Agroressources

L’Europe roule pour les biocarburants




  Unité de production de diester à Grand Couronne (76).

© L. Lot




  Consommer 5,75 % de biocarburants en 2010, contre 1 % aujourd’hui, tel est l’objectif proposé par la Commission européenne aux États membres. Pour promouvoir l’utilisation de ces produits, elle prévoit des réductions de taxes.



 

La Commission européenne propose deux directives, sur la fiscalité et la promotion des biocarburants. Leur adoption permettrait de créer un cadre communautaire stable qui éviterait les distorsions entre États-membres.

Augmenter l’offre
Les directives prévoient de réduire la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers) s’appliquant actuellement au biodiesel ajouté au gazole comme additif lubrifiant et à l’éthanol améliorant l’indice octane de l’essence. Une mesure européenne importante car elle atténuera le surcoût de production de biodiesel pur évalué à environ 0,3 € par litre par rapport au coût du gazole d’origine fossile. Il s’agit également de faire progresser le marché des biocarburants, ce qui suppose de produire plus et mieux. « Dans un premier temps, cela permettra de voir si les filières de production sont capables de répondre à une demande accrue. Elles devront être plus performantes au niveau des procédés et technologies », indique Etienne Poitrat du département valorisation non alimentaire des cultures de l’ADEME.
« Dans le cadre du programme AGRICE (Agriculture pour la chimie et l’énergie), l’ADEME contribue au soutien des projets et investissements de R&D en matière de biocarburants », souligne-t-il.

Perspectives et enjeux
Parmi les différentes pistes de recherche actuellement explorées, une opération de veille est en outre engagée sur les traitements de la lignocellulose et la fermentation de certains sucres obtenus pour produire de l’éthanol. Ces techniques permettent la transformation d’une matière première abondante (issue des forêts, des déchets végétaux…) et peu coûteuse. Par ailleurs, des essais d’utilisation directe de l’éthanol dans le gazole et dans l’essence ont donné des résultats positifs au niveau des émissions atmosphériques. Cette ressource a également l’avantage de présenter un potentiel de production important.
Dans la lutte contre le changement climatique, les biocarburants ont un rôle significatif à jouer. « À l’heure actuelle, en France, l’utilisation du biodiesiel permet d’économiser 680 000 tonnes d’équivalent CO2 par an. Dans le même temps, nous épargnons les énergies fossiles », précise Etienne Poitrat. En outre, les pays membres deviennent moins dépendants des importations de pétrole.
Le développement des biocarburants permet de trouver de nouveaux débouchés aux produits agricoles et de créer des emplois (1 000 tonnes/an de colza transformé en biodiesel créent dix-huit emplois).

 


  Les incidences des directives européennes pour la France
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En 2001, 400 000 tonnes de biocarburants (dont 308 000 tonnes de biodiesel) ont été consommés en France, soit 1 % de la consommation française de carburants. La très forte majorité de ces biocarburants a été produite dans l’Hexagone. Il s’agit principalement de colza transformé en biodiesel dans quatre usines : Compiègne, Verdun, Boussens (près de Toulouse) et Grand Couronne (près de Rouen).
Selon les directives européennes à paraître en 2002, les biocarburants devront représenter en France 2 % de la consommation de carburants en 2005 (soit 840 000 tonnes) et 5,75 % en 2010 (soit 2 400 000 tonnes).
 


   
 
Etienne Poitrat
Tél. : 01 47 65 20 19
etienne.poitrat@ademe.fr



   

   
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