouvelables
(d’origine agricole ou bactérienne, synthétique...),
les 10 % restants étant d’origine
pétrochimique. La capacité de production
ne représente cependant que 0,17 % du marché
mondial des plastiques, en grande partie car leur
prix reste 2 à 3 fois supérieur à
celui des polymères conventionnels. «
Ce prix est appelé à baisser grâce
à de nouvelles technologies simples et intégrées
de transformation directe d’une matière
végétale (maïs, pulpe de betterave…).
Le manque de normes pénalise également
la filière. Mais différents chantiers
de normalisation sont en cours : l’un est européen
et concerne la biodégradabilté des plastiques
; l’autre, français (AFNOR) et soutenu
par l’ADEME, porte sur les matériaux
biodégradables pour l’agriculture »,
déclare Hilaire Bewa, du département
bioressources de l’ADEME. Les performances techniques
de ces polymères progressent grâce aux
recherches menées, notamment sur la durabilité,
les propriétés physiques... dont certaines
sont co-financées par le programme AGRICE*.
Les polymères biodégradables ont commencé
à pénétrer certains secteurs.
C’est le cas des films pour paillage agricole,
des sacs de collecte de déchets verts et organiques,
des sacs de sortie de caisse. Le marché de
l’emballage ménager et de la restauration
a vu apparaître des barquettes, des films transparents…
« Avant de procéder à tout
remplacement d’un polymère conventionnel
par un polymère biodégradable, il est
indispensable d’envisager sa valorisation biologique,
précise Hilaire Bewa. En termes de gestion
des déchets, l’intérêt des
biodégradables n’est avéré
que s’il existe une filière de compostage
ou de méthanisation précédée
d’un tri sélectif. »
* Coordonné par l’ADEME, ce programme a pour objet l’animation, le financement, le suivi et l’évaluation des programmes de R&D sur les nouvelles valorisations des produits d’origine agricole dans les domaines de l’énergie, de la chimie et des matériaux.
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