Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 97 / juin-juillet 2004 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Limiter les impacts de la climatisation

Un recours systématique à la climatisation en période de forte chaleur aurait de graves conséquences sur l’environnement. Il est donc souhaitable de développer des solutions alternatives et, lorsque la climatisation est indispensable, d’orienter les choix vers les équipements les plus performants.

BÂTIMENTS
L
a crise sanitaire majeure provoquée par la canicule de l’été dernier suscite de nombreuses interrogations sur les modes de conception et d'utilisation des bâtiments en périodes très chaudes. « Les réponses à apporter pour limiter les effets des canicules doivent être modulées afin d'éviter tout recours systématique à la climatisation », explique Michel Carré, du département bâtiment et urbanisme de l’ADEME.

Des solutions plus économes en énergie
Des solutions pour un confort d’été sans climatisation, souvent complémentaires, sont envisageables. Elles consistent notamment à réduire au maximum les apports internes d’énergie (utilisation de matériels informatiques peu énergivores, de systèmes d’éclairage performants) et à installer des protections solaires… De plus, des solutions de rafraîchissement consommant peu d’énergie existent déjà. Il s’agit des systèmes d’humidification de l’air, des planchers et plafonds avec circulation d’eau froide et de la surventilation diurne et nocturne par apport d’air frais extérieur. Pour favoriser la diffusion de ces solutions et permettre aux architectes et aux bureaux d’études d’envisager l’une d’elles, le CSTB vient de publier un guide de faisabilité et de pré-dimensionnement, en partenariat avec l’ADEME et l'école des Mines de Paris. De nouvelles solutions techniques (systèmes de stockage de chaleur, de vitrages à propriétés variables…) ainsi que de nouveaux modes de conception des bâtiments (à forte inertie, à double peau ventilée…) sont en train d’émerger.

Une climatisation plus performante
« Pour quelques établissements (hôpitaux, maisons de retraite…), la climatisation peut s'avérer indispensable en termes de sécurité des personnes, souligne Michel Carré. C’est pourquoi nous travaillons sur des outils d'aide à la décision des maîtres d'ouvrage afin d'orienter les choix vers des systèmes énergétiquement et environnementalement performants, une fois prise en compte une bonne protection des parois vitrées. » La conception d’un diagnostic énergétique pour le confort d’été des bâtiments est en cours. Il permettra, grâce à des outils de calcul, de déterminer si l’installation existante est adaptée aux besoins et de proposer des axes d’amélioration à moindre coût énergétique et environnemental.

Le renforcement des réglementations
« Les exigences en matière de réglementation thermique seront durcies avec les RT 2005 et 2010, notamment en ce qui concerne les consommations maximales d’énergie pour les bâtiments climatisés et l’usage de produits certifiés », précise Michel Carré.





Store de protection solaire.
© L. Perquis / ADEME


 Conséquences énergétiques et environnementales
À l’horizon 2012, dans un scénario “laisser-faire”, les surfaces climatisées dans le tertiaire bondiraient de 171 Mm2 à 350 Mm2 et les consommations d'énergie de 10 TWh à 13 TWh. On aggraverait ainsi les émissions de CO2 et l’effet de serre. Les pertes de fluides frigorigènes,engendrées par les systèmes de climatisation,constituent un risque environnemental majeur :il s’agit en effet de gaz à fort potentiel à effet de serre,1 700 fois plus élevé que celui du CO2.

L’ADEME a réalisé un guide pratique grand public sur “Le confort d’été”.
Il est consultable sur le site : www.ademe.fr

 CONTACT    Michel Carré
Tél. : 04 93 95 79 45
michel.carre@ademe.fr