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0'Sughrue |
Construction
fortement vitrée, dans le quartier Antigone, la bibliothèque de
Montpellier suit un parti pris : l’utilisation de la lumière naturelle.
L'ambition de ce nouveau bâtiment : maîtriser les dépenses d’énergie
tout en garantissant bien sûr le confort thermique, visuel et acoustique.
« Mis en place en 1985, le service Energie de la ville est
axé sur la notion de "bâtiment basse énergie". Associé aux projets,
il rédige les cahiers des charges et détermine les orientations.
Depuis sa création, il a réussi à diviser par deux la facture énergétique
des bâtiments communaux », explique Michel Irigoin, directeur
énergies et moyens techniques.
Respect de prescriptions techniques et
simulations
Pour le projet de la bibliothèque, les architectes retenus en première
sélection ont dû respecter des prescriptions techniques (isolation
renforcée, raccordement au réseau de chaleur et de climatisation
urbain, rendement lumineux) destinées à atteindre les performances
énergétiques requises.
De plus, chaque projet devait comprendre une fiche prévisionnelle
des consommations et des coûts énergétiques. Dans un premier temps,
une simulation a été réalisée pour chacun d’eux.
Une étude approfondie, confiée à des spécialistes
Le projet lauréat, celui des architectes Chemetov et Huidobra, a
fait l’objet d’une étude d’optimisation énergétique d'un coût total
de 200 000 F, avec une participation de l'ADEME de 50 %.
Frédéric Guillot, ingénieur à l'ADEME Languedoc-Roussillon, indique
que l’Agence a initié depuis 6 ans ce type d’études pour les constructions
neuves : « le comportement thermique dynamique du bâtiment
est simulé à partir d’hypothèses de fréquentation ou d'occupation,
d'utilisation des locaux et d’éclairage sur la base d'un fichier
météo intégrant les données climatiques du site sur une année. Cette
démarche, qui permet de visualiser le bâtiment dans ses différentes
conditions de fonctionnement, doit être confiée à un bureau d'études
spécialisé ». Réalisée par OASIIS, l’étude a permis d’assister
la Société d’équipement de la région montpelliéraine (SERM), maître
d’ouvrage délégué par la ville, dans les choix des matériaux et
des équipements.
Des choix engendrant des économies d'énergie
Parmi les solutions retenues : des planchers chauffants-rafraîchissants
en rez-de-chaussée et des doubles-vitrages offrant une isolation
thermique deux fois plus performante qu’un double-vitrage standard.
Par rapport au projet initial, l’ensemble des aménagements a permis
de diviser par 2,5 les puissances de raccordement et de réduire
de 60 % les besoins de climatisation. Les surcoûts en investissements
seront compensés par les économies d’énergie réalisées, estimées
à 500 000 F par an. L'effort d'optimisation se poursuit au
cours de l’exploitation du bâtiment grâce à la gestion technique
centralisée et au traitement de l’information fournie par un PC
de télésurveillance. « Maîtriser l'énergie, c'est savoir
traiter l'information », conclut Michel Irigoin.
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