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Les
raisons dun non-accord
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La
Conférence de La Haye devait établir les règles
de mise en uvre du Protocole de Kyoto approuvé en 1997.
Mais, sur quatre dispositions essentielles, les divergences se sont
révélées trop profondes.
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©
O.Sébart/ADEME |
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À
Kyoto, en 1997, les pays signataires du Protocole sétaient
mis daccord sur des objectifs quantifiés de réduction
des émissions de CO2 pour les pays
développés à lhorizon 2008-2012. Seuls
les pays européens et les pays de lombrelle
avaient pris des engagements, les pays en développement restant
dans lattente de mesures concrètes de la part des pays
du Nord.
Le marché des permis permettrait aux pays qui ont fait mieux
que prévu de revendre leur "bonus", cest-à-dire
des tonnes de carbone, aux pays qui nont pas atteint leur
objectif. « Si le système fonctionne bien,
il aboutit à un impact environnemental égal à
lobjectif de départ, soit une réduction globale
de 5,2 % pour lensemble des pays du Nord »,
souligne François Moisan, directeur de la stratégie
et de la communication de lADEME qui était présent
à La Haye. Autre instrument prévu : le MDP, Mécanisme
de Développement Propre. Il permet à une entreprise
dun pays du Nord de financer un projet de nature à
réduire les émissions de CO2
dans un pays du Sud et de récupérer ainsi des crédits
démission.
« Restait à approuver un document final qui
fixerait les règles de mise en uvre du Protocole »,
explique François Moisan. « Un tel accord est
nécessaire pour faire ratifier les engagements par les parlements
nationaux et, dans certains pays, permettre la mise en uvre
des plans déconomie dénergie. »
Dès la Conférence de Buenos Aires, en 1998, la rédaction
du document final était apparue comme très complexe.
Les participants avaient donc lancé un plan daction
sur deux ans de manière à aboutir à un accord
à La Haye, en 2000, les étapes intermédiaires
sétant déroulées à Bonn et à
Lyon. Mais au stade final, les discussions ont buté sur quatre
grands dossiers.
Le
soutien aux pays en développement
Le Protocole de Kyoto a prévu une aide des pays du Nord en
matière de capacité dadaptation au changement
climatique, de transfert de technologie et de capacité danalyse
et dexpertise. Un soutien financier sexerce déjà
à travers le FEM (Fonds pour lEnvironnement Mondial)
dont la création avait été décidée
par la Convention de Rio, en 1992. Avant même la Conférence
de La Haye, les pays du Sud avaient déclaré quils
ne signeraient pas laccord si leurs revendications nétaient
pas prises en compte. Ils sont demandeurs daides financières
beaucoup plus importantes dont ils assureraient eux-mêmes
la gestion.
La supplémentarité ou la limitation du recours aux
permis négociables
Défendu par lEurope, ce principe pose que les échanges
de permis ne seront que "supplémentaires" aux efforts
nationaux. « Autrement dit, il sagit dimposer
un quota minimum defforts nationaux », reprend
François Moisan.
Les Européens estiment que les permis négociables
ne doivent pas représenter plus de 50 % de leffort
à réaliser par chaque pays. De leur côté,
les pays de lombrelle souhaitent pouvoir utiliser
ces permis sans limitation.
Les puits de carbone
Les forêts et les cultures, parce quelles stockent le
carbone pendant leur croissance, contribuent à limiter leffet
de serre. Kyoto avait prévu la prise en compte de ces "puits
de carbone" sans préciser comment seraient comptabilisés
les bénéfices et les déficits. À La
Haye, le débat a notamment porté sur la prise en compte
différenciée dune croissance naturelle ou planifiée
des forêts.
En outre, les Américains souhaitent que certaines cultures,
qui permettent de stocker le carbone dans les plantes et le sol,
soient prises en compte. Les incertitudes scientifiques sur le sujet
étant encore grandes, les Européens préfèrent
attendre. Enfin, pour les pays de lombrelle, les
projets MDP dans les pays du Sud doivent également concerner
les forêts.
Lobservance
Comment vérifier les efforts accomplis par les pays ? Et
quel type de sanctions mettre en place en cas de non-respect des
engagements ? L'Europe et les pays du Sud défendent le principe
de pénalités suffisamment crédibles pour inciter
les pays à respecter leurs engagements alors que plusieurs
pays de l'ombrelle ne voulaient que des sanctions symboliques.
En fin de négociation, les désaccords ont notamment
porté sur les émissions qui dépasseraient les
quotas en fin de période d'engagement (2012), et qui seraient
reportées sur la période suivante avec un taux de
pénalité de 1,2 à 2 fois leur volume.
Malgré
ces points d'achoppement, l'architecture d'un compromis a été
élaborée durant la dernière nuit de négociation.
La Conférence nest pas tout à fait un échec
puisque les consultations informelles se poursuivent et que les
négociations reprendront au printemps 2001.
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Les
acteurs en présence
LEurope, avec les pays de lUnion européenne
et certains pays dEurope centrale.
Les pays de lombrelle, cest-à-dire
tous les grands pays anglo-saxons (États-Unis, Canada, Australie,
Nouvelle-Zélande) à lexception de la Grande-Bretagne,
ainsi que le Japon, la Russie, lUkraine et la Norvège.
Les pays du Sud rassemblant les pays en développement, à
la fois les PMA (Pays les Moins Avancés) et des pays tels que
le Brésil, la Chine ou lArabie Saoudite.
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Les
enjeux pour lenvironnement
Le changement climatique sera plus important que prévu initialement,
annoncent les experts du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur lEvolution
du Climat). Dans un Résumé pour les décideurs,
publié quelques jours avant la Conférence de La Haye,
les scientifiques reviennent en effet sur leurs prévisions
de 1995. Ils annoncent, dici à 2100, un réchauffement
compris entre 1,5 et 6°C, contre 1 à 3,5°C prévus
il y a cinq ans. Les régions les plus touchées par le
changement climatique seraient la Chine, le Canada et la Sibérie.
Quant au niveau des mers, il sélèverait en moyenne
de 47 cm, soit deux à quatre fois le taux observé pendant
le XXe siècle.
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