Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 97 / juin-juillet 2004 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Les Français et l’environnement

Au fil des ans, la sensibilité des Français à l’environnement croît.
Mais les résistances au changement de comportement individuel sont encore fortes.

ENQUÊTE
B
aromètres annuels sur la maîtrise de l’énergie, sur la consommation des écoproduits et la gestion des déchets, sur les représentations sociales de l’effet de serre, sondage auprès des parlementaires, mémoire de sociologie sur les usages de l’eau chaude ont constitué autant de sources d’informations collectées en 2003 et sur lesquelles s’est appuyée l’ADEME pour réaliser une synthèse « Les Français et l’environnement : état des opinions et des pratiques ».
Il en ressort notamment que 54 % des Français se disent soucieux de la pollution, principalement celle de l’eau et de l’air. Une préoccupation qui talonne le chômage.Manifestement, la sensibilisation à l’environnement est une préoccupation solidement ancrée dans l’esprit des Français. Ils sont, par exemple, de plus en plus nombreux, à pouvoir parler de l’effet de serre, même si la définition qu’ils en donnent reste confuse. Ils sont aussi 88 % à estimer que le tri sélectif est une tendance de fond. « Cela s’explique par le fait que les personnes ont été massivement sensibilisées au tri des déchets et qu’ils l’associent à un acte de citoyenneté. A contrario, ils sont moins soucieux de la consommation d’énergie parce que l’énergie est invisible, non palpable et que beaucoup d’usages de l’énergie sont routiniers », constate Chantal Derkenne, du service économie de l’ADEME. Les Français manifestent cependant des réserves devant l’éventualité de devoir modifier leurs comportements ou de restreindre leur niveau de consommation. Chantal Derkenne analyse les causes de résistance : « Nous nous trouvons dans une société de confort, prête à des efforts, mais à condition que cela n’entrave ni notre porte-monnaie ni notre bienêtre ». Il existe cependant des leviers possibles. « Pour changer le mode de vie des Français, nous devons travailler sur leurs comportements, non pas en les culpabilisant, mais en leur donnant des idées simples à appliquer au quotidien. Il faut aussi jouer sur l’éducation du consommateur : l’étiquette énergie en est un bon exemple », explique Chantal Derkenne. Cette dernière estime aussi que « sensibiliser les Français sur les incidences pour les générations futures constitue un argument de poids. »



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