Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 90 / février - mars 03 Lettre | Dossier | Newsletter Archives 
Villers-Cotterêts certifiée ISO 14001

En octobre 2000, Villers-Cotterêts (02) devenait la première municipalité de France à obtenir la norme environnementale ISO 14001. Une démarche pionnière et fédératrice qui engendre des économies et contribue à la protection de l'environnement.

PICARDIE
P
our préserver son site naturel, la municipalité de Villers-Cotterêts (10 000 habitants) a décidé d'initier une démarche de certification ISO 14001 à partir de fin 1999. « Mis au point en 1996, cet outil de management environnemental, plus couramment utilisé par les entreprises, s’adresse également à tout opérateur privé ou public voulant exercer un suivi méthodique de l’impact de ses activités sur l’environnement et enclencher un processus d'amélioration continu », précise Ackli Assal, de la délégation Picardie de l'ADEME. Dans le cadre de cette première certification attribuée à une collectivité locale, 150 impacts ont été répertoriés par thèmes. Les plus importants concernaient les déchets, l'énergie, la qualité de l’air, les produits toxiques, les bruits et les odeurs. Dès lors, procédures, plans de contrôle et d’actions se sont succédé de janvier à juillet 2000. Après un audit réalisé par un bureau certificateur en septembre 2000, la ville a obtenu la certification ISO 14001 en octobre 2000.

Une démarche fédératrice
« Fédérer les services techniques sur un thème aussi porteur que l’environnement n'a pas présenté de difficultés particulières. Pour sensibiliser les 160 agents municipaux exerçant des activités très diverses, nous nous sommes appuyés sur les chefs de service et nous avons multiplié réunions et formations. La norme ISO 14001 garantissant la conformité à la réglementation, le plus gros travail a consisté à identifier celles applicables aux activités de la ville, puis à mettre en place une veille réglementaire », observe Nicolas Inglebert, directeur technique de la ville.

Un plan d'actions pluriannuel
Ce travail de concertation et d'analyse a permis de dégager un plan d'action sur plusieurs années. Parmi les initiatives concrètes de la ville : l'acquisition de véhicules électriques, d'ampoules haute efficacité pour l’éclairage public, l'emploi de peintures à l’eau pour le marquage au sol, le recyclage du papier utilisé en mairie. Ainsi le coût de l’éclairage public a diminué de 15 % en deux ans et celui de la consommation d’énergie pour les véhicules de la flotte municipale de 34 %. D’autres projets sont programmés pour 2003 dont un audit du chauffage municipal, une amélioration de la qualité de l'air de la piscine...
« Certes la démarche de certification ISO 14001 a un coût et demande qu'on lui consacre du temps, mais elle constitue un outil de gestion efficace qui engendre de véritables économies. En contribuant à la protection de l'environnement, elle donne une image exemplaire de la ville à nos concitoyens et peut créer un effet d'entraînement », constate Nicolas Inglebert.

Un rôle d'accompagnement
« L'ADEME a proposé la candidature de Villers-Cotterêts dans le cadre de l'appel à projets de l'Agenda 21 lancé par le MEDD en 2000. Au-delà d’une participation financière (15 245 € sur les 40 000 € investis), nous avons accompagné la municipalité tout au long de la démarche de certification et l’avons soutenue dans sa communication interne et externe de valorisation des résultats. L'arrivée du guide PEC (voir encadré) a constitué un plus dans cet accompagnement. D'autres collectivités en France, intéressées par cette initiative exemplaire, devraient prochainement emboîter le pas à la cité picarde », conclut Ackli Assal.


Mairie de Villers-Cotterêts.
© Ville de Villers-Cotterêts


 Le Plan Environnement  Collectivités (PEC)
Le Plan Environnement Collectivités s’adresse aux collectivités locales qui souhaitent mettre en œuvre des approches transversales de la gestion de l'environnement à l'échelle de leur territoire et aux bureaux d’études qui les assistent dans leur démarche.

PEC : classeur (fascicule de présentation + trois cahiers méthodologiques) + CD-ROM (dix familles de fiches à renseigner sur l'état des lieux et le SME), ADEME Éditions, Réf. 4142, 100 €.
Bon de commande téléchargeable sur www.ademe.fr, rubrique Publications.

 CONTACT  Ackli Assal
Tél. : 03 22 45 18 90
ackli.assal@ademe.fr

Une nouvelle vie pour les déchets électroniques

La société EcoMicro s’est spécialisée dans la récupération des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Première structure à avoir participé à la mise en place d'une filière pérenne de collecte et de recyclage de ces déchets en Aquitaine, elle traite aujourd'hui la moitié du gisement de la région.

AQUITAINE
C
réée en 1997 en banlieue de Bordeaux, la société EcoMicro (SARL) récupère le matériel informatique en fin de vie auprès de 500 clients (associations, écoles, particuliers, entreprises, collectivités…) situés dans les communes du Bordelais. Puis elle le démantèle pour en trier les différents éléments, neutralise les produits toxiques... et fait appel à des spécialistes du traitement des composants en Aquitaine et en Picardie. « Mis à part les éléments en plastique qui ne peuvent être retraités, tous les composants partent vers des filières de valorisation », explique Patrick Maranon, gérant d'EcoMicro. Ainsi, les métaux ferreux sont utilisés dans la fabrication de casseroles et de voitures. Cuivre, or et mercure, récupérés des cartes électroniques, sont également valorisés.
« EcoMicro répond à un vrai besoin sur la région, constate Gilles Favreau de la délégation Aquitaine de l'ADEME. Aucune structure n’existait pour éviter la mise en décharge de ces déchets. Il fallait donc créer une filière pérenne, capable d’assurer non seulement la reprise des produits, mais aussi leur suivi jusqu’au traitement ultime. »

Un tissu relationnel efficace
Le projet a été soutenu par l’ADEME, tant au niveau de la prise de contact avec les sociétés capables d'assurer la valorisation des DEEE après leur démantèlement que sous la forme d’une aide financière au démarrage de la société (6 000 €). « Nous avons mis EcoMicro en relation avec les professionnels de la filière, souligne Gilles Favreau. La création d’un tissu relationnel efficace a été une des composantes de la réussite de cette unité pilote. » Par la suite, lors de l’agrandissement du site, l’ADEME a participé au financement d’une ligne de démantèlement du matériel à hauteur de 45 730 euros.

Un recyclage à but environnemental et humanitaire
Près de six ans après sa création, EcoMicro emploie une vingtaine de salariés, dont une grande partie issue de milieux défavorisés. Plus de 1 200 tonnes de déchets, dont 95 % liés à l’informatique, sont récupérées chaque année. « Même si les matières recyclables sont d'un faible rapport, c'est-à-dire rachetées à bas prix, cette activité devient rentable dès lors que les quantités traitées deviennent importantes. En trois ans, celles-ci ont d'ailleurs pratiquement triplé », indique Patrick Maranon. La société participe également au programme Web Force International, mis en place par les Nations-Unies. Une partie du matériel informatique récupéré est remise en état, puis envoyée dans les pays participant à l’opération. Enfin, EcoMicro développe une activité de revente de matériels d'occasion qui constitue une autre source de revenus. « Cette opération est exemplaire car elle est à la fois efficace, rentable économiquement et pérenne. De plus, elle anticipe les nouvelles obligations réglementaires qui seront en vigueur en France à partir de 2004 », précise Gilles Favreau.





Démontage d’un micro-ordinateur.
© A. Parinet/ADEME


 La directive européenne  sur les DEEE
Adoptée par le Conseil et le Parlement européens en décembre 2002, elle sera transcrite en droit français avant fin 2004. Les points majeurs concernent :
- la responsabilité des producteurs et des distributeurs, l’obligation de valorisation et de financement,
- le traitement sélectif systématique des substances dangereuses,
- la collecte sélective, avec le principe d’un service gratuit pour les ménages.

 CONTACT  Gilles Favreau
Tél. : 05 56 33 80 27
gilles.favreau@ademe.fr