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En
quoi cette signature représente-t-elle un enjeu stratégique
pour lADEME ?
Pierre
Radanne : LÉtat confirme, dans le cadre de
ce contrat de plan, le rôle important quil entend faire
jouer à lADEME dans la mise en uvre des politiques
publiques de protection de lenvironnement et de maîtrise
de lénergie. Il lui signifie quil attend delle
des résultats vérifiables sappuyant sur des
objectifs concrets pour chacune de ses missions : gestion des déchets,
maîtrise de lénergie, réduction des pollutions
atmosphériques
Le mot résultats
est ici essentiel : ce contrat concrétise le passage dune
gestion classique à une gestion par objectifs, selon un mode
dorganisation plus familier jusquà présent
au monde de lentreprise. En clair, la dépense financière
nest plus linstrument privilégié de la
mesure des actions et de leur succès, cest le résultat
obtenu qui compte, et ce résultat, dans nos métiers,
peut la plupart du temps être quantifié (volume des
déchets traités, énergie économisée,
CO2 évité). Ce contrat est laboutissement
dun an et demi de préparation avec lÉtat
et constitue donc désormais notre tableau de bord stratégique.
Pourquoi
cette échéance 2006 qui peut sembler lointaine ?
François Démarcq : Il y a dabord
une raison technique à ce choix : faire coïncider le
contrat de plan État-ADEME avec les contrats de plan État-Régions,
dans lesquels lADEME est fortement impliquée.
Pierre Radanne : En matière denvironnement,
une difficulté majeure est de devoir gérer des problématiques
lourdes, avec une échelle de temps à dix, vingt ans
tout en répondant à limpatience légitime
du public, des élus, des entreprises
Lhorizon
2006 représente donc un moyen terme pertinent pour fixer
des objectifs réalisables, tout en gardant cette indispensable
vision à long terme.
François Démarcq : Nous avons prévu
toutefois une étape intermédiaire en 2003 pour éventuellement
revoir nos objectifs en fonction des premiers résultats et
des aléas toujours possibles. Cependant, la philosophie du
contrat est bien de garantir une certaine stabilité, une
visibilité dans nos programmes daction, notamment pour
nos partenaires.
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| Pierre
Radanne, Président de l'ADEME. |
Quels
engagements financiers a pris lÉtat ?
Pierre
Radanne : Nos prévisions sont fondées sur
le budget de lADEME pour lannée 2000, proche
de 3 milliards de francs. Avec ce budget multiplié par sept
dici 2006, ce sont des sommes considérables qui nous
sont confiées pour atteindre les objectifs fixés.
Et, chose importante, lÉtat a admis le principe de
réciprocité, de donnant-donnant. Si ce
budget annuel diminue, nos engagements de résultats diminueront
aussi, et linverse est vrai si ce budget augmente
De
son côté, lADEME sengage-t-elle de la même
façon pour toutes ses actions ?
François Démarcq : Nos engagements sont
structurés en trois niveaux, en fonction de limplication
de lADEME. Si celle-ci est forte et directe, nous pouvons
garantir les résultats : appelons cela les engagements du
premier cercle. À lautre extrémité de
la graduation, quand lAgence na joué quun
rôle dexpert, par exemple dans la genèse dun
texte de loi, il est exclu pour elle de se prévaloir de lensemble
des résultats obtenus : nous sommes là dans des engagements
du troisième cercle.
Entre les deux situations, il arrive que lADEME joue un rôle
moteur mais pas décisif à lui seul, par exemple dans
le cas des aides à la décision ou encore des outils
bancaires que nous avons mis en place avec des partenaires financiers
pour créer des effets de levier : cest le deuxième
cercle des engagements.
Quel
sera limpact de ce contrat de plan pour vos partenaires, entreprises
ou collectivités locales ?
Pierre Radanne : Tous y trouveront, avec une grande
lisibilité, les objectifs et les priorités de lADEME.
Le dialogue en sera facilité, par exemple pour les discussions
concernant le dimensionnement des systèmes daide. Tous
ceux qui ont des projets dentreprise y trouveront aussi des
points de repère précieux puisquils auront notamment
une bonne visibilité des opportunités de marchés
et des axes de développement vers lesquels sengager.

François
Démarcq, Directeur général de l'ADEME. |
François
Démarcq : Sur le terrain, avec les délégations
régionales et un ensemble de partenaires, nous travaillons
sur des objectifs intermédiaires correspondant à des
facteurs-clés de succès : pour promouvoir les chauffe-eau
solaires par exemple, il est essentiel de constituer des réseaux
dinstallateurs. Ce travail pas à pas sappuie
en permanence sur les orientations du contrat de plan, qui sera
aussi une source de motivation pour nos équipes en interne.
Les
engagements portent-ils aussi sur la gestion de lADEME ?
François
Démarcq : Les chantiers que nous avons à mener
sur la gestion répondent à la mutation de lADEME,
liée notamment à sa forte croissance. Démarche
dorganisation de la qualité, définition de projets
de service, mise en place dun management interne par objectifs,
adoption doutils de suivi des activités
Cest
ainsi que nous entendons passer à une gestion de type industriel,
suivant en cela le sens de la modernisation de lÉtat.
Pierre Radanne : Ce pilotage est un art délicat
: il faut garder le cap, calculer sa vitesse, sa trajectoire, tenir
compte des virages à prendre
Déjà, les
premiers résultats qui figurent dans le rapport dactivité
2000 sont encourageants et nous avons devant nous quelques beaux
chantiers.
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