Par
transport combiné, on entend la combinaison d'au
moins deux modes de transport dont la plus grande partie
du trajet s'opère par chemin de fer, voie navigable
ou voie maritime, le parcours routier étant le
plus court possible.
Des
enjeux environnementaux forts
Avec près de 60 millions de tonnes rejetées
dans l'atmosphère, les camions de marchandises
contribuent fortement aux émissions de CO2. Du
fait de son efficacité énergétique
3 à 4 fois supérieure au transport routier,
le transport combiné participe à la réduction
de ces émissions. En outre, il permet de réduire
l'encombrement des réseaux routiers et de limiter
la dépendance vis-à-vis du pétrole.
« Depuis plusieurs années, l'ADEME
et ses partenaires participent à la promotion
et au développement du transport combiné
auprès de l'ensemble des acteurs concernés.
En mars 2003, un nouveau dispositif d'aides, validé
par la Commission européenne et plus incitatif,
a été mis en place »,
souligne Gérald Lalevée, du département
organisation des transports de l'ADEME.
Des
aides à l'investissement
Les aides à l'investissement portent sur l'acquisition
de matériels : caisses mobiles, châssis,
matériels de transbordement… Les entreprises
peuvent bénéficier d'une aide maximale
de 20 % (25 % pour les nouveaux accédants).
Cette subvention est accordée soit par les délégations
régionales de l'ADEME, soit dans le cadre du
contrat TOP 2 financé par EDF, le ministère
de l'équipement, des transports, du logement,
du tourisme et de la mer, et l'ADEME. D'autres aides
sont proposées par l’Agence dans le cadre
d'opérations de démonstration ou d'opérations
exemplaires de transfert modal.
Des
soutiens aux études de faisabilité
En amont, une aide financière peut être
octroyée pour la réalisation d'études
de faisabilité. Concernant les transporteurs,
celles-ci portent sur les aspects commerciaux (étude
de marché), organisationnels (recherche de partenaires
pour assurer une chaîne de transport complète),
financiers (investissements, impacts sur le résultat
d'exploitation…) et peuvent comporter une estimation
de la réduction des émissions de CO2 qui
résulterait du passage au transport combiné.
Quant aux chargeurs, ces études leur permettent
d'identifier les flux et de mesurer les impacts financiers.
Dans les deux cas, le taux d'aide est de 50 %,
avec un coût des études plafonné
à 75 000 euros.
Une
compétitivité accrue
Cette technique présente de nombreux avantages
pour les transporteurs routiers, comme en témoigne
TAB, société héraultaise qui recourt
au transport combiné pour l’acheminement
de meubles, de produits alimentaires…. Via un
opérateur ferroviaire privé (T3M), elle
affrète tous les jours deux trains entre Paris
et Milan (un dans chaque sens).
« Ce
sont ainsi 60 poids lourds en moins sur les routes chaque
jour. Nous diminuons les coûts de carburant, de
pneumatiques, d'entretien du matériel roulant…,
ce qui nous rend plus compétitifs. De plus, les
risques d'accidents sont réduits »,
assure Jean-Claude Brunier, PDG de TAB. Pour les chargeurs,
ces nouvelles solutions logistiques garantissent le
respect des réglementations routières
et sociales, et offrent plus de sécurité
pour l'acheminement des marchandises dangereuses ou
de forte valeur.