Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 94 / Octobre-novembre 2003 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Recyclage des pneus usagés : le tournant

À partir de fin 2003, les producteurs devront collecter les pneus usagés pour les valoriser ou les détruire. La société Aliapur, créée par les sept principaux manufacturiers, est chargée d’organiser la filière. Enjeu prioritaire : trouver de nouveaux débouchés de valorisation.

DÉCHETS
O
rganiser la collecte et le traitement des pneus usagés, tel est l’objectif du décret du 24 décembre 2002 qui entrera en vigueur le 29 décembre 2003. En 2002, une part significative des 390 000 tonnes de pneus usagés produits en France a été valorisée (rechapage, combustion avec récupération d’énergie, transformation en granulat et poudrette pour la fabrication de sols souples…). « Il reste que les conditions de valorisation doivent être améliorées. Beaucoup de pneus usagés ont encore une destination mal identifiée ce qui a multiplié ces dernières années le nombre de sites de stockage non contrôlés présentant des risques en cas d’incendie », souligne Eric Lecointre de la direction de l’industrie de l’ADEME.
Les distributeurs seront désormais tenus de reprendre gratuitement les pneus usagés. Charge aux producteurs et aux importateurs de les collecter, dans la limite de leurs ventes annuelles, chez ces distributeurs et autres “détenteurs” professionnels, mais aussi auprès des communes procédant à la collecte sélective des pneus usagés ; puis de les valoriser dans des installations agréées. Quant aux stocks actuels, leurs “détenteurs” devront les éliminer à leurs frais dans un délai de cinq ans.
Les sept principaux manufacturiers ont créé, début 2002, Aliapur. « La mission d’Aliapur est d’organiser efficacement la filière de collecte et de valorisation et de la gérer au meilleur coût », explique Eric Fabiew, son directeur général. L’un des principaux enjeux de cette société sera de relier les gisements de pneus usagés aux valorisateurs. « Nous allons également développer de nouvelles voies de valorisation, le maillon faible de la filière étant actuellement l’insuffisance des débouchés », précise Eric Fabiew. Un problème sur lequel l’ADEME travaille depuis de nombreuses années en apportant un soutien aux études de faisabilité et aux investissements d’installations de valorisation. Elle a aussi financé des études de marché et lancé début 2003 un appel à projets de R&D pour faire émerger de nouvelles filières de valorisation (huit projets ont été retenus).




 CONTACT  Eric Lecointre
Tél. : 02 41 91 40 31
eric.lecointre@ademe.fr