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La
Ferté-Macé, une
commune de 7348 habitants située dans le département de l’Orne,
possède depuis janvier 1999 la première chaufferie collective au
bois de Basse-Normandie. «Notre commune, au cœur d’un massif
forestier, se situe dans une région où l’industrie du bois est une
composante importante de l’économie locale, explique Jean-Marc
Mesmoudi, le maire. Depuis de nombreuses années, la municipalité
était sensibilisée aux problèmes rencontrés par les scieries pour
éliminer les déchets. Le choix d’implanter une chaufferie bois s’est
fait naturellement, quand il a fallu réfléchir au remplacement de
quatre chaufferies au gaz naturel et d’une chaufferie au fioul domestique
qui alimentaient des logements collectifs du nord de la ville.»
Ce projet a pu voir le jour grâce au plan bois-énergie et développement
local (1994-1998), piloté par le Conseil régional et l’ADEME. Il
a consisté à créer cette chaufferie centrale, mais aussi un réseau
de chaleur de 1200 mètres, pour desservir 470 logements, un lycée
et deux bâtiments communaux. L’installation fonctionne en bi-énergie
avec une chaudière bois de 2 MW et une chaudière au fioul d’appoint
(3,3 MW). La priorité est donnée au bois (3 000 tonnes de bois par
an), qui assure 85% des besoins.
Réduction des charges de chauffage
Les études réalisées à la Ferté-Macé montrent qu’un tel projet bois-énergie
permet de proposer aux gestionnaires d’équipements et aux clients
de réseaux de chaleur un prix de la chaleur inférieur ou égal au
prix de celle produite à partir du gaz ou du fioul. Ainsi cette
chaufferie bénéficie d’un combustible à prix stable qui offre à
chaque usager une baisse des charges de chauffage estimée à 400
F par an. Un résultat obtenu grâce aux subventions aux investissements
(d’un montant de 7, 4 MF ) de l’ADEME et de la région Basse-Normandie,
complétées par des fonds européens. «À la Ferté-Macé, même s’il
est un peu tôt pour dresser un bilan, estime Dominique Jardiné
de l’ADEME Basse-Normandie, on sait d’ores et déjà que les objectifs
principaux sont atteints. Ainsi une ressource de proximité, essentiellement
des écorces ou des palettes, est valorisée intelligemment.»
Ces déchets sont collectés dans un rayon de 20 km autour de la Ferté-Macé.
Pour aider à leur conditionnement, une plate-forme a été créée à
moins de 2 km de la chaufferie pour le broyage et le stockage du
bois.
La création de la chaufferie collective au bois de la Ferté-Macé
a permis la création de deux emplois pérennes pour l’approvisionnement
et l’exploitation technique de la chaufferie.
Aujourd’hui, l’exemple de cette commune fait des émules. Une dizaine
de projets sont à l’étude notamment à Cherbourg, Vire, Bayeux et
Saint-Hilaire du Harcouët.
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