| TRANSPORT
Une succession d’études sur les
particules de combustion automobile et leurs dispositifs
d’élimination a été menée
par l’ADEME pendant sept ans. Elle comportait
deux volets. Premier volet, un programme de recherche
centré sur la caractérisation physico-chimique
des particules d’origine automobile conduit dans
le cadre du PREDIT* et visant à réduire
à la source les émissions de particules
en agissant sur les paramètres “moteur”
(recirculation des gaz brûlés, pression
d’injection, qualité des carburants…).
Deuxième volet, un programme d’évaluation
des performances des systèmes de filtration sur
quatre types de véhicules (bus, camions, bennes
à ordures ménagères et voitures
particulières) réalisé en laboratoire
et sur des flottes existantes, avec de nombreux partenaires
: Peugeot Parc Alliance, la Compagnie de Taxis G7 et
l’IFP (pour les voitures particulières)
; l’Utac**, la RATP, les groupes Connex et Transdev
et plusieurs villes (pour les bus) ; l’Utac et
le Creed*** (pour les BOM) ; l’Utac et Intermarché
(pour les poids lourds).
Un enjeu sanitaire majeur
Le moteur Diesel a des rendements supérieurs,
donc des émissions de CO2 plus faibles, que le
moteur à essence. On le trouve sur les véhicules
lourds (camions, bus…) et il connaît un
développement croissant sur les véhicules
légers (50 % du parc roulant de véhicules
particuliers et 63 % des ventes en 2002), ce qui pose
un problème préoccupant de santé
publique en milieu urbain. Malgré les avancées
technologiques et le durcissement de la réglementation,
ses émissions de particules et d’oxydes
d’azote restent importantes. Tout particulièrement,
les particules qu’il émet sont constituées
d’une chaîne de carbones sur lesquels viennent
se greffer d’autres polluants comme le benzène
et les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques)
suspectés d’être cancérigènes.
Une moindre pollution et la fiabilité
au rendez-vous
Principal enseignement du programme d’études,
qui vaut pour l’ensemble des véhicules
: les filtres à particules permettent de réduire
de 90 % les émissions de particules. « Pour
les taxis par exemple, les niveaux d’émissions
sont très en deçà des limites fixées
par la norme Euro 3 (voir encadré), précise
Gabriel Plassat du département technologies des
transports de l’ADEME. La pollution particulaire
des véhicules équipés de FAP a
été ramenée à un niveau
comparable à celle des moteurs à essence. »
Les FAP ont également fait preuve de fiabilité
lors des douze à dix-huit mois pendant lesquels
les bus, les camions et les taxis ont été
suivis. Par contre, pour les BOM qui circulent trop
lentement pour permettre une combustion correcte des
particules retenues dans le filtre, aucun des filtres
testés ne s’est avéré suffisamment
fiable.
En règle générale, l’efficacité
des filtres dépendra de leurs conditions d’utilisation
et d’un entretien de qualité : pour les
véhicules légers, démontage-nettoyage
à 120 000 km ; pour les bus, une fois par an
; pour les poids lourds, tous les six mois. Avant d’équiper
un véhicule lourd d’un FAP, il est recommandé
de faire des mesures afin de s’assurer que la
température des gaz d’échappement
est suffisante pour brûler les particules. L’équipement
de camions et de bus en FAP représente un surcoût
de l’ordre de 5 000 à 7 000 euros.
Les aides de l’ADEME pour l’équipement
des bus en FAP référencés se poursuivent
et viennent d’être étendues aux poids
lourds urbains. « Les FAP présentent
un bon rapport coût/efficacité et constituent
une première étape pour la dépollution
des motorisations Diesel. En 2004, une étude
visant la mise au point des procédés de
traitement des oxydes d’azote (NOx) compatibles
avec les filtres sera lancée »,
conclut Gabriel Plassat.
* PREDIT : Programme de recherche et d’innovation
dans les transports terrestres
** Utac : Union technique de l’automobile, du
motocycle et du cycle
*** Creed : Centre de recherche pour l’environnement,
l’énergie et le déchet de VEOLIA-Environnement |