Déchets

Un parc d’incinérateurs modernisé




  Usine d'incinération à Argenteuil (95).

© A. Parinet/ADEME
 

  Grâce aux travaux de modernisation du parc, 40 % des usines d’incinération d’ordures ménagères ont désormais moins de dix ans. Ces sites, qui sont beaucoup moins polluants, valorisent également plus efficacement l’énergie.

 

Depuis le début des années 90, le parc français des usines d’incinération d’ordures ménagères a été profondément rénové. Une modernisation indispensable puisqu’il paraît aujourd'hui difficile sinon impossible de se passer d’incinération. « Même avec des efforts de prévention qui porteront leurs fruits à moyen terme et une collecte sélective très poussée, des capacités complémentaires sont nécessaires comme alternative à la mise en décharge pour accompagner l’augmentation des tonnages produits », assure Matthieu Orphelin de l'ADEME. Les données issues des études sur les impacts environnementaux (dont l'effet de serre) confortent l'intérêt de l'incinération lorsqu'elle est conforme à la directive européenne de décembre 2000 et avec valorisation énergétique comme moyen de traitement résiduel des ordures ménagères. De même, l'incinération aux normes à des impacts sanitaires négligeables.

42 usines aidées
L’ADEME a largement contribué à la modernisation du parc. Entre 1993 et 2000, elle a apporté une aide de 107 M€ à la construction ou à l’agrandissement de 42 usines - dont 31 sont déjà en service -, ce qui représente plus de 5 % du montant total de ces investissements. Ces derniers sont de plus en plus lourds : le coût moyen des dix dernières unités s’élève à 3,60 M€/(t/h) contre 2,65 M€/(t/h) en 1993. La hausse est principalement due à l’accroissement des coûts de génie civil et des contraintes architecturales, à une automatisation plus poussée des usines et à la mise en place de nouveaux équipements (installations de dépollution notamment) pour respecter les normes et accueillir de nouveaux déchets (DIB, boues de station d’épuration, etc.).

Conformité aux normes de rejets
Les onze unités en cours d'achèvement respectent les normes de la directive européenne. Les quatre sites autorisés entre février 1997 et décembre 2000 se sont mis en conformité par anticipation à la directive européenne (hors NOx). Et sur les trente et une unités aidées en service, huit ont déjà réalisé une amélioration de traitement des fumées avec l'aide de l'ADEME. On peut estimer que la totalité du parc existant sera en conformité avec la directive avant 2005.

Valorisation énergétique jusqu’à 90 %
Enfin, toutes les UIOM aidées par l’ADEME valorisent l’énergie récupérée lors de la combustion des déchets. Les taux de valorisation progressent grâce à la modernisation des unités. Ils sont d’autant plus élevés que le site est récent et peuvent aller jusqu'à 90 % pour la valorisation thermique. Ceci engendre des recettes énergétiques (14 € par tonne) d'autant plus intéressantes que le coût d'exploitation a également connu une hausse importante (coût moyen de l'ordre de 32 € par tonne aujourd'hui).

 


  Une nouvelle étape réglementaire
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La directive européenne du 4 décembre 2000 sur l’incinération des déchets constitue une étape importante dans la sévérisation des normes de rejets de polluants tels que les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), les métaux lourds et les dioxines. En droit français, elle a été reprise par l’arrêté ministériel du 20 septembre 2002. Les nouvelles unités d’incinération d’ordures ménagères, autorisées à exploiter à partir de décembre 2002, sont d’ores et déjà soumises à ce texte. Concernant le parc existant (120 unités), l’échéance de mise en conformité est fixée à décembre 2005. L’arrêté propose une approche intégrée en prenant en compte l’ensemble des rejets (air, eau, résidus solides), quels que soient la taille de l’unité et le mode de traitement thermique retenu. Il impose également pour la première fois un seuil d'émissions pour les oxydes d'azote.
 


   
 
Erwan Autret
Tél. : 02 41 20 42 28
erwan.autret@ademe.fr





   

   
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