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La
micro-centrale hydro-électrique du Moulin de Chigny, sur le cours
de l’Oise, démontre que raisonnement économique global et préservation
de l’environnement peuvent être parfaitement compatibles, y compris
dans la production d’énergie hydraulique et qui plus est dans une
région au relief peu développé. Propriétaire du Moulin de Chigny
depuis 1970, la Société d’Intérêt Collectif Agricole d'Electricité
du Vervinois et de l’Aubentonnais - SICAEVA - se trouve en 1995
devant une alternative : rénover totalement l’installation ou vendre.
En effet, la centrale n’était plus rentable car de trop faible puissance
(55 kW) pour justifier les coûts d’entretien et de maintenance.
Une rénovation possible grâce à des aides
financières
Une première étude chiffrée est réalisée. Le budget prévisionnel
pour la construction d’une nouvelle micro-centrale de 160 kW se
monte à 2 MF. «Compte tenu du seuil de rentabilité, déterminé
par le prix de rachat du kWh par EDF, le projet n’était pas envisageable
sans aides financières», explique Luc Boucher, directeur de
la SICAEVA.
La micro-centrale a vu le jour grâce au soutien apporté par la délégation
régionale de l’ADEME, qui a agi à trois niveaux. D’abord par un
travail d'incitation et d'accompagnement dans la définition de l'avant
projet, ensuite par un appui technique et un soutien aux différentes
étapes du long processus administratif.
Enfin, l’ADEME a apporté une subvention de 25% du montant des investissements
de départ, à laquelle s’est ajoutée une subvention Feder (Fonds
européen de développement régional) de 15%, soit 800 000 francs
au total.
Une démarche de développement local
Opérationnelle depuis décembre 1999, la nouvelle installation produit
550 000 kWh par an ce qui correspond à l’alimentation, hors chauffage,
de 220 équivalents foyers. Le prix de rachat par EDF, qui varie
entre 20 et 50 centimes/kWh, reste toutefois peu incitatif pour
rentabiliser l’installation par la seule production d’électricité.
Le projet s’inscrit donc dans une démarche globale de développement
local, allant jusqu’à inclure une dimension touristique puisque
la maison attenante à l’ancien site a été réhabilitée et transformée
en gîte rural. La préservation de l’environnement a été scrupuleusement
prise en compte du point de vue de l’esthétique comme sur le plan
écologique. Tous les équipements techniques (chambre d’eau, turbine,
aspirateur, génératrice, dispositif de régulation automatique de
vannage et dégrillage) ont été hébergés dans un seul bâtiment, les
berges ont été stabilisées grâce à des techniques végétales, une
passe à poissons a été installée et le réseau électrique a été enfoui.
Pour Christophe Roger, technicien pour le développement des énergies
renouvelables à l’ADEME Picardie, «cette réalisation est exemplaire
car, pour la première fois, les enjeux économiques et environnementaux
ont été intégrés dans une démarche commune.»
Dans le but de renouveler ce type d’opération, un recensement des
moulins va être lancé en Picardie. Cet état des lieux, qui sera
terminé au début de 2001, permettra de cibler les installations
qui peuvent faire l’objet d’une réhabilitation.
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