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À
Bonn, en juillet dernier, la 6e Conférence des
Parties à la Convention Climat avait abouti à un accord
politique sur un texte de synthèse. « Une majorité
de pays sengageaient sur des principes sans détailler
les conditions de mise en uvre, explique François
Moisan, directeur de la stratégie et de la communication
de lADEME. La Conférence de Marrakech devait traduire
en termes juridiques les textes dapplication de laccord
de Bonn de manière à ouvrir la voie à la ratification
du Protocole. » Le Protocole de Kyoto doit être
ratifié par 55 pays pesant au moins 55 % des émissions
de CO2 des pays industrialisés pour
entrer en vigueur.
Un accord à larraché
Compte tenu du retrait américain de ce Protocole (depuis
début 2001), il était nécessaire de rassembler,
au-delà des pays de lUnion européenne et dEurope
centrale en voie dadhésion, la Russie et le Japon.
Cet impératif a conduit lUnion européenne à
accepter deux dispositions :
- Laccès au marché des permis démissions
ne sera pas conditionné à ladoption dun
amendement juridiquement contraignant. Le Japon considérait
que ladoption du système dobservance par la Conférence
des Parties suffisait pour quun pays soit autorisé
à intervenir sur le marché des permis démissions
alors que lUnion européenne souhaitait que la participation
à ce marché soit subordonnée à ladoption
dun amendement au protocole.
- La comptabilisation des puits de carbone. Correspondant
au stockage du carbone effectué par les forêts et les
cultures pendant leur croissance, ces puits sont pris en compte
dans les crédits et les débits démissions
de CO2. La Russie a obtenu quun pays
dont les inventaires puits nont pas été déclarés
conformes aux règles ne soit pas empêché de
participer au marché du carbone en 2008. De plus, elle a
été autorisée à prendre en compte au
titre des puits de carbone 33 millions de tonnes, contre 18 millions
de tonnes accordées à Bonn.
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M. Hamelin/ADEME |
Les
États face à leurs engagements
Laccord trouvé à Marrakech doit permettre la
ratification du Protocole avant la fin de 2002, peut-être
avant le sommet mondial sur le développement durable qui
se tiendra à Johannesburg, en septembre.
« Laccord de Marrakech a été obtenu
au prix de quelques concessions, reconnaît François
Moisan. Il représente néanmoins un acquis déterminant.
Dabord parce quil permet la ratification. Ensuite parce
quil marque un succès du multilatéralisme et
un pas vers une gouvernance et une régulation mondiales en
matière denvironnement. »
Le mouvement est lancé : dès maintenant, le mécanisme
de développement propre est opérationnel. Ce dispositif
permet à une entreprise dun pays du Nord, soumise à
un quota démissions, de financer un projet de nature
à réduire les émissions de CO2
dans un pays du Sud et de récupérer ainsi des crédits
démissions. Son comité exécutif, désigné
à Marrakech, va pouvoir créer les crédits démissions
après avoir accrédité les opérateurs
chargés dévaluer les projets et de contrôler
les réductions démissions.
Les gouvernements, par leur ratification, vont maintenant traduire
en droit national les engagements politiques et vont devoir adopter
des politiques nationales en rapport avec ces engagements.
« En prévision des futures échéances,
les gouvernements ont un grand défi à relever,
souligne François Moisan. Il est clair que les négociations
internationales pâtissent de lincompréhension
de ces enjeux par les opinions publiques. Lacceptation sociale
dune politique ambitieuse de lutte contre leffet de
serre impose de faire mesurer au grand public les enjeux et de lui
faire comprendre que la lutte contre le changement climatique dépend
des efforts de tous. »
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