Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 89 / Décembre 02 - janvier 03 Lettre | Dossier | Newsletter Archives 
Le programme Bois-Énergie :
ses avancées dans le secteur collectif et industriel

Depuis 2000, avec la mise en place du plan national de lutte contre le changement climatique, la filière bois connaît une nouvelle dynamique et un accroissement du parc de chaufferies. Toutefois, des objectifs ambitieux impliquent la diffusion de technologies optimisées et de disposer de ressources pérennes et de qualité, qui s’appuient sur des filières d’approvisionnement structurées. Le programme Bois-Énergie 2000 – 2006, piloté par l’ADEME et relayé par les régions dans le cadre des contrats de plan État-Régions, s’inscrit dans cette démarche.

Abondant, le bois est une source d’énergie renouvelable qui ne provoque aucune augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Son exploitation contribue au développement de l’économie locale, au maintien des sols et des paysages. Enfin, comme le souligne Jean-Christophe Pouët, chef de projet bois-énergie de l’ADEME, « le combustible-bois coûte moins cher que le fioul ou le gaz et des technologies performantes sont désormais disponibles. »

 Des freins levés et des acquis
Les avantages de l’énergie bois ont été longtemps contrebalancés par le surcoût important d’une chaufferie au bois par rapport à une installation au fioul ou au gaz, ainsi que par l’immaturité des filières d’approvisionnement en termes de qualité, de quantité et de pérennité de la ressource. Le programme Bois-Énergie a contribué à lever ces freins.
La progression actuelle du parc témoigne des acquis, comme la professionnalisation des acteurs de la filière. Il a induit la même dynamique dans le secteur domestique (label “Flamme verte”, marque NF bois de chauffage, coopération avec l'ANAH…)

 Mobiliser toutes les ressources
« La ressource actuelle, qui repose en majeure partie sur les déchets de bois, ne suffira pas à terme à répondre à une demande en hausse croissante », observe Jean-Christophe Pouët. Le premier axe du programme vise la valorisation de toutes les formes de combustibles bois, y compris les produits issus de l’exploitation forestière - bois déchiqueté - dont le gisement est encore insuffisamment exploité. Des combustibles mixtes associant sous-produits de l’exploitation forestière et rebuts industriels ont été identifiés. Autre piste : l’utilisation des produits d’origine bocagère et de l’élagage des routes.

 Créer des filières d’approvisionnement structurées
Près d’une quarantaine d’entreprises créées sous l’impulsion de l’ADEME, forment aujourd’hui autant de filières d’approvisionnement professionnalisées, capables d’assurer la fourniture de bois-énergie répondant aux exigences de sécurité et de qualité d’approvisionnement des utilisateurs.

 Développer de nouvelles techniques
L’ADEME contribue aux études menées sur des technologies innovantes. Afin d’accroître les performances environnementales et énergétiques des équipements, elle mène également des études pour mieux connaitre les émissions polluantes issues de la combustion du bois et les solutions pour les réduire.

 Une offre diversifiée
Renforcé en 2001 avec le soutien de l'ADEME, le Centre de ressources du bois-énergie constitue, au sein de l'ITEBE (Institut technique européen du bois-énergie), une plate-forme d'échanges de connaissances. Il fournit toute une gamme de services aux professionnels de la filière : informations et conseils, centre de documentation, portail d'information (www.itebe.org). Pour sa part, l’ADEME propose des aides à la décision et peut contribuer à l’investissement des équipements collectifs et industriels. Son site internet comporte une rubrique spécialement dédiée au bois-énergie (www.ademe.fr, rubrique “les énergies renouvelables”) qui présente en détail le programme Bois-Énergie, les études réalisées et les actions engagées par l'Agence, des logiciels d'aides à la décision, des guides techniques. On y trouve aussi la carte des chaufferies collectives et industrielles existantes.



Livraison de plaquettes bois pour la chaufferie d’un immeuble dans le Jura (39).
© O. Sébart/ADEME

 Quelques chiffres 2002
• Parc actuel : 750 chaufferies collectives et plus de 1 000 chaufferies industrielles, représentant une consommation de 200 000 tep/an.
• Progression de ce parc estimée à 20 % par an (180 nouvelles chaufferies en 2002) pour les chaufferies urbaines et à 5 % pour les chaufferies industrielles.
• Objectifs du programme Bois-Energie à l'horizon 2006 : installer plus de 1 000 chaufferies nouvelles, économiser 300 000 tep/an supplémentaires de combustibles fossiles, réduire de 700 000 tonnes supplémentaires chaque année les émissions de CO2 et créer de 600 à 1 000 emplois durables.
Pour tout montage de projet, s'adresser aux délégations régionales de l'ADEME dont la liste est consultable sur le site : www.ademe.fr

 CONTACT  Jean-Christophe Pouët
jean-christophe.pouet@ademe.fr