| ENQUÊTE
Baromètres annuels
sur la maîtrise de
l’énergie, sur la
consommation des écoproduits
et la gestion des
déchets, sur les représentations
sociales de l’effet de
serre, sondage auprès des
parlementaires, mémoire
de sociologie sur les usages
de l’eau chaude ont constitué
autant de sources d’informations
collectées en 2003
et sur lesquelles s’est appuyée
l’ADEME pour réaliser une
synthèse « Les Français et
l’environnement : état des
opinions et des pratiques ».
Il en ressort notamment que
54 % des Français se disent
soucieux de la pollution,
principalement celle de l’eau
et de l’air. Une préoccupation
qui talonne le chômage.Manifestement, la sensibilisation
à l’environnement est
une préoccupation solidement
ancrée dans l’esprit des
Français. Ils sont, par exemple,
de plus en plus nombreux, à
pouvoir parler de l’effet de
serre, même si la définition
qu’ils en donnent reste
confuse. Ils sont aussi 88 % à
estimer que le tri sélectif est
une tendance de fond. « Cela
s’explique par le fait que les
personnes ont été massivement
sensibilisées au tri des déchets et
qu’ils l’associent à un acte de
citoyenneté. A contrario, ils sont
moins soucieux de la consommation
d’énergie parce que l’énergie
est invisible, non palpable et que
beaucoup d’usages de l’énergie
sont routiniers », constate
Chantal Derkenne, du service
économie de l’ADEME. Les Français manifestent cependant
des réserves devant
l’éventualité de devoir modifier
leurs comportements ou de
restreindre leur niveau de
consommation.
Chantal Derkenne analyse les
causes de résistance : « Nous
nous trouvons dans une société de
confort, prête à des efforts, mais à
condition que cela n’entrave ni
notre porte-monnaie ni notre bienêtre ». Il existe cependant des
leviers possibles. « Pour changer
le mode de vie des Français, nous
devons travailler sur leurs
comportements, non pas en les
culpabilisant, mais en leur
donnant des idées simples à appliquer
au quotidien. Il faut aussi
jouer sur l’éducation du consommateur
: l’étiquette énergie en est
un bon exemple », explique
Chantal Derkenne. Cette
dernière estime aussi que
« sensibiliser les Français sur
les incidences pour les générations
futures constitue un argument
de poids. » |