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D'ici
au 15 octobre 2002, comme le prévoit la loi Chevènement,
les structures intercommunales doivent opter pour un seul mode de
financement du service public des déchets au sein des communes
qui les composent. Trois possibilités s’offrent à
elles : budget général, taxe d’enlèvement
des ordures ménagères (TEOM) ou redevance générale
d’enlèvement des ordures ménagères (REOM).
Les 5 et 6 mars 2002 à Paris, le colloque organisé
sur ce thème par l’ADEME, en liaison avec AMORCE, a
été l’occasion pour les 650 participants de
faire le point sur leurs pratiques, d’échanger sur
les difficultés rencontrées et les réussites.
« Face aux différents modes de financement,
les collectivités ont des positions et des points de vue
très tranchés, observe Bernard Begnaud, animateur
de la cellule Observatoire des coûts de la gestion des déchets
de l’ADEME. Il existe des candidats pour chacune des solutions
qui, tous, présentent des arguments tout à fait légitimes. »
Un réel besoin d’information
Les collectivités se posent cependant des questions, notamment
sur la possibilité, à travers le financement, de motiver
ou de responsabiliser le citoyen qui est également producteur
de déchets et usager du service. De même, en ce qui
concerne les déchets non ménagers, elles s’interrogent
sur la nature du service à rendre aux entreprises et sur
son financement.
Bon nombre de collectivités se montrent innovantes en utilisant
le financement du service afin de prévenir la production
de déchets ou d’optimiser les coûts. « Il
existe une véritable recherche au sein des collectivités
visant à améliorer l’efficacité des financements,
notamment par la responsabilisation des usagers »,
souligne Bernard Begnaud. Les collectivités démontrent
aussi un réel souci d’améliorer la transparence
du service.
« Cet échange d’expériences est
extrêmement riche : il permet notamment d’identifier
les attentes des principaux acteurs en matière de politique
des déchets et de sa modernisation, estime Bernard Begnaud.
Il demande à être poursuivi et évalué,
ce à quoi s’attachera l’ADEME. »
Une harmonisation en faveur de la taxe
Dans la situation actuelle, une majorité de collectivités,
en particulier les plus importantes, utilisent la taxe. Sa gestion
est simple car il suffit d’établir le montant des recettes
sans obligation de correspondance et d’équilibre avec
le montant des dépenses. De plus, son recouvrement étant
effectué par les services fiscaux, la collectivité
est assurée de percevoir l’intégralité
des recettes prévues. « On constate qu’en
vue de l’échéance du 15 octobre 2002, l’harmonisation
tend à s’effectuer au profit de la taxe, au détriment
de la redevance », reprend Bernard Begnaud.
Dans ces conditions, la redevance risquerait de disparaître
alors qu’elle présente des atouts très intéressants.
En effet, elle constitue le système le plus transparent et
le plus proche de la réalité des coûts. Elle
introduit en effet une logique économique : le total des
recettes de la redevance doit couvrir l’ensemble des dépenses
du service, le montant de la redevance étant ensuite calculé
en fonction du service rendu aux usagers.
Au-delà de la transparence du service des déchets,
l’enjeu porte sur la maîtrise des coûts et la
maîtrise des flux de déchets. C’est pourquoi
les choix doivent être mûrement pensés et la
réflexion assurément poursuivie au-delà de
l’échéance du 15 octobre 2002.
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