L’artisanat en marche pour un développement durable  

  Mardi 17 octobre, lors du salon Pollutec à Lyon, l’ADEME et l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers (APCM) ont concrétisé leur volonté de coopération par la signature d’un accord cadre.  
     
  François Démarcq, Directeur général de l’ADEME, et Alain Griset, Président de l’APCM,
lors de la signature de l’accord cadre.


© F.Gallier/ADEME
 

 

«Nous ne pouvons rien faire si nous ne tissons pas des liens. Cet accord, précise François Démarcq, Directeur général de l’ADEME, nous offre un effet de levier important en direction de l’artisanat, qui par son caractère très atomisé est difficile à toucher.» Avec 820 000 entreprises, 3 millions d’employés, 250 métiers, l’artisanat est un secteur économique vivant et présent sur le territoire. Alain Griset, Président de l’APCM, ajoute : «Cette signature va nous permettre d’aider les artisans à mieux prendre en compte l’environnement. Les impacts générés par les entreprises artisanales sont nombreux, ils doivent être traités par des moyens appropriés à leur taille et à leur structure.»

Les quatre domaines prioritaires
L’ADEME et l’APCM ont convenu de renforcer leurs coopérations autour de quatre domaines prioritaires : la gestion des déchets (problème numéro un pour les artisans, dont les déchets sont très dispersés et très diversifiés), le traitement des nuisances (rejets dans l'air, dans l'eau, bruit…), la maîtrise de l’énergie et le management environnemental. Hôtellerie, bâtiment, imprimerie... l’artisanat recouvre un grand nombre d’activités. L’objectif est de sensibiliser les chefs d’entreprises et leurs salariés, mais aussi les apprentis et les nouveaux créateurs d’entreprises, notamment lors des formations qui leur sont dispensées, puis d’apporter des réponses de terrain conciliant la protection de l’environnement et la compétitivité des entreprises. Les chevilles ouvrières seront des chargés de mission au sein des chambres de métiers. Leurs missions : sensibiliser, former, conseiller, réaliser des prédiagnostics chez les artisans. L'ADEME prévoit d'aider à la création de plus de vingt postes en trois ans. François Démarcq poursuit : «Nous cofinançons les chargés de mission à hauteur de 30% pendant les trois premières années. Relais de notre action sur le terrain, ceux-ci vont pouvoir accompagner les artisans dans leurs démarches collectives ou individuelles.» L’artisanat s’engage en faveur de l’environnement. «C’est un véritable enjeu pour développer notre secteur, souligne Alain Griset. Coût de l’énergie, pression des consommateurs, évolution de la législation... les artisans sont de plus en plus concernés par la protection de l’environnement. Le chargé de mission doit devenir pour eux un interlocuteur incontournable
Sur le terrain, des conventions vont être passées entre les chambres de métiers et les délégations régionales de l’ADEME. Elles définiront les programmes d’actions, les engagements de résultats et les moyens de suivi de l’action des chargés de mission. Au-delà de la création de ces postes, l’accord cadre qui vient d’être signé propose d’autres axes de coopération, comme la mise au point conjointe d’outils de sensibilisation, de formation, et l’élaboration de guides méthodologiques.

 
 
L’artisanat est riche d’une très grande
variété de métiers et de secteurs.


© D.R.

Avec ses 830 000 emplois, le bâtiment représente le tiers de l’artisanat français.


© D.R.
 


  L’extension du dispositif

Dès 1994, l’ADEME a initié dans le cadre d’un partenariat avec l’ACFCI (Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie) un dispositif d’aide à la création de postes de chargés de mission dans les CCI. Les évaluations de l’action des chargés de mission sur le terrain ont fait apparaître des résultats positifs et de nombreux postes ont été pérennisés, ce qui a conduit en 1999 à étendre le dispositif. Une deuxième vague de 80 postes est prévue sur trois ans. Elle concerne les chambres consulaires et d’autres structures proches des entreprises. Actuellement, 15 chargés de mission ont pris leur fonction et une dizaine sont en cours de recrutement.
Depuis 1999, ce type de dispositif concerne également les chambres d’agriculture et les collectivités locales, avec des adaptations spécifiques. Dans les chambres d’agriculture, il s’agit de missions spécialisées dans l’utilisation agricole des déchets organiques. Dans les collectivités locales, notamment auprès des structures intercommunales et dans les départements ruraux, la mise en place de chargés de mission déchets est en cours, avec pour objectif principal de veiller à l’optimisation des équipements, de la logistique et des services à l’intérieur du périmètre d’un territoire.
 

 


 
 
Eric Darlot
Tél. : 02 41 91 40 44
eric.darlot@ademe.fr
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