Auvergne

Dunières investit dans le chauffage au bois
 

 
© G. Plagnol/ADEME
 

  La commune de Dunières a misé sur le bois pour chauffer plusieurs bâtiments municipaux. Un bon moyen de valoriser les déchets de bois provenant des scieries environnantes et de faire des économies sur les budgets énergie.  

 

À 800 mètres d’altitude, Dunières (Haute-Loire) est située au fond d’une vallée entourée d’immenses forêts d’épicéas et de sapins. Une richesse pour cette commune de 3 000 habitants, qui a vu s’installer trois scieries dans un rayon de quelques kilomètres.
« Ces exploitations produisent une grande quantité de copeaux et d’écorces, constate Jean-Pierre Marcon, Maire et Conseiller général. Nous voulions les valoriser plutôt que de les laisser mettre en décharge. »
Pour remplacer le fuel utilisé jusqu’alors, l’installation d’une chaudière à bois a été envisagée afin de chauffer plusieurs bâtiments communaux. Proches les uns des autres, gendarmerie, piscine et gymnase ont pu facilement être reliés au même réseau de chaleur. Prochainement, les vestiaires du stade et le boulodrome devraient y être raccordés, permettant ainsi à la chaudière de tourner à plein régime.

 
© G. Plagnol/ADEME

Un approvisionnement sûr
« Le prédiagnostic réalisé en 1997 ne nous garantissait pas la rentabilité du projet, relate Jean-Pierre Marcon. L’opération a été réactivée en 1999 lors de la construction d’une piscine. Nous avons alors réactualisé notre projet et commencé les travaux d’installation. » L’ADEME a apporté son soutien dès le stade des études de faisabilité dans le cadre du “Plan bois, énergie et développement local 1994-2000” signé avec la Région et les quatre Départements. 68 000 euros ont été versés par l’ADEME, les Départements et la Région apportant un complément de 160 000 euros. Sur un total de travaux réalisés de 457 000 euros, les aides ont donc représenté 50 %, l’autre moitié revenant à la commune de Dunières. L’investissement devrait être amorti en douze ans du fait notamment des économies réalisées sur le combustible.
« Notre objectif est de favoriser ce type d’opération, par exemple en organisant des visites d’installations avec les élus locaux afin de les sensibiliser, explique Jacques Passavy, de la délégation Auvergne de l’ADEME. Nous encourageons la mise en place de filières d’approvisionnement sûres, ce qui a été le cas pour Dunières où les différentes ressources ont été recensées, les normes sur la qualité des déchets respectées et la continuité des livraisons ainsi que leur pérennité assurées. »

Une opération réussie qui va s’étendre
D’une puissance de 700 kW, la chaudière de Dunières a produit plus de trois millions de kWh depuis sa mise en route en juillet 2000, soit la consommation de 1 000 t de plaquettes et écorces représentant 260 tep. Les économies réalisées sur les dépenses énergétiques sont de 25 %.
« Ces résultats ont été possibles grâce aux performances des matériels installés. De plus, ceux-ci sont simples d’utilisation (gestion technique automatisée) et leur exploitation ne nécessite l’intervention que d’un seul technicien », précise Jean-Pierre Marcon.
« Dunières réunit les conditions pour que cette expérience soit étendue en raison du faible coût du combustible (8 euros/t), de la proximité et l’abondance des ressources qui suffiraient à alimenter six ou sept autres chaudières et valoriser totalement les déchets produits », souligne Jacques Passavy. D’ores et déjà, la commune a commandé une étude pour la mise en service d’une seconde unité. Bâtiments concernés : église, mairie et centre culturel.

 


  Structurer les filières d’approvisionnement
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En 2001, 594 chaufferies collectives et tertiaires au bois sont en service en France. Elles représentent une puissance globale de 454 MW et une consommation d’environ 165 000 tep/an. Ce mouvement a été impulsé par le programme bois-énergie piloté par l’ADEME qui a, parmi ses objectifs, de développer l’utilisation du bois en chaufferies collectives et industrielles et de structurer les filières d’approvisionnement (ressources forestières ou déchets de bois), en partenariat étroit avec les différents acteurs.


   
 
Jacques Passavy
Tél. : 04 73 31 52 93
jacques.passavy@ademe.fr
 




   

   
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