Produire
21 % de son électricité (contre 15 %
aujourd’hui) grâce aux énergies renouvelables
d’ici 2010, c’est l’objectif fixé
à la France par la directive européenne
du 27 septembre 2001. Cela passe par l’installation
de 5 000 à 10 000 éoliennes,
dont la capacité totale dépasserait les
10 000 MW, soit cinquante fois plus qu’aujourd’hui.
Un
a priori favorable
L’opinion des Français vis-à-vis
de l’énergie éolienne est favorable,
comme le montre un sondage réalisé en
2003, à la demande de l’ADEME : 80 % de
personnes interrogées jugent positif son développement
sur le territoire français ; plus elles sont
proches d’installations existantes, moins les
inconvénients sont estimés importants.
Sondage consultable sur le site : www.ademe.fr,
rubrique énergies renouvelables
Informer
les riverains
Il n’empêche, au niveau local, les projets
éoliens entraînent souvent de vifs débats
et des blocages qui peuvent aboutir à leur retrait.
« Pour obtenir l’acceptation d’un
projet par la population, il est indispensable de prendre
en compte l’intégration des éoliennes
dans leur environnement et d’informer à
temps les riverains », constate Reynald
Bavay de la Direction du bâtiment et des énergies
renouvelables de l’ADEME.
Favoriser
la concertation
Dans ce contexte, l’ADEME, qui apporte des conseils
en amont, a conçu un guide de concertation intitulé
“Outil d’insertion sociale et territoriale
des éoliennes” (ISTE) en s’appuyant
sur des exemples concrets de réalisations qu’elle
a accompagnées sur l’ensemble du territoire
français au travers de ses délégations
régionales. Complétant la gamme des outils
existants (cf. encadré), cet ouvrage destiné
aux acteurs locaux (promoteurs, collectivités,
bureaux d’études…) permet de favoriser
une concertation en amont avec les habitants.
Des
recommandations à adapter
Le guide propose plusieurs solutions pour surmonter
les difficultés d’ordre social et trouver
les méthodes les mieux adaptées au contexte
local.
La création d’un
comité technique départemental ou régional
peut faciliter l’implantation de l’éolien,
en veillant à la bonne répartition spatiale
des projets et en accompagnant les actions de sensibilisation.
Cette structure peut participer à
l’élaboration
d’un schéma départemental ou régional
comportant deux outils : un atlas de l’éolien
recensant les différents niveaux de contrainte
et distinguant les secteurs favorables ou non, et un
ensemble de recommandations portant sur les éléments
naturels et patrimoniaux à prendre en compte…
La création d’un
comité territorial ou local de concertation,
chargé d’accompagner le projet depuis sa
localisation jusqu’à son exploitation,
permet d’associer les acteurs locaux, notamment
la commune d’accueil et les communes riveraines
également concernées par les incidences
visuelles. Il est à chaque fois préférable
que la réflexion soit portée par une structure
intercommunale car les enjeux d’un projet éolien
dépassent souvent les intérêts de
la seule commune d’accueil. L’annonce d’un
projet éolien est parfois l’occasion d’une
réflexion plus large sur le devenir du territoire.
« En effet, elle peut inciter les acteurs
locaux à élaborer un
projet de territoire incluant l’éolien,
autour de l’attractivité et de la valorisation
du patrimoine, de la politique d’efficacité
énergétique... et participer ainsi au
développement local », conclut
Reynald Bavay.