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Cinq
ans après son lancement, l’ADEME a réalisé un premier bilan du programme
Eole 2005, qui visait à porter la puissance éolienne française à
un niveau compris entre 250 et 500 MW en 2005.
Languedoc-Roussillon en tête
Premier constat : Eole 2005 a permis d'augmenter de façon significative
la production électrique d'origine éolienne. De nombreux opérateurs
se sont mobilisés sur le terrain. « C’est en particulier
le cas en Languedoc-Roussillon, qui bénéficie de conditions météorologiques
très favorables. Cette région totalise à elle seule plus du tiers
des projets retenus, loin devant la Bretagne, la Corse, la Guadeloupe,
la Basse-Normandie et le Midi-Pyrénées », précise Mila
Galiano, du département énergies renouvelables de l'ADEME. L’un
des plus gros projets, proposé par la société Eole RES, prévoit
ainsi l’installation de 21 éoliennes d’1 MW chacune, dans le Haut-Cabardès
(Aude).
Des études co-financées par les Conseils régionaux et l’ADEME ont
également permis d’identifier des sites potentiels en mer dans le
Nord-Pas-de-Calais, le Languedoc-Roussillon, la Basse-Normandie
et la Bretagne.
Des difficultés à surmonter
La réalisation des projets a pris du retard. En raison tout d'abord
de difficultés financières : quelques projets dont la rentabilité
financière était trop incertaine sont actuellement remis en cause.
Mais aussi de difficultés réglementaires : la nécessaire modification
des Plans d'occupation des sols (POS) retarde l'obtention du permis
de construire de certains projets et les exigences de la Direction
générale de l'aviation civile conduisent à en déplacer d’autres.
Sans oublier que, même si la perception de l’éolien par les élus
et les populations est globalement positive, certains opérateurs
sont confrontés à l’opposition de mouvements “anti-éoliens” préoccupés,
entre autres, par l'intrusion paysagère.
Les conditions de réussite
De nouvelles conditions d'achat par EDF du kWh éolien ont été annoncées
par le Gouvernement le 6 décembre 2000. Plus attractives (55 cts/F
pour les cinq premières années, tarif réajusté entre 0,20 et 0,55 F/kWh
les dix années suivantes en fonction de la qualité des sites), elles
correspondent à un soutien financier suffisant, qui devrait faciliter
la mise en œuvre des projets. Restent trois autres points à prendre
en compte. Premièrement, l’intégration au POS d’un zonage éolien,
ce qui raccourcirait le délai d’obtention des permis de construire.
Deuxièmement, le partage équitable des coûts entre les monteurs
de projets (pour le raccordement au réseau) et les gestionnaires
de réseau (pour le renforcement). Enfin, l’information du public
car l’acceptation, et si possible l'appropriation, des projets par
les riverains passent nécessairement par des actions de sensibilisation
à l'intérêt environnemental de cette énergie qui permet d'éviter
des pollutions.
« Si ces conditions sont réalisées, la France pourra se
joindre au groupe des pays européens qui développent l’énergie éolienne
à grande échelle tels que l'Espagne, le Danemark ou encore l'Allemagne »,
conclut Mila Galiano.
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